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Louis de Broissia « La presse ne fait plus l’opinion »

18/06/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 147 | Par Jérémie Demay

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Réflexion. Naufrage de la presse, est-il trop tard ? La question était posée par le club Lamartine jeudi dernier. Pour apporter des éléments de réflexion, Pierre Haski, co-fondateur de rue 89, et Louis de Broissia, ambassadeur de l'audiovisuel extérieur.

Louis de Broissia « La presse ne fait  plus l'opinion »

« Nous sommes actuellement dans un entre-deux. Le modèle classique de la presse s’est effondré. » Pierre Haski livre une analyse tranchante, mais réaliste. L’ancien journaliste de Libération présente la crise de la presse en deux points : structurel et professionnel. Le premier point est avant tout économique. Sur les sept dernières années, le monde de la presse a perdu un tiers de ses ressources avec la baisse des ventes et la chute du volume des publicités. L’économie de la presse se cherche un modèle. « La nouvelle génération considère que l’accès à l’information doit être gratuit », constate Louis de Broissia. Selon l’ancien parlementaire, l’accessibilité de la presse et le monde de la distribution doivent être corrigés. Toujours d’après le nouvel ambassadeur de l’audiovisuel extérieur, le système de la presse française est basé sur l’héritage de la Libération. « La presse en France souffre ! » notamment de toute la nomenclature s’étant créée autour comme la force donnée aux syndicats du livre ou encore l’obligation pour un kiosque de proposer tous les journaux. Ce volet économique a été largement débattu lors des Etats généraux de la presse. Cependant, un axe de réflexion n’a été que survolé lors de ces Etats généraux : la place des journalistes dans la société. Les lecteurs n’ont plus confiance en nos plumes. Trop proche des puissants, la presse n’a plus envie d’assumer son rôle de contre-pouvoir. Bref, « la presse ne fait plus l’opinion » d’après Louis de Broissia  et « deux types de concurrents sont arrivés : le citoyen journaliste et le spécialiste ».
Aujourd’hui, l’inondation d’informations semble devenir la règle. Cette déferlante peut agir comme un leurre.  « L’ère de l’information instantanée prend la place de l’information réfléchie. C’est du saupoudrage d’info. Il faut de l’information facilement avalable », regrette Louis de Broissia. Toutefois, seul le contenu semble la clé pour redorer le blason de la profession. Encore faut-il y réfléchir, et ne pas se limiter au simple constat. Le support ne fait pas le contenu. Internet offre de nombreuses possibilités pour sortir la presse de son carcan. La qualité de l’information sera le seul vrai critère permettant de tirer vers le haut la profession et sa mission première. Si les journalistes ne font pas leur révolution, la sanction risque d’être irrémédiable : adieu les faits, vive la communication .



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