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Histoires de familles

25/06/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 148 | Par Jérémie Demay

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Souvenir. Les dynasties familiales ont changé de visage. Avant, nobles ou bourgeois, aujourd'hui héritiers qui parfois peinent à  assumer leurs héritages. Une chose est sà»re : ces grands destins sont un maillage essentiel dans l'équilibre territorial.

Pernot, Terrot et Lachèze, trois aventures bien dijonnaise.
Pernot, Terrot et Lachèze, trois aventures bien dijonnaise.
Pernot, Terrot et Lachèze, trois aventures bien dijonnaise.

Les premières dynasties du département sont sans grande surprise des politiques. Les ducs de Bourgogne bien sûr, mais aussi les élus au Parlement de Bourgogne. En effet, pour rentrer dans cette assemblée, il fallait acheter sa charge depuis l’instauration de l’édit dit de la Paulette (1604) qui a permis à la bourgeoisie de ressembler à la noblesse. Ce texte avait plusieurs avantages : pour le royaume, cela offrait une nouvelle rentrée d’argent, et pour les acquéreurs d’une charge, cela devenait un investissement. Et pour cause puisque cette charge peut être revendue (souvent plus cher qu’elle n’a été achetée), mais surtout cette charge devient héréditaire. A Dijon, la bourgeoisie gouvernante est alors peu discrète comme la noblesse, l’objectif étant de montrer son pouvoir à travers ses richesses visibles. Les hôtels particuliers fleurissent. Ces derniers ont conservé le nom de leurs illustres habitants : Aubriot, Legouz, ou Févret. Les hauts dignitaires étaient principalement des juristes. Mais la révolution ayant fait son œuvre, les origines des nouveaux dirigeants de la ville changent. Les événements politiques ont bien sûr contribué à ces changements, mais l’évolution des techniques de transport ajoutées aux conséquences de la guerre de 1870, ont profondément bouleversé la nomenclature des grandes familles. Ainsi, avec une nouvelle position proche des frontières (l’Alsace et la Lorraine n’étant plus françaises), et une position charnière dans le nouveau nœud ferroviaire, l’industrie commence à s’installer en ville .C’est durant cette période que Bélorgey et Konrad commencent à fabriquer, respectivement, chaussures et savon pour les soldats. Lachèze lance la production de sa dernière invention : la clé à molette. Terrot et ses vélos commencent à être conçus dès 1862. En 1869, la biscuiterie Pernot ouvre ses portes. Ces nouvelles fortunes habitent d’abord à côté des sites de production. Les affaires étant rentables, les maisons des patrons changent de lieu et de forme. C’est ainsi que les maisons implantées autour des allées du Parc sortent de terre.
Toutefois, l’histoire des succès dijonnais n’est pas très longue. Si après la guerre de 1870, la Côte d’Or est très proche des frontières, ce qui est toujours un plus non négligeable. Après la guerre de 14-18, l’Alsace et la Lorraine reviennent dans le giron français, et déplacent l’influence de Dijon. De plus, chaque entreprise étant dans des secteurs devenant concurrentiels et surtout soumis à une innovation sans frein, les héritiers des entrepreneurs préfèrent souvent céder leur héritage. Cette attitude n’est pas sans conséquence sur le tissu économique local. Quand la famille Richard vend les Biscuits Pernot aux Biscuits Olibet, il n’a pas fallu attendre plus de dix ans pour que les deux sites bourguignons plient boutique. Le problème est bien là. Une dynastie peut parfois faire jaser dans certains milieux mondains. Toutefois, ce lien offre une fidélité à un territoire. Par exemple, la famille Lescure à Selongey n’est pas prête d’abandonner le site historique. Comme quoi, les histoires de familles peuvent intéresser la communauté sans avoir besoin de s’étaler dans les kiosques .



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