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ESC Les coulisses du recrutement

09/07/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 150 | Par Jérémie Demay

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Immersion. L'Ecole supérieure de commerce de Dijon coucoune les étudiants venus passer le concours d'entrée. Le but est qu'ils choisissent Dijon. Un des journalistes de la Gazette s'est fait passer pour un candidat afin de mieux s'immerger dans l'ambiance.

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Le rendez-vous est donné à 7 h 15 du matin devant la gare de Dijon. Attend là un étudiant de première année participant activement à l’accueil des « admissibles ». Après avoir réussi le concours écrit, reste la dernière épreuve : l’oral. Le guide du matin porte un sweet mauve avec inscrit dessus « no stress ». Rasé à la Gérard Holtz sur le Paris-Dakar, le jeune homme volontaire et déterminé trahit par son regard embrumé un manque de sommeil évident. Dans le minibus aux couleurs de l’ESC, il décrit rapidement l’école : « l’ambiance est sympa. Nous ne sommes pas loin du centre-ville. Nous habitons quasiment tous dans le même secteur, ce qui est très pratique ». Ensuite, il donne les premiers éléments de l’emploi du temps : « là je vais te déposer à l’école. Tu auras le temps de prendre un café et de te signaler à l’accueil. Là ils te donneront un ticket pour manger à la     cafet’. Ce n’est pas forcément de la grande cuisine, mais ça passe. »
Arrivé dans l’école, direction le hall. Une jeune fille du staff arrive de suite : « sur ta gauche tu as l’accueil, là-bas c’est le bar. A huit heures, tu devras être dans l’amphi pour le discours du directeur ». Sont offerts : un ticket pour manger, et une horrible sacoche orange. Dans celle-ci se trouvent pêle-mêle : un guide de l’école, un annuaire des différents commerçants de la ville, un CV à remplir, et enfin une sorte de convocation avec l’horaire de passage inscrit dessus. Ce sera à 9 h 30, le terrible passage devant le jury. En attendant, d’abord le discours du directeur, Stéphane Bourcieu. Cette allocution est classique pour ces jeunes issus pour la plupart de classes prépa. En revanche, pour le non-initié elle peut effrayer tant la présentation du marché du travail est semblable à celle d’un marathon se courant à l’allure d’un sprint. Le responsable pédagogique prend la relève. Après ces bavardages, arrive la première représentation des étudiants. Tous en ligne, ils font une chorégraphie sur une musique électro. Pire qu’au Club med’, puisque là il n’y a pas de cocktail pour passer le temps. Mais il paraît que chaque école fait cela. Le suivisme n’est pas toujours de bon goût !
Trois quarts d’heure à tuer avant d’affronter le jury. Un baby-foot est dans le hall. Une partie s’engage. Un des admissibles demande à un étudiant de quatrième année : « elle est bien cette école ? » l’étudiant répond tout  en essayant de marquer un but : « niveau ambiance c’est top. Après, je ne vais pas te mentir, c’est à toi de faire ton diplôme. Comme l’école n’a pas la notoriété d’HEC ou autre, c’est à toi d’enrichir ton CV par des activités dans les associations ou autre ».
L’heure de l’entretien approche. Il faut s’installer dans le hall sur des canapés rouges, trente minutes avant le rendez-vous. Les candidats se parlent peu à ce moment. Une guide vient chercher un nouvel arrivage et le conduit dans une salle au deuxième étage. Dans cette classe, on retrouve des canapés, des gâteaux, et des boissons. Sur le tableau sont écrits différents conseils pour réussir le test : sourire, rester soi-même… les étudiants présentsdédramatisent l’entretien : « il ne sert à rien de mentir. Vous pouvez insister sur vos passions, vos voyages… ».
Le jury est composé de deux personnes : un professionnel et une personne de l’école. Les premières questions permettent au futur étudiant de parler de lui, et de se détendre. Ensuite, les questions abordent discrètement le CV pour mieux appréhender le projet professionnel du candidat. Vingt minutes d’entretien se déroulant dans la bonne humeur. Pas de piège, juste des questions simples. Passé l’entretien, la journée commence ! D’abord un café, ensuite quelques parties de baby-foot, et hop, direction l’office de tourisme pour une découverte de la ville sur un Segway et un guide. L’apprentissage de cette machine sur deux roues est très simple. Tout le monde s’amuse. « Dans les autres villes, nous n’avions pas ça ! » Et un point pour Dijon. Le guide est sympa, mais récite son texte en passant rapidement sur les monuments : « en face de vous, c’est Notre-Dame. Vous voyez en haut, c’est Djaquemart (Jaquemart). Ils s’appellent comme ça, parce qu’à l’époque tous les paysans s’appelaient Djack ! C’est un cadeau d’un duc de Bourgogne pour les Dijonnais. Assez vite ils lui ont collé une femme. Mais comme les habitants se moquaient d’eux en disant qu’ils étaient stériles, ils leur ont mis des enfants. » Oui, c’était surtout une prise de guerre dans la ville de Courtrai dans les Flandres au XIVe siècle… Toutefois, au moment de rendre les Segway, le verdict est unanime : « le centre-ville n’est pas forcément très grand, mais il est vraiment très beau. On sent que c’est une ville vivante ! »
De retour de cette escapade très drôle, midi approche. Direction la cafétéria. Avec le ticket repas c’est un repas simple, mais suffisant. A une table où des étudiants de l’école digèrent tranquillement, la conversation s’oriente sur un thème : les filles. « Elles sont pas trop mal les nouvelles. » puis l’un d’eux « non ce matin, c’est moi qui ai récupéré la plus jolie ». Le petit groupe se retourne dans sa direction. Soudain la musique et les danseurs reprennent leur chorégraphie du matin… La bonne ambiance affichée n’a qu’une mission : présenter l’école sous son meilleur jour afin de séduire un maximum d’étudiants. Le pari est réussi .



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