La Fnaut au tramway
09/07/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 150 | Par Jérémie Demay

La Gazette : Pourquoi avoir décerné le ticket vert au Grand Dijon ?
Jean Sivardière, président de la FNAUT : Chaque année, la Fnaut organise un congrès interne où des prix sont attribués. Le ticket vert est destiné à attirer l’attention du public sur des élus ayant fait du bon travail, de notre point de vue. Il existe aussi un ticket rouge qui pointe du doigt les mauvais élèves.
Le Grand Dijon mérite donc son ticket vert ?
Oui, nous en sommes persuadés. La première raison est le choix d’introduire le tramway à Dijon. Le tramway est un instrument qui a fait ses preuves et qui a un créneau très large. Beaucoup plus qu’on ne pouvait l’imaginer car nous pensions qu’il était fait uniquement pour les très grandes villes. Aujourd’hui, la classe politique a fini par comprendre qu’il se justifiait dans les villes plus petites comme Le Mans par exemple. Cette ville n’a pas 200 000 habitants ! Même dans les villes moyennes, il existe des axes lourds sur lesquels le bus n’est pas suffisamment performant. Ce qui est le cas à Dijon. Le tramway, a priori, n’est pas surdimensionné dans des villes comme Dijon.
Mais le coût reste important…
Il n’a rien d’exorbitant. La preuve, une ville plus petite comme Le Mans a réussi à le financer, sans subvention de l’Etat. Alors que Dijon aura, de mémoire, près de 47 millions de l’Etat. De plus, en terme d’exploitation, c’est très intéressant. Dans un bus articulé vous avez un conducteur pour un maximum de 120 à 130 passagers ; dans le tramway, 250 passagers peuvent prendre place. Aux heures de pointe il y a donc une forte rentabilité.
Oui, mais les projets de tramway pullulent en France. Pourquoi honorer le Grand Dijon ?
D’entrée de jeu, ce sont deux lignes de tramway qui ont été pensées. Cela fait donc tout de suite un réseau. L’autre choix de faire un tram sur rail et non pas sur pneu, est bien pensé lui aussi. Enfin, l’achat groupé avec Brest est judicieux.
Le tramway a quand même un défaut : les gênes occasionnées pendant les travaux…
Dans toutes les villes françaises où il a été réintroduit, le tramway a été critiqué avant et pendant sa réalisation.Mais dès sa mise en service, le tramway est plébiscité.
Il existe une autre illustration de ce fait. Les maires qui ont construit le tramway ont été réélus…
A l’inverse, lors des dernières élections municipales, certains hommes politiques connus se sont plantés en se présentant anti-tramway en espérant flatter les gens du centre-ville. Renaud Dutreil à Reims, par exemple. Idem pour Renaud Donnedieu de Vabres à Tours. Ils ont tous le même discours : c’est surdimensionné, c’est trop coûteux… mais quand le tramway sera là, ils auront l’air bête puisque tout le monde va leur dire : « c’est formidable ».
Revenir en haut de page





























