Bob Sinclar
27/08/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 152 | Par Jérémie Demay

Faites-vous souvent des concerts gratuits ?
Bob Sinclar : Oui, j’en fais assez régulièrement. Au Portugal, on trouve pas mal de maires qui me font appelle pour l’animation de leur ville. Je fais aussi des concerts pour la jeunesse, des trucs culturels. Je vous avouerai que j’en fais de moins en moins car j’essaie de choisir des choses sympathiques pouvant correspondre à une image. J’essaie d’éviter les fêtes de village ou les choses comme cela. Il faut que la manifestation corresponde à quelque chose. J’ai fait les Solidays, des mix pour le Secours populaire. Quand il y a une œuvre caritative, cela peut-être pas mal.
Quels éléments vous ont séduit dans le projet dijonnais ?
Je suis invité par Vitalic. C’est surtout cela qui m’a plu. J’ai trouvé cela très sympathique de sa part. C’est un mec qui vient de l’underground et qui fait des trucs super pointus. Il pense à moi qui suis devenu entre guillemets commercial. J’ai trouvé cette démarche intéressante. C’est prestigieux pour moi de jouer pour lui. Quand il m’a dit que cela se jouait sur la place de la mairie, j’ai trouvé cela drôle. Ça change.
Par quoi êtes-vous attiré chez Vitalic ?
Sa spontanéité dans son travail. Sa démarche est différente de la mienne. Ce n’est pas du tout pop. Je ne l’ai jamais vu travailler. Mais quand j’écoute sa musique j’ai l’impression qu’il prend cela comme ça vient. Il travaille comme moi je le faisais à l’époque. Je faisais mes projets sans penser passer à la radio. J’aime sa démarche artistique tant sur son image que sur sa musique. Mixer avec lui est pour moi très intéressant.
Un jour faire un titre avec Vitalic sur un de vos albums…
Ça serait magnifique. Maintenant qu’il m’appelle pour que l’on joue ensemble, c’est très prestigieux. Certaines personnes peuvent penser que je n’ai plus besoin de rien pour être là où je suis et que ma notoriété est suffisamment grande. Mais j’essaie toujours d’être proche des clubbers et de mon métier de DJ. Et là, qu’un mec comme Vitalic, respecté partout en France dans la scène underground m’invite, cela veut dire que je ne suis pas trop éloigné de ma démarche initiale et de ma passion première qui est la musique noire.
Dans votre concert à Dijon, quelle recette allez-vous explorer pour provoquer de l’émotion ?
C’est un mix. On ne peut pas trop parler de concert. Je suis là pour faire voyager les gens à travers ma musique. C’est une démarche un peu différente de celle de Vitalic. Moi je joue en club où les gens viennent avant tout pour s’amuser et pas forcément pour découvrir un artiste. Je suis allé le voir au Rex. Je viens pour écouter son mix. Je viens apprendre des choses. Je ne viens pas écouter Vitalic pour qu’il me passe le dernier Bob Sinclar. Je viens écouter un concert de Vitalic car il va me faire voyager à travers des sons et son exploration musicale.
Dijon a vu naître quelques grands DJ. Vous étiez déjà venu nous voir ?
J’ai joué à L’An fer en 1996 il me semble. Dijon a été, pendant très longtemps, la ville la plus branchée de France, grâce à l’An fer et la résidence de Laurent Garnier. Mais aussi tous les DJ électro et techno qui se sont succédés dans ce club. Tout autour de Dijon on trouve aussi le label de Vitalic qui fédère pas mal d’artistes. Ce côté de l’Est de la France est très productif.
Comment cela se passait quand vous croisiez Laurent Garnier. C’était une émulation ?
A ce moment là, il était au top et moi je n’étais rien. Je ne pouvais même pas lui parler, ni-même l’accéder. Pour moi, il a fait quelques grands classiques. Ensuite il en a fait d’autres un peu plus techno, qui ne m’ont pas touché car je ne suis pas accroché par toutes les technos. Particulièrement celle de Chicago et pas forcément celle de Détroit.
A vos débuts justement, une légende urbaine raconte que sur votre label yellow vous aviez plein de noms d’artistes, mais en fait c’était vous qui vous produisiez sous différentes identités ?
C’est vrai ! C’est comme cela que j’ai commencé le label. Personne ne me voulait comme DJ. Il n’y avait aucun précédent. J’avançais en aveugle. Je produisais plein de musiques différentes. N’ayant aucune demande de DJ, je me suis mis derrière pleins de noms. Je produisais ce qui me plaisait. J’ai envoyé mes disques aux radios. Je voulais jouer dans le monde entier .
L’AFFAIRE GASQUET
Polémique. Bob Sinclar était, malgré lui, au centre de la polémique de Richard Gasquet quand le tennisman aurait déraillé en prenant de la cocaïne. Le DJ était aux platines… et Gasquet utilise le cliché des soirées pour tenter de se blanchir.
« Je ne peux pas porter ma caution à tous les gens qui viennent à mes soirées. Gasquet, c’est un mec qui dit qui prend de la cocaïne parce qu’il a embrassé une gonzesse ! Faut pas prendre les gens pour des cons non plus. Je suis fan de tennis à 2 000 %. Quand il y a un mec devant un club que j’aime et que j’admire, qui est à la porte et qui ne peut pas rentrer, je lui dis « écoute suis moi ». « Je te fais rentrer, démerdes-toi ! Moi je vais jouer. » Je ne peux pas me porter caution de ce qu’il va faire dans la soirée. Si lui après sa défense est de dire « j’étais à une soirée Bob Sinclar, et que forcément il y a des trucs qui traînent et que ça tombe du ciel », il est bien con ! Après il s’aperçoit que cette défense tombe à l’eau, alors il affirme qu’il a embrassé une nana qui elle, a pris un truc… s’il y a des gens assez cons pour le croire, t’en mieux pour lui » .
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