Et de huit !
27/08/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 152 | Par Jérémie Demay


Tous les premiers vendredis de septembre, la place de la Lib’ est investie par une scène, des coulisses, et surtout des milliers de spectateurs. Le concert gratuit de la rentrée est devenu, depuis 2002, un rendez-vous incontournable et même très attendu. Il faut dire que depuis sa création, du beau monde a circulé sur cette scène : Jamait, les Trapétistes, Pauline Croze, l’Odeur des gens, Higelin, Pam, Dorothée Daniel… et bien sûr tant d’autres. La liste est longue.
Le principe de ce concert est immuable : trois têtes d’affiches nationales et locales se partagent la soirée pour près de trois heures de concert gratuit. L’objectif avoué est simple : mettre en avant les groupes régionaux. Si aujourd’hui, cette manifestation semble coulée de source, cela n’a pas toujours été le cas. Loin de là même. A l’origine, Daniel Vachon et Rolland Olivier, respectivement directeur de France Bleu Bourgogne (à l’époque encore Radio France Bourgogne), et responsable des programmes de la locale de Radio France proposent à l’équipe de Robert Poujade un grand concert gratuit au centre-ville. Les moyens techniques et la programmation sont pris en charge par France Bleu. La municipalité refuse et les deux compères partent avec leur projet sous le bras, en attendant une oreille plus festive. En 2001, les commandes de la ville passent de droite à gauche. Les deux hommes de radios tentent de nouveau leur chance. Bingo, les nouveaux locataires du Palais des Ducs acceptent, et financent même le projet qui est lancé pour le premier vendredi de septembre 2002.
Entre temps, Daniel Vachon part pour d’autres fonctions au sein du groupe Radio France. Son successeur, Bernard Portalès arrive le jour même du premier concert. Ce dernier connaissait peu Dijon. Il a prit le bébé en route, et a découvert par la même occasion un nouvel artiste, fraîchement sorti de ses cuisines pour prendre sa gratte : Yves Jamait. « C’était la première fois que je le voyais en concert. Ce qui m’a le plus marqué, c’est son professionnalisme et sa maîtrise de la scène. En plus, le public connaissait déjà les paroles des chansons » se souvient le directeur de France Bleu Bourgogne. Une première place de la Libération qui appellera d’autres moments d’émotions comme avec Daniel Fernandez l’année suivante qui était venu avec dix-neuf musiciens. Ou encore Pauline Croze, Aldebert. En 2006, une programmation très locale avec l’Odeur des gens (ex la Bricole), Dorothée Daniel, et Iltika. Cette soirée poétique est aussi un moment clé des concerts de rentrée. Mais surtout, ces concerts prouvent qu’il y a nul besoin de se tourner vers le Top 50 pour trouver de la vraie qualité. En 2007, Mulet-Mulet (aujourd’hui Méchant Cheval) et Akab ont partagé l’affiche avec Jacques Higelin. Cependant, le sculpteur de mots et de mélodie était ce soir là plus Jacques que Higelin.
L’an passé, le cru était exceptionnel. France bleu et la mairie ont eu l’idée de laisser la programmation à trois poids lourds de la musique Bourguignonne : Jamait, Caens, et Fernandez. Ces derniers avaient carte blanche. Résultat, les trois compères ont fait carton plein. L’ambiance dans les coulisses était proche de la confraternité. Sur scène, le plaisir de jouer transpirait à chaque note. Au final, plus de 10 000 personnes euphoriques ne demandant qu’une chose : la même qualité pour 2009. Avec Vitalic, Bob Sinclar, Jaromil et Méchant Cheval, leur souhait sera exaucé.
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