Patrick Molinoz « Discuter avec Bayrou, évidemment ! »
24/09/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 156 | Par Arnaud Bousquet

Arnaud Bousquet : Je vous assure que ça n’est pas fait exprès, mais voilà un an, jour pour jour, vous échouiez de très peu aux Sénatoriales. Est-ce que depuis, vous revoyez les deux sénateurs de gauche élus ce jour-là, messieurs Rebsamen et Patriat ?
Patrick Molinoz : Je les vois très souvent à Dijon et au Sénat où je suis de près les travaux du groupe des Radicaux de Gauche. Je pense qu’ils font leur travail comme il faut. Voilà. Maintenant, chacun a à gérer de grandes collectivités. Le président de Région est très pris mais c’est un homme de terrain. Quant à François Rebsamen, il est aussi assez présent sur le territoire et disons que, si l’élection s’est passée dans des conditions particulières, au-delà, on constate qu’il y a un travail qui est fait, oui.
Donc votre nord Côte d’Or, un an après, n’est pas ressorti affaibli de ces Sénatoriales ?
Il est plus faible que si j’avais été élu sénateur, ça c’est certain. Il y a des enjeux importants pour les collectivités rurales en particulier avec la réforme que le président de la République souhaite. On verra quelle sera l’attitude de l’ensemble des sénateurs de Côte d’Or sur ce sujet. Je continue de déplorer que le nord Côte d’Or ne soit pas représenté au Sénat. Le moment reviendra où la voix des Radicaux devra être entendue et les choses ne se passeront pas demain comme elles se sont passées hier, ça je vous en donne ma parole !
Vous pourriez prendre la présidence du Conseil Général si celui-ci, ce qui est possible, bascule à gauche en 2011 ?Vous y pensez en vous rasant ?
C’est une question un peu anticipée mais j’y pense en me rasant, oui. On y pense tous quand on a des responsabilités publiques. Il ne faut pas faire semblant. J’étais à deux doigts d’être élu sénateur de la Côte d’Or donc ce territoire m’intéresse, je veux le défendre ; je pense qu’il n’est pas bien défendu aujourd’hui. Donc j’y réfléchi mais je ne suis pas le seul et le moment n’est pas venu.
Je lis chaque semaine, avec beaucoup d’attention, le blog du patron de l’opposition départementale, le socialiste Jean-Claude Robert et j’y ai vu une chose étonnante : il raconte la semaine dernière les obsèques de Gilbert Mathieu, l’ancien député-maire et conseiller général de Vitteaux. Il cite absolument tous les élus, même les anciens élus présents sauf… François Sauvadet, qui est quand-même le successeur de Gilbert Mathieu. C’est un oubli, une petite vilénie ?
Ah, je ne crois pas à une vilénie. Ca n’est pas dans les habitudes de Jean-Claude Robert de donner des coups en dessous de la ceinture. Simplement il ne l’a pas cité parce que François Sauvadet n’était pas présent aux obsèques. De ce que j’en sais, le défunt et sa famille ne souhaitaient pas qu’il soit présent. Donc l’hommage a été rendu par le maire actuel de Vitteaux, par Michel Protte (l’ancien suppléant de Gilbert Mathieu) et puis l’hommage principal par François Patriat, ce qui était la volonté de Gilbert Mathieu.
J’en viens aux Régionales. Pas de suspens. Le PRG fait liste commune dès le 1er tour avec François Patriat et le PS ?
Il y a eu une gestion de la Région Bourgogne commune PS-PRG-PC-Verts pendant cette mandature. Il est logique que cette majorité trouve les voies du rassemblement. L’échec de la gauche aux Européennes, c’est d’abord le fruit de la division du camp du progrès. Moi je suis un rassembleur et pas un diviseur donc je souhaite que François Patriat trouve les moyens de rassembler équitablement. Il va devoir faire de la place à ses partenaires. Nous, les Radicaux, on espère pouvoir obtenir sur la Bourgogne 6 places éligibles. Nous avons 3 sortants aujourd’hui et on doit progresser. Mais je ne souhaite pas être conseiller régional. J’ai déjà beaucoup de travail et il ne faut pas courir tous les lièvres à la fois.
Jean-Michel Baylet, le président du Parti Radical de Gauche, n’a pas seulement appelé à un congrès extraordinaire avec le PS. Il s’est dit prêt à dialoguer avec le Modem et François Bayrou. Ca ne vous donne pas des boutons, ça, quand on se souvient qu’il y a encore 2 ans, François Sauvadet, votre adversaire de toujours, était l’un des principaux lieutenants de François Bayrou ?
Que François Sauvadet ait abandonné François Bayrou à 2 jours du 2è tour de la Présidentielle, pour des raisons qu’on comprend tous, c’est une chose. Après, le positionnement de François Bayrou, il évolue. Nous, notre positionnement n’a pas changé. On a discuté avec les radicaux de droite et on continuera éventuellement. Discuter avec François Bayrou, évidemment. Mon problème c’est l’union de la gauche. Si, ensuite, François Bayrou veut nous rejoindre dans une opposition à Nicolas Sarkozy, il sera le bienvenu.
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