Tapie rouge…de colère
24/09/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 156 | Par Andrea De Cesaris

La Gazette : Comment se présente cette rentrée pour le monde de l’entreprise ?
Patrice Tapie : La crise n’est pas finie. Aucun expert n’est capable d’en estimer l’issue. Les banques reconstituent leurs fonds propres, et activent l’épargne des particuliers et des emprunts qu’elles lancent, au détriment des fonds qu’elles injectent dans l’économie, notamment pour soutenir les lignes de trésorerie des acteurs économiques. On comprend bien pourquoi… C’est un risque pour elles et actuellement les banques s’imposent la théorie du risque zéro.
Quels sont alors les soutiens dont bénéficient les entreprises par les banques depuis le début de la crise ?
On peut se poser la question. Cet aveuglement à court terme et cette rigidité ne soulèvent pas à priori l’indignation, ni des élus, ni du monde politique en général.
Comme en tout, la sincérité ne nuit pas. Alors si les élus comme les banques se désintéressent du sort des entreprises, qu’elles aient au moins l’humilité de le dire ; comme ça, on serait fixé.
Quelles sont vos attentes ?
Plus que jamais, la mobilisation générale doit être d’actualité. Et quand on part pour le front, c’est le rôle de la CGPME d’être en première ligne. Mais bon, quand on se retourne, on se sent quand même un peu seul… Mais heureusement, certaines administrations telles l’URSSAF, la direction du travail, la médiation du crédit ou encore l’administration fiscale s’impliquent réellement. Et pourtant dieu sait combien elles ont pu être critiquées par le monde des entreprises.
Les PME-PMI représentent 98% des entreprises. Dans quel état sont-elles ?
Pour les PME, la crise se traduit par une baisse générale de leur activité mais surtout des marges. Ces dernières s’effondrent et il ne faut pas encourager ce mouvement notamment dans le cadre des appels d’offres publics où le critère du moins disant continue de faire des ravages. C’est aux élus et aux collectivités de prendre conscience de cette réalité et de ses conséquences directes pour l’emploi. N’oublions pas que 70% de celui-ci est assuré par les PME-PMI.
Que mettez-vous en place pour aider ces PME ?
Nous venons de créer la Cellule anti crise (CAC 21) qui est coachée par Guy Gillot, une personne ressource incontournable. Avec cette structure, la CGPME s’impose définitivement comme un relais crédible et efficace pour régler les problèmes de ces entreprises avec les administrations ou les banques, et accélérer les outils à disposition en matière de conseil juridique, et de formation opérationnelle avec en particulier le redéploiement de l’IFORE.
Un an après la signature entre la ville et le Grand Dijon d’un Small Business Act (SBA), vous remettez le couvert prochainement avec la région ?
En effet, dans la logique de libération des dons d’ordre public, la CGPME a signé et engagé avec succès avec François Rebsamen le premier SBA de France, favorisant l’accès des PME-PMI aux marchés des collectivités dont il est élu. Et c’est désormais avec le Conseil régional de Bourgogne, que nous allons signer un nouveau SBA pour un montant de 169 millions d’euros. Un témoignage évident de la prise de conscience de François Patriat pour que la Bourgogne ne se transforme pas en réserve d’Indiens.
Quels sont les grands axes de la CGPME Côte d’Or pour cette fin d’année ?
Nous allons multiplier les manifestations, les rencontres, les formations. L’objectif de notre organisation patronale est d’imposer sur l’échiquier départemental et régional une réelle solidarité entre les acteurs économiques, et de leur garantir les meilleures conditions d’accès pour maintenir et accélérer leur business.
Le reste pour un patron de PME, c’est de la littérature de gare, et nous laissons le soin à Madame Parisot de lancer sa télévision, de se féliciter de l’économie allemande, ou de la remontée chaotique du CAC 40.
Nous, à la CGPME, c’est sur le terrain que nous démontrons notre utilité et notre sens du service. Et à quelques encablures des prochaines échéances électorales régionales, nous saurons, je m’y engage, faire entendre nos revendications car personne n’est mieux placé que les chefs d’entreprise pour faire connaître les réels besoins de nos sociétés .
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