Un toubib à la Préfecture
01/10/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 157 | Par Xavier Gauthier

PASSÉ DE MÉDECIN au samu à directeur de cabinet à la Préfecture avec rang de sous-préfet semble a priori une évolution de carrière quelque peu erratique. Et pour le moins originale dans un milieu où les profils de carrière ont tendance à faire dans le copier-coller.
Mais à entendre Alexander Grimaud, promu à cette fonction dès sa sortie de l’ENA en avril dernier, les points de convergence entre ces deux métiers sont multiples.
« Quand on est toubib, on est à l’écoute d’autrui. Dans le SAMU, on essaie de faire un diagnostic et de trouver une solution. Directeur de cabinet dans une Préfecture, c’est également apporter des réponses. Et tout comme dans le SAMU, il y a souvent des gestions de crise qui nécessitent des réponses rapides. » Autre point commun, la pluridisciplinarité : « Dans le SAMU, j’ai travaillé avec de nombreux acteurs de la société : police, gendarmerie, pompiers, préfecture…et dans une préfecture, on travaille sans cesse avec plusieurs ministères. »
Un stage à la Préfecture du Finistère va le confirmer dans son choix du corps préfectoral. Son classement – même si officiellement, il n’y a plus de classement de sortie à l’ENA – lui ouvrait pourtant la voie royale de la haute administration : l’inspection générale des finances.
Mais ce qu’aime avant tout ce jeune homme de 35 ans, élancé et plein d’allant, c’est le concret de la réalité au quotidien.
Loin d’être un rond-de-cuir entassant les dossiers sur son bureau, Alexander Grimaud appréhende sa nouvelle fonction comme la précédente : « Je n’ai pas vocation à rester exclusivement dans mon bureau ; ma fonction est d’être sur le terrain. Il est important pour moi d’aller voir les choses et les gens sur place pour m’imprégner du dossier. Par exemple, j’ai visité plusieurs fois un squat pour savoir comment ça fonctionnait. »
Lors de sa première semaine de prise de fonction, il a été servi, avec la mise en place du plan de lutte contre la pandémie de la grippe A.
Mais comment un jeune homme bien de son temps aimant la vie noctambule de Berlin peut-il s’accommoder du rituel inhérent à la fonction de sous-préfet ?
« Le rituel républicain a pour moi un vrai sens par les symboles qu’il véhicule. L’uniforme, par exemple, loin d’être une contrainte désuète est un honneur et la partie visible de tous mes efforts. Les feuilles d’olivier et de chêne de l’uniforme résument bien ma fonction : la force par la loi ». Alexander Grimaud aime à marquer son attachement aux symboles. Grands ou petits. Ainsi sa cravate orange achetée pour la photo de rentrée de la promo à l’ENA rappelle sa double culture avec une mère d’origine néerlandaise.
Entre tradition et modernité, Alexander Grimaud ne se pose pas de questions. Il sait évoluer avec la même aisance de l’une à l’autre. Une souplesse de caractère qui doit beaucoup à son enfance cosmopolite aux quatre coins de l’Hexagone et au-delà, à San Francisco.
Hors des ors de la République, Alexander Grimaud ne déclare pas de passions mais une grande curiosité générale. « Je vais aussi bien m’intéresser à une sortie à l’opéra qu’à une soirée électro. Ce qui importe, c’est d’être à l’écoute de tout ce qui peut se passer. »
De Dijon, il dit apprécier le centre-ville pour ses terrasses, ses animations et son marché sous les halles où il ne manque pas d’emmener ses amis.
Et de la Bourgogne, il connaissait déjà ses crus. Des amis bourguignons se sont chargés de faire son éducation œnologique entre Saint-Vincent Tournante et descente de cave. Et là, il avoue une préférence pour les vins blancs de la Côte de Beaune. In vino veritas !
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