Politique

« Le conseil général ne sera jamais supprimé »

22/10/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 175 | Par Arnaud Bousquet

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Best of. Les meilleurs moments du Rendez-vous politique de France Bleu Bourgogne sont dans La Gazette chaque semaine. Lundi, Arnaud Bousquet recevait Alain Houpert, vice-président du conseil général de la Côte-d'Or et sénateur rattaché au groupe UMP.

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ARNAUD BOUSQUET : Vous êtes sénateur (c’est-à-dire représentant des territoires) vous êtes médecin, et vous êtes un conseiller général d’un canton très rural. Ça nous fait trois bonnes raisons de vous entendre sur le départ fracassant du généraliste de Montigny-sur-Aube. Que dites-vous aux patients de Montigny qui vont devoir faire 25 kilomètres pour trouver un cabinet médical ?
ALAIN HOUPERT : C’est un drame pour un territoire de perdre son médecin. Mais avant de parler de la démographie médicale, il faut parler aménagement du territoire. Il faut relocaliser l’économie sur nos territoires, faire en sorte que la ruralité se repeuple et là, on verra les médecins qui vont arriver. Il n’y a pas que l’argent, il y a la vraie vie. Vous savez, quant on a fait huit ans de médecine dans une ville universitaire, on a créé des liens familiaux, sociaux et il est difficile d’imposer à ces étudiants de vivre à la campagne. C’est à l’Etat de créer les conditions pour réaménager le territoire. Il faut rendre la campagne attractive. Pour l’instant, on a beaucoup parlé d’aménagement du territoire mais en tant qu’élu rural, je peux vous dire qu’on a fait qu’en parler ! Il n’y a pas eu d’incitation.
Autre mission de service public qui bat – peut-être – de l’aile et qui inquiète la population rurale : c’est la Poste. Vous qui siégez au sein de la majorité parlementaire, pouvez-vous garantir qu’après leur médecin, les habitants de Montigny-sur-Aube ne perdront pas leur bureau de Poste, même si celui-ci n’est plus rentable dans un, deux ou trois ans ?
La Poste doit changer et rentrer dans le système concurrentiel européen avec ce service universel qui est distribuer le courrier. Si la Poste ne conserve que le courrier, c’est dramatique pour l’entreprise. Il faut trouver des moyens pour avoir le service postal au plus près des citoyens. Les facteurs seront toujours là mais il faut réorganiser la Poste d’une autre manière. Peut-être par des agences postales communales où les communes s’investiraient pour mutualiser les compétences. Quelqu’un qui tient une agence postale peut faire autre chose comme du secrétariat de mairie par exemple.
L’heure est à l’écrémage, au régime sec, à la rationalisation des moyens. Pour vous, il y a encore la place pour une région, un département, un pays (mini-territoire qui regroupe en général quelques cantons, selon des affinités géographiques, économiques ou historiques. Alain Houpert préside le Pays Seine-et-Tilles, ndlr) un canton, une communauté de communes et une commune ? Six étages, il n’y a rien à supprimer ?
Il y a deux élus que les Français aiment : leur maire et le président de la République. Le ministre Hortefeux veut supprimer les pays et c’est une erreur parce que les pays ne coûtent rien. Moi, je suis président de pays sans indemnité, bénévole et volontaire, pour faire sortir des territoires de leurs difficultés et de leur marasme. Mais c’est vrai que l’Etat doit réformer. Il va falloir trouver un lien entre le département et la région et clarifier les compétences. Qui fait quoi.
Et ça ne vous fait pas peur, même si ça doit vous coûter votre place de conseiller général ?
Non, pas du tout. On travaille pour l’intérêt général, pas pour sa petite place derrière un pupitre dans un hémicycle.
Ca serait d’autant plus dommage pour vous de supprimer le conseil général, que ça se ferait peut-être au moment où vous en prendriez la présidence, si François Sauvadet part à la région ?
De toute façon, je pense que le conseil général ne sera jamais supprimé parce qu’il a de réelles fraternités et complémentarités avec les communes. Quant à la présidence du département, je suis un homme ancré dans mes racines et je vis dans le présent. Parmi les Ducs de Bourgogne, le deuxième avait pour devise « il me tarde » et il est mort assassiné. Je préfère la devise du troisième Duc : « si je l’eus voulu, je l’eusse été ! »



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