Politique

« Le MoDem est une force de droite ! »

29/10/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 176 | Par Arnaud Bousquet

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Best of. Les meilleurs moments du Rendez-vous politique de France Bleu Bourgogne sont dans la Gazette chaque semaine. Lundi, Arnaud Bousquet recevait Isabelle de Almeida, conseillère régionale et secrétaire fédérale du Parti communiste.

Best of. Les meilleurs moments du Rendez-vous politique de France Bleu Bourgogne sont dans la Gazette chaque semaine. Lundi, Arnaud Bousquet recevait Isabelle de Almeida, conseillère régionale et secrétaire fédérale du Parti communiste.

ARNAUD BOUSQUET : Xavier Darcos, le ministre du Travail, promet la main sur le cœur que la Poste ne sera pas privatisée. Pourquoi, à la fin, vous ne voulez pas le croire ?
ISABELLE DE ALMEIDA : On a des exemples, dans l’histoire récente, qui montrent qu’à chaque fois qu’il y a eu changement de statut de services publics (France Telecom, EDF, GDF…) ça s’est terminé par une privatisation, par de moins bons services aux usagers – qu’ils appellent désormais clients – et puis des salariés pressurés pour rentabilité financière. Les services publics appartiennent à la nation, donc aux citoyens. Donc sur des enjeux aussi importants que ceux-ci, il faut un réel débat public et une consultation. C’est pour ça qu’aujourd’hui nous exigeons un référendum. Il faut moderniser la Poste, mais avec plus de moyens à ce service postal et financier. La banque postale devrait être associée avec d’autres banques que nous devrions nationaliser vu l’argent qu’on a mis dedans !
Sujet sensible d’une entreprise connexe à la Poste : France Telecom. Vous mettez la vague de suicides sur le dos de Nicolas Sarkozy et du gouvernement ou vous reconnaissez peut-être des causes plus conjoncturelles ou simplement une fatalité ?
Et il y a d’autres entreprises : Renault, Thalès… Je ne vais pas dire tant mieux parce que la douleur est importante, mais heureusement qu’aujourd’hui on se penche enfin sur l’exploitation des hommes et des femmes au travail, alors qu’au contraire le travail devrait être source d’émancipation. Depuis les années 80, on a voulu individualiser le travail, ne plus faire jouer le collectif et ça entraîne d’énormes souffrances.
Est-ce que si rien ne se passe à gauche dans les prochains mois avec un nouveau parti ou de nouvelles alliances, Nicolas Sarkozy a déjà gagné 2012 ?
Non, il n’a pas encore gagné. On voit bien que sa force électorale plafonne à 30%. La droite est très unie et reste forte. Mais c’est plutôt grâce à la faiblesse de la gauche parce qu’elle est divisée et que son projet n’existe pas encore pour fédérer l’ensemble du peuple et des forces de gauche.
Le MoDem François Deseille se déclarait il y a quinze jours à ce micro prêt à discuter avec vous, les communistes. Et vous ? Souhaitez-vous ce dialogue avec le MoDem ?
Le MoDem est une force de droite. Regardons le dernier programme présidentiel de François Bayrou et son ultralibéralisme. Quand il dit qu’on ne devrait pas autoriser les déficits en France… vous voyez ce que ça ferait aujourd’hui ? Ce n’est pas 30 000 fonctionnaires qu’on mettrait à la porte, ni 100 000, mais presque tous !
Et quand vous voyez fin août Robert Hue faire estrade commune avec Marielle de Sarnez, vous demandez son excommunication de la maison rouge ?
Non, non… les excommunications et les exclusions n’existent pas au Parti communiste ! Cette position n’est qu’une position personnelle de la part de Robert Hue.
On croyait que les divisions à gauche, c’était l’apanage du Parti socialiste, et petit à petit, on se rend compte que vous vous débrouillez bien aussi au PC. A Dijon, aux municipales de 2008, vous avez refusé de faire liste commune avec le MoDem, tandis que votre camarade André Gervais y est allé. Et la situation pourrait se reproduire aux régionales…
Le Parti communiste n’est absolument pas coupé en deux. Ni à Dijon, ni ailleurs. Celui qui a divisé la gauche à Dijon, c’est François Rebsamen.
Dans pile six mois, les régionales. Vous êtes conseillère sortante dans la majorité de François Patriat. Ferez-vous une liste autonome au 1er tour ?
Le Parti communiste lance une offre, un appel aux forces qui constituent le Front de gauche : le Parti de gauche, comme aux Européennes, et aussi des forces nouvelles issues du monde associatif et syndical, pour permettre un autre choix au 1er tour, mais avec l’objectif d’obtenir une majorité de gauche au 2e tour. Les défis à régler aujourd’hui demandent des ruptures en politique, y compris au niveau régional. Nous ne sommes pas dans la même situation qu’en 2004. Quand on voit la confusion à gauche, il y a besoin de choix très clairs sur des programmes très ancrés à gauche pour relever ces défis. Par exemple, il faut donner plus de pouvoir aux salariés .



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