Maire agité
29/10/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 176 | Par Jérémie Demay
« ON VA ÉTUDIER le point numéro 11. » La voix tremblotante, Noël Bernard, le maire de Genlis explique le contenu de ce paragraphe : retirer ses délégations à sa deuxième adjointe, Monique Marie-Joëts. Dans la salle du conseil, les esprits s’échauffent très vite. La future ex-adjointe tente de prendre la parole : « Je voudrais simplement faire un commentaire… » Interruption d’un conseiller : « Je demande le huis clos ! » Le maire saute sur l’occasion : « Comme la loi l’indique, on doit procéder à un vote, sans débat. » Monique Marie-Joëts essaie encore de placer sa petite bafouille, mais rien à faire, Noël Bernard éructe : « La loi dit sans débat ! » Fermez le ban. L’assistance, composée de quatre personnes, quitte la salle et se retrouve sur le trottoir.
Près d’une heure passe. De la rue, les plus courageux ont pu voir l’urne être portée sur la table. Le vote se déroule calmement. Résultat : sur les vingt et un votants, quatre sont pour le maintien des délégations de Monique Marie-Joëts, quinze contre, et deux abstentions.
Depuis plusieurs mois, les relations entre l’adjointe et son maire n’étaient pas au beau fixe. Le second reprochait par exemple à la première de « pactiser avec l’ennemi ». Comprenez : Monique Marie-Joëts avait été surprise à bavarder avec quelques conseillers de l’opposition. Crime de lèse-majesté s’il en est ! Ou encore, l’adjointe était en charge de la culture, de l’animation et de la communication. De ce fait, elle aurait dû avoir un droit de regard sur la programmation de la salle de spectacle de la commune : l’Agora. Pourtant, à en croire différentes sources très proches du dossier, cela n’a pas été le cas cette année : le contrat aurait été traité directement par le maire. Ce dernier s’en défend, bien sûr, expliquant en substance que le nouveau prestataire offre de meilleurs tarifs que le précédent… En attendant, Monique Marie-Joëts est conseillère municipale depuis la fin des années 80. Elle a travaillé tout ce temps en collaboration avec Noël Bernard. Ce dernier a donc mis près d’une vingtaine d’années à comprendre que l’adjointe n’était pas faite pour cette charge. Lors des dernières élections municipales de 2008, il a même inscrit Monique Maire-Joëts comme deuxième adjointe. « Je n’avais pas lieu de ne pas la prendre. » Quelques mois plus tard, et après tant d’années de service, Monique se serait laissée aller ? « Sur ce qu’elle avait à faire, oui » répond sans détour le maire. « Ce n’est pas un conflit de personnalité, mais c’est un dysfonctionnement ». Ouf, pour un peu, on aurait pu croire à un règlement de comptes ! .
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