Sport

Toujours aussi Gaillard

29/10/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 176 | Par Andrea De Cesaris

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Comment l'arrêter ? Déjà  champion l'an dernier en Cup Porsche, Philippe Gaillard a arraché sur sa Lamborghini Gallardo le titre national du championnat circuit le plus relevé du pays, le GT 3. Retour avec le pilote dijonnais sur une saison très mouvementée.

Comment l'arrêter ? Déjà  champion l'an dernier en Cup Porsche, Philippe Gaillard a arraché sur sa Lamborghini Gallardo le titre national du championnat circuit le plus relevé du pays, le GT 3. Retour avec le pilote dijonnais sur une saison très mouvementée.

LA GAZETTE : Après votre titre de champion de France en Porsche Cup B, vous sentiez-vous attendu au tournant pour votre première saison en Grand Tourisme (GT), l’élite du circuit en France ?
PHILIPPE GAILLARD : Un peu oui. En fait à la base, ce sont mes principaux partenaires financiers qui ont souhaité me voir monter d’un cran, pour aller en GT3.
Et ils sont récompensés. Champion dès votre première saison ça a de la gueule…
C’est vrai que l’on ne  pouvait pas rêver mieux. Mes partenaires sont vraiment heureux de l’exposition du championnat GT et il est clair que jouer le titre d’un championnat si relevé où l’on retrouve des Porsche, Ferrari, BMW Alpina, Audi R8 ou Lamborghini est forcément très valorisant.
A partir de quelle période de la saison avez-vous compris que le titre pouvait être jouable ?
Lors des essais préliminaires de la saison en mars dernier à Nogaro, les freins de ma Lamborghini Gallardo ont lâché en bout de ligne droite, et je suis sorti à 240 Km/h. Pas terrible pour la confiance… Alors je suis arrivé sur le premier meeting sans trop savoir quoi attendre et là on signe la pole et on gagne la 2e course, celle du dimanche. Avec mon équipier Mike Parisy, on a vu que l’on était dans le coup, et comme l’appétit vient en mangeant, on s’est dit que le titre était jouable.
Un titre qui s’est notamment construit par une victoire sur le circuit de Dijon-Prenois en mai dernier ?
Le meeting de Dijon fut un peu à l’image de notre saison. Abandon en 1ère course et victoire sur la 2e. En fait, cette année, soit on gagnait, soit on abandonnait. Pas terrible pour la régularité mais on ne pourra pas nous reprocher d’avoir manqué de panache.
Ce qui nous amène jusqu’à la dernière manche du championnat sur le circuit de Nimes-Lédenon il y a dix jours, où se jouait le titre.
J’adore ce circuit et j’étais confiant car tout au long de la saison, notre écurie le Team Ruffier avait trouvé les meilleurs compromis de réglages sur la voiture, nous permettant avec Mike d’avoir une auto adaptée à nos deux styles de pilotage, ce qui est vraiment important car c’est avant tout l’homogénéité de l’équipage qui compte en GT. Mais que ce fut chaud car il a fallu éviter les missiles sol-sol !
C’est-à-dire ?
Pour seul exemple, je parlerai de la course du samedi. Après être parti de la pole position, la course se passe parfaitement, quand à deux tours de passer le relais à Mike, je me retrouve dans les roues de l’équipier d’une voiture contre qui nous jouons le titre. Je suis un peu surpris d’être déjà en mesure de lui prendre un tour après moins d’une demi-heure de course, mais bon je ne me déconcentre pas et je me méfie. Bien m’en a fait, car dans une des courbes lentes du circuit il prend la corde… mais au ralenti. Je me demande encore comment j’ai fait pour ne pas le percuter. Un comportement totalement antisportif.
L’ambiance n’est, paraît-il, pas  terrible entre les équipes ?
C’est l’élite des championnats circuits en France, avec beaucoup d’enjeux d’image, de notoriété et bien sûr d’argent. Et cela a malheuresement pour conséquence que tous les coups sont permis. Je n’y étais pas habitué en Porsche Cup où ce type de comportement n’existe pas.
L’essentiel est quand même là, vous êtes champion de France.
C’est génial à vivre, surtout avec le team Ruffier qui est une écurie de passionnés qui sont véritablement à l’écoute de leurs pilotes. Voir tout le monde nous accueillir les larmes aux yeux à ma descente de la voiture, à la fin de la course du dimanche, me laisse des images que je n’oublierai jamais. C’est aussi le premier titre de mon équipier et de l’écurie en GT3, une vraie aventure collective.
On imagine que vous remettez votre titre en jeu l’an prochain ?
C’est malheureusement trop tôt pour le dire. J’ai de nombreuses propositions mais il va falloir regarder le meilleur compromis écurie, auto, équipier disponible. Et on revient toujours à la problématique de budget car c’est un championnat qui coûte cher.
Avec ce titre on imagine que cela doit aider pour trouver les partenaires ?
(Dubitatif) Ouais… je ne vous cache pas être frustré  de voir que malgré ma réussite actuelle,  peu d’entreprises locales, surtout aucune collectivité ne me suivent réellement. Alors je vais être obligé de chercher mes budgets plus loin .



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