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L’évitée surprise

19/11/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 179 | Par Jérémie Demay

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Flop. Cela devait être un évènement placé sous le signe du rassemblement. Résultat, la grand-messe se transforme en mise en bière, et les conflits d'ego creusent, un peu plus, la tombe des socialistes.

Flop. Cela devait être un évènement placé sous le signe du rassemblement. Résultat, la grand-messe se transforme en mise en bière, et les conflits d'ego creusent, un peu plus, la tombe des socialistes.

« PARLER d’éducation avec vous, j’en rêvais » s’amuse Vincent Peillon pendant la conférence de presse. Effectivement, le thème du rassemblement tournait autour de l’éducation. Mais à l’école, les socialistes préfèrent la cour de récréation. Peillon est interrogé sur la venue, surprise, de Ségolène Royal alors que ce dernier ne souhaitait pas voir de présidentiable à Dijon, « il n’est pas bon qu’elle vienne ici… » Mais le député européen est interrompu.« Vincent, stop ! » David Assouline, sénateur de Paris, lui fait signe de se taire. Rebsamen emboite le pas
« Ségolène s’est invitée ». Lapsus habilement lâché par l’ancien co-directeur de campagne de Royal.  « En plus, François (Rebsamen) m’a aussi tapé sur le genou » rigole plus tard Peillon. « Elle sait faire pour qu’on parle d’elle » s’agace le maire de Dijon. A peine Ségolène arrivée au palais des congrès, l’ambiance monte d’un cran. Julien Dray part un quart d’heure après. « J’ai bien le droit d’aller m’occuper de mes enfants… » Gabriel Cohn-Bendit (le frère) s’exclame : « Elle fait son coming-out. Comme Peillon a dit qu’il ne fallait pas de présidentiable, elle va peut-être, enfin, nous annoncer qu’elle n’est pas candidate ! » D’autres, comme David Assouline, ont réussi, tout au long de la journée, à éviter soigneusement l’ex-candidate socialiste. Ainsi, quand Ségolène débarque dans le bâtiment, Assouline court à la buvette « j’ai terriblement besoin d’un café ! » assure-t-il. Le sénateur de Paris doit participer à l’atelier sur le temps scolaire, pas de chance, Ségo vient dans la salle. Assouline se lève et quitte l’assemblée au prétexte que les personnes présentes sont plus qualifiées que lui… Ce départ interroge beaucoup les proches de Ségolène Royal, comme Nadjat Belkacem : « Je n’ai pas compris pourquoi il est parti. Mais j’ai tendance à croire ce qu’il dit ! » L’adjointe à la mairie de Lyon explique les raisons réelles de la venue de la présidente de Poitou-Charentes : «  Comme elle n’est pas venue à Marseille, tout le monde a pensé qu’elle prenait ses distances. S’il devait y avoir un malaise, cela serait pour ceux qui, s’impliquant dans le mouvement, se sentent peut-être contestés dans leur légitimité. Mais tout le monde est complémentaire. Ségolène est la présidentiable du mouvement. » Les socialistes rêvent de rassemblement, mais font tout pour se diviser. Encore une fois .



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