Michel Neugnot : « Je ne serai pas forcément reconduit »
26/11/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 180 | Par Arnaud Bousquet

ARNAUD BOUSQUET : Vous êtes vice-président du conseil régional en charge du plan et des finances, donc vous assumez, j’imagine, ce qui s’est décidé sur les six années écoulées. Parlons de la fiscalité. Certains de vos adversaires estiment que les impôts ont doublé pendant votre mandat.
MICHEL NEUGNOT : On a augmenté de 50% sur les ménages et 75% sur les entreprises. On ne l’a pas fait de gaieté de cœur, mais par nécessité. Nous étions dans une situation où la Bourgogne était la région où on payait le moins d’impôts mais par voie de conséquence, la région qui assumait le moins ses compétences obligatoires que sont les TER, la formation professionnelle ou les lycées. D’autre part, la région, avant qu’on arrive, avait engagé un certain nombre d’actions comme Cœurs de villages avec une fiscalité qui était restée la même depuis sept ans et même qui avait diminué. La région n’était pas en capacité d’assumer ses compétences. A partir de 2010, le mandat va être terrible : la taxe professionnelle sera remplacée par dix taxes redistribuées pour les régions nationalement par décision de l’État. On n’aura plus le levier fiscal.
Prenons l’ensemble de votre majorité sortante : les élus communistes repartent divisés, le groupe des Verts ne sera pas reconduit en l’état, on ajoute le MoDem qui va faire sa liste (beaucoup plus à gauche que ne l’était l’UDF en 2004). En face, jusqu’à preuve du contraire, une droite plutôt unie. Est-ce que tout cela n’apparaît pas comme autant de signaux d’alarme pour vous et François Patriat ?
On aurait préféré avoir une gauche unie mais François Patriat ne désespère pas, d’ici le mois de mars et le début de la campagne, de réunir autour de lui. Il l’a dit clairement : la porte est ouverte pour rassembler au maximum la gauche. Les Verts ont eu, semble-t-il, une poussée remarquable aux Européennes et ils pensent qu’ils peuvent faire, dans le cadre d’une union au deuxième tour, cavalier seul au premier pour peser un peu plus. Mais soyons vigilants à ne pas casser tout ce que nous avons fait ensemble.
A ce micro, il y a quinze jours, le Nouveau Centre François Sauvadet proposait à Safia Otokoré de le rejoindre sur sa liste. Safia Otokoré qui est votre vice-présidente socialiste à la Jeunesse et aux Sports. Est-ce que vous êtes comme un président de club de foot et la déclarez «intransférable» ?
Safia Otokoré a répondu clairement. Elle n’a pas envie d’être transférée. Elle est très bien avec le capitaine Patriat.
Elle devrait quand-même changer de club, Safia Otokoré, passer d’Auxerre à Dijon, de l’Yonne à la Côte-d’Or. Il va falloir lui faire de la place sur la liste dans ce département. Ça ne vous fait pas peur, vous le secrétaire fédéral du PS ?
Nous avons des procédures pour réguler les ambitions individuelles au profit d’une ambition collective. En Côte-d’Or, j’ai souhaité avoir un entretien avec les quarante-trois candidats à la candidature (pour dix-neuf places, ndlr). Entretien qui nous a permis de voir comment l’ambition de chacun pouvait entrer dans l’ambition collective.
Ce qui veut dire que les Tenenbaum, Dillenseger, Khattabi, Martin, Vigreux ne sont pas certains d’être reconduits ?
Ils ne sont pas forcément reconduits…
… Et vous non plus ?
Et moi non plus ! On va en débattre démocratiquement. Il y aura un vote des militants, avec comme critères l’expérience, mais aussi le renouvellement nécessaire et puis la représentation des territoires et des populations… Et aussi prévoir la place pour les partenaires que nous accueillerons au premier et au deuxième tour, pour que cette liste soit majoritaire.
La majorité des socialistes côte-d’oriens, dont vous êtes le patron, a voté à presque 53% pour le non-cumul des mandats. Pourtant on va retrouver un François Patriat sénateur et candidat à sa succession à la présidence de la région. Ce n’était pas le moment de montrer l’exemple ?
C’est une question un peu délicate. Pourquoi appliquer cela au seul Parti socialiste et laisser les autres pouvoir cumuler ? Je sais d’expérience pour l’avoir vécu que tant qu’on n’a pas de mandat on vous fait le reproche de ne pas avoir d’expérience. Et quand on en a un, on vous reproche d’en avoir un de trop ! Il y a un dosage à trouver. Attendons qu’il y ait une loi qui dise « un seul mandat dans telles et telles conditions » et nous l’appliquerons .
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