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Patriat un peu gauche, la droite s’en va

26/11/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 180 | Par Jérémie Demay

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Rififi. Au début des débats sur les orientations budgétaires de la région, la droite quitte la salle. Elle estime que François Patriat se sert de la tribune à  la région pour commencer sa campagne électorale.

QUAND François Patriat est à la tribune du conseil régional pour parler de l’orientation budgétaire de 2010, il ne peut s’empêcher de taper sur le gouvernement. Ses deux arguments : la réforme des collectivités territoriales et la suppression de la taxe professionnelle. Mais voilà, la campagne électorale de mars prochain plane sur l’assemblée régionale. A peine le président de la région a-t-il commencé depuis cinq minutes sa diatribe contre la politique de Nicolas Sarkozy, et déjà les voix se font entendre. Celle de Jean-Pierre Soisson notamment : « Je ne veux pas que le président soit en campagne. » Réponse de Patriat : « Répondez-moi sur la TP. » Soisson a de la bouteille en politique, c’est pourquoi il quitte la salle, accompagné par les élus du groupe UMP. L’ancien président de la Bourgogne, élu à l’époque avec les voix du Front national, s’explique à la sortie : « Il attaque ouvertement le gouvernement. Ce n’est pas notre place de participer en tant que spectateurs à la campagne de François Patriat. » Pourtant, quand le même Soisson était ministre de François Mitterrand, il n’en faisait pas autant quand il assistait à un meeting du PS.
Cependant, cette provocation calculée de François Patriat suscite quelques remous au sein même de sa majorité. Les Verts par exemple, par la voix de Wilfrid Séjeau : « Clairement, Patriat est en campagne électorale. Cela a donné l’occasion à la droite de sortir et de fuir le débat. J’aurais voulu entendre la justification des réformes. » L’écologiste précise son propos : « Nous ne sommes pas des conservateurs. Il faut réformer les collectivités, ainsi que la taxe professionnelle. »
En attendant, la région estime ses pertes pour 2010 entre 1,7 million d’euros et 2,8 millions d’euros à cause de la réforme fiscale, ajoutées au manque à gagner sur les dotations de l’État (manque évalué à 2, 253 millions d’euros). Bref, les ressources de la région devraient chuter de 5 millions d’euros pour 2010. A ce stade des inquiétudes, il est même étonnant de trouver encore des candidats pour diriger la région… .



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