Françoise Tenenbaum : « Que les querelles d’ego s’arrêtent au PS ! »
10/12/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 182 | Par Arnaud Bousquet

LA GAZETTE : Vous voilà partie pour être numéro quatre sur une liste de gauche relativement plurielle, en Côte-d’Or, pour les régionales. Les quatre premiers sont d’ailleurs comme vous, à la fois sortants et socialistes. Ne craignez-vous pas que les électeurs vous reprochent ce manque de renouvellement et cette absence d’ouverture aux partenaires communistes ou radicaux dans les premières places ?
FRANÇOISE TENENBAUM : Notre liste a 40% de renouvellement, donc je ne pense pas que les électeurs nous reprochent cela. C’est une liste plurielle et on a pris un grand soin à ce qu’il y ait des personnes qui représentent l’ensemble de nos concitoyens. Pour l’instant, nous travaillons activement sur le programme, et c’est là-dessus que nous voulons réunir la gauche au premier tour. C’est l’engagement de François Patriat. Ensuite, nous aurons à cœur de réunir, toujours sur notre programme, les démocrates et les progressistes.
Vous êtes d’accord avec les communistes qui veulent voir les régions comme des pôles de résistance à Nicolas Sarkozy ? Il n’y a pas erreur sur l’enjeu ?
Non, il n’y a pas erreur. Je viens à l’instant d’une manifestation devant la DDASS. J’étais ahurie d’y voir les conseillers généraux de droite, qui soutiennent les idées du gouvernement et donc les lois qui visent à réduire le budget de la santé. Ils étaient là pour défendre avec nous (les établissements menacés, ndlr) mais en faisant un grand écart incroyable.
Une ligne de fracture majeure aujourd’hui au Parti socialiste : que faire avec le MoDem ? Et je me demandais, Françoise Tenenbaum, où vous pouviez bien vous situer dans ce débat… Êtes-vous, comme Arnaud Montebourg, dont vous êtes une fidèle, chaque été à Frangy, contre tout rapprochement avec François Bayrou, le considérant comme un homme de droite ? Ou êtes-vous, comme Ségolène Royal et François Rebsamen, favorable à des alliances dès le premier tour avec le MoDem ?
Nous travaillons très bien avec les élus municipaux du MoDem à Dijon, donc il n’y a pas de raison que nous ne puissions pas le faire sur notre programme régional qui sera validé par l’ensemble de la gauche. Nous avons des valeurs communes qu’il faut mettre en avant.
Donc, François Patriat aurait dû faire comme Ségolène Royal en Poitou-Charentes et proposer au MoDem une alliance dès le premier tour ?
Non ! François Patriat veut rassembler la gauche au premier tour. Allons comme cela sur notre programme, puis nous verrons au soir du premier tour.
Pourtant, vous étiez d’accord avec François Rebsamen pour avoir le MoDem dès le premier tour aux municipales l’an dernier !?
Ce ne sont pas les mêmes élections, pas les mêmes enjeux… Nous visions une élection au premier tour et nous l’avons eue !
À propos de Ségolène Royal, Manuel Valls dit qu’elle est « en train de tout gâcher », Aurélie Filippetti veut « rétablir la fessée au PS », Vincent Peillon parle de « psychiatrie lourde »… À deux ans de la présidentielle, avouez que ça ne part pas très bien ?
Il faut parler programme et nous travaillons au programme ; et moi je travaille au niveau national sur le programme santé et donc comme toujours, moi, je vise le concret, les valeurs et les actions de terrain. Il va bien falloir que ces querelles d’ego s’arrêtent !
Vous êtes, Françoise Tenenbaum, vice-présidente de région, déléguée à la santé publique et aux établissements de soins. On va prendre l’exemple de la grippe A. Êtes-vous associée à la campagne de prévention et de vaccination ? Ou est-ce qu’aujourd’hui, une responsable régionale de la santé n’a pas son mot à dire sur un dossier aussi sensible ?
Bien sûr que non, nous n’avons pas été sollicités là-dessus. La ville de Dijon, oui, mais uniquement pour mettre à disposition des locaux et du personnel administratif. C’est tout. Je regrette infiniment la communication de la ministre. Je ne connais personne qui aille se faire vacciner pour faire plaisir à un ministre. On y va parce qu’il y a des médecins qui vous ont dit que c’était bien pour vous. Si nous avions eu notre mot à dire, nous n’aurions pas évincé les médecins généralistes qui sont ceux chez qui tout le monde va, pour demander encore actuellement : « Est-ce que je dois me faire vacciner ? »
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