Greenpeace le plus loin
10/12/2009 | La Gazette de Côte d'Or n° 182 | Par Jérémie Demay
LES ACTIONS de Greenpeace ne passent jamais inaperçues. Cette semaine, deux manifestations de l’association ont voulu interpeler nos élus avant l’ouverture du sommet de Copenhague : intrusion dans l’hémicycle, et un militant s’est menotté sur des voies SNCF. Le but des ces manœuvres est de médiatiser un maximum leur message. Mais voilà, quand mercredi dernier les militants ont tenté de rentrer dans l’hémicycle, ils se sont, par la même occasion, attaqués à un symbole fort de la démocratie. Quand une femme a enjambé le balcon du public pour descendre en rappel rejoindre les députés, ces derniers n’ont pas du tout réagi de la même façon. Noël Mamère a applaudi, ce qui a très sérieusement agacé François Sauvadet, le président du groupe Nouveau Centre. Ce dernier traite alors les militants de « voyous ». Réponse du député vert… un bras d’honneur. Mamère s’en défend, salle des Quatre colonnes (espace d’interview de l’Assemblée). Jamais, au grand jamais, il n’a fait ce geste… Au pire, il a dû regarder sa montre un petit peu trop vigoureusement ! « Des images prouvent le contraire. Je trouve cela choquant. Mentir, c’est grave (sic.) ! C’est violer la République » s’égosille le député centriste.
Moins alarmiste, Philipe Hervieu, candidat d’Europe écologie Bourgogne aux régionales, constate dans un communiqué : « Les instances de la République n’ont pas été menacées « par une organisation des voyous » comme veulent le faire croire les députés de droite et François Sauvadet. Greenpeace est venu rappeler à leurs devoirs l’ensemble de nos député-es. » Ce à quoi Sauvadet répond : « Est-ce qu’une bonne cause justifie tous les moyens ? L’écologie est juste, mais tout ne doit pas être autorisé. La République, c’est le vivre ensemble ».
En attendant, Bernard Accoyer, le président de l’Assemblée nationale, a porté plainte contre Greenpeace, François Sauvadet a demandé des sanctions financières et un rappel au règlement vis-à-vis de Noël Mamère. N’empêche qu’avec tout ce foutoir, Greenpeace a largement réussi sa mission : occuper le terrain médiatique pour alerter. François Sauvadet est devenu, sans le vouloir, le premier militant de Greenpeace .
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