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Drôle de Génération campus

28/01/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 187 | Par Jérémie Demay

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Voyance. Les 2 et 3 février prochains se dérouleront les élections des représentants étudiants à  l'université. La Gazette pronostique, sans surprise, une victoire écrasante de Génération campus.

Voyance. Les 2 et 3 février prochains se dérouleront les élections des représentants étudiants à  l'université. La Gazette pronostique, sans surprise, une victoire écrasante de Génération campus.

QUAND À l’université on évoque Génération campus, un léger rictus se dessine. Pourquoi ? Les méthodes de cette fédération d’associations étudiantes prêtent à rire. Mais à quelques jours des élections des étudiants dans les conseils de l’université, le sourire laisse place à l’exaspération. Pire, interroger Génération campus relève du numéro d’équilibriste. Décryptage de la recette pour gagner les élections. Le postulat de départ de Génération campus est loin d’être stupide : donner la parole aux associations étudiantes. Quand la fédération s’est créée, ses fondateurs faisaient la tournée des amphis en tenant, en substance, ces propos : « Dans les conseils, siègent des représentants étudiants issus de syndicats politisés. Nous, nous sommes apolitiques, et uniquement à votre service. » Sous l’étiquette des Associatifs et indépendants, Génération campus rafle la majorité des postes avec 69% des sièges étudiants remportés lors de la dernière élection aux conseils centraux en février 2008. Coup de chance ou de génie ? Plus un coup de malice. L’un des principaux arguments de la fédération est d’annoncer partout qu’elle représente huit mille adhérents. Certes, mais ce n’est que partiellement vrai. En effet, pour qu’un étudiant s’inscrive à Génération campus, il doit d’abord appartenir à une association étudiante liée à la fédération. Or, dans la majorité des cas, les étudiants prennent leur carte dans leur association de section pour prétendre à des réductions sur leurs livres, pourvoir consulter les annales, et aussi participer aux soirées. Mais automatiquement, ils figurent dans les listes de Génération campus, sans forcément le savoir. Ce que conteste Geoffroy Aubert, tête de liste des Associatifs et indépendants : « Quand les étudiants adhèrent à leur association, cette dernière les informe qu’ils adhérent aussi à Génération campus. C’est écrit sur tous les formulaires d’adhésion. » Manque de transparence peut-être, mais Bastien, membre de l’Unef, raconte une anecdote : « Quand j’ai adhéré à mon association de section, automatiquement j’ai appartenu à Génération campus. Je n’en avais pas envie. C’est malhonnête de leur part car sur leurs huit mille adhérents annoncés, je pense que 95% d’entre eux ne connaissent même pas Génération campus. » Autre problème de transparence : l’attribution des subventions par le FSDIE (Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes) où siège la fédération. « Nous n’avons pas accès aux détails. Quand arrive le dossier, il est noyé dans un paquet de subventions » vocifère Jonathan Leulieux, secrétaire général de l’Unef à Dijon. En d’autres termes, si les élus du FSDIE ne votent pas la somme demandée par Génération campus, les associations figurant dans le même « paquet » ne toucheront rien. Heureusement Geoffroy Aubert se veut rassurant : « Je vais vous expliquer le fonctionnement. C’est-à-dire qu’on travaille les dossiers en commission. Ensuite, l’avis de la commission est transmis au conseil des études et de la vie universitaire (Cevu). Un exposé est fait. Toutes les lignes sont modifiables une par une. Ce n’est pas un paquet qui est voté. C’est véritablement chaque ligne. » Aïe, gros problème. Soit Geoffroy ne connaît pas le fonctionnement des administrations universitaires, soit il tente de noyer le poisson. Sophie Béjean, présidente de l’université, dément : « Nous ne votons pas des subventions, mais nous nous prononçons sur la répartition du FSDIE. Ce n’est pas du cas par cas. » En même temps, pour une fois que l’avis de Génération campus diffère de celui de la présidente… Car la fédération, au fil des années, a réussi à créer une réelle confusion dans les esprits estudiantins. Dès qu’il y a un blocage, Génération campus suit, presque servilement, l’avis de la présidente. Un suivisme qui paie, puisque le fondateur de Génération campus, Sylvain Comparot, après avoir été vice-président de l’université délégué à la vie étudiante, une fois son cursus terminé a été engagé pour être un conseiller spécial de la présidente… Bien sûr, seuls ses diplômes et ses compétences ont été pris en compte. Sylvain Comparot n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Puisqu’en plus d’être un proche de la présidente, il figure également sur la liste (en dix-neuvième position) de François Patriat pour les élections régionales : « Je compartimente mon travail à l’université et mon militantisme au Parti socialiste » explique-t-il au détour d’un couloir. Pourtant un proche du président de la région explique : « Sylvain Comparot est en charge des questions universitaires pour les régionales ».Ce mélange des genres agace au plus haut point. « C’est quelqu’un qui a un rôle à l’université pour gérer en sous-main Génération campus. Il en reste le président d’honneur » s’énerve Jonathan Leulieux. « C’est comme si le directeur de cabinet du préfet était président d’honneur de la section du PS de Dijon, et que dans le même temps il se présente aux élections. On lui demanderait de démissionner » remarque Jean-Baptiste Mandron. Génération Campus porte la confusion jusqu’à s’attribuer des victoires. En effet, l’un de ses arguments est d’affirmer être à l’origine de l’attribution du label campus innovant, et de son enveloppe de vingt millions d’euros. Malheureusement, même s’ils peuvent s’en féliciter, cette dotation résulte d’un travail de lobbying sur Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, mené par Bernard Depierre, député de la première circonscription. Les opposants de Génération campus ne sont pas les seuls à râler contre ces dérives. Paulin Lacour était l’ancien président de la fédération. Il a démissionné le 30 juin 2009. La Gazette a récupéré sa lettre de démission, dont voici un extrait : « Les conditions n’ont jamais été réunies afin que je mène au mieux les fonctions que les administrateurs de la structure m’avaient confiées à une quasi unanimité. Ma vision de la structure, celle que les administrateurs et les étudiants souhaitaient, ainsi que les projets que j’ai voulu lancer ont été en permanence retardés voire remis en cause par une minorité des membres de Génération Campus, qui, malheureusement, ont une forte influence sur le réseau. On peut se demander dans quel but, car nous devrions œuvrer tous dans la même direction, pour les étudiants. Il m’est devenu impossible de travailler, d’avancer et de mener à bien nos projets qui pourtant avaient été approuvés par l’ensemble de Génération Campus. ». Geoffroy Aubert commente : « Il n’y a pas de problème interne à Génération campus. Paulin Lacour a souhaité démissionner, alors il l’a fait ». Pourtant sa décision est motivée : « Ce sont ses raisons, mais pas les raisons » tempère Geoffroy. Le clivage des générations n’est pas toujours là où on le pense .



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commentaires

Il y a 2 commentaires à cet article

  1. Bitrou Yorick
    02/02/2010 à 18 h 59 min

    Bonjour, en tant qu’ancien étudient a dijon et fervent opposant a Génération Campus, je me réjouis de cette article. En effet, une fédération d’étudient, dont certains membres sont rémunéré (assoc étudiente, donc assoc non lucrative= pas de rémunération),se dit apolitique. Or, l’année dernière, lors de la mobilisation étudiente contre la LRU, G.C. a été au premiere loge de l’opposition à la greve, la mobilisation ainsi qu’au blocage. Alors, pourquoi une assoc qui a été créée pour organisé des fêtes s’imice dans un débat politique? Car ils cirent les pompes de la presidence et du C.A.
    D’un point de vu personnel, en tant que militant et ex bloqueur, je souhaite, la dissolution de cette fédération. Il y en a assez que ses membre nous insulte a chaque Assemblée Générale.
    Chacun sa place.
    Merci

  2. Thib
    09/02/2010 à 9 h 34 min

    Éternel crétinisme obtus des bloqueurs qui s’imaginent avoir tout compris. Une association (ou même une fédération d’associations) apolitique et a-partisane ne prend pas parti dans un débat au sein du paysage politique français. C’est à dire qu’en aucun cas les associations revendiquent une appartenance à une mouvance politique. En revanche, défendre le droit d’étudier des étudiants de l’UB, ça, les assos le font tous les jours. Quand comprendrez-vous enfin, bande de bas de plafond pseudo-gauchos assistés, que la grève est un droit et non pas un DEVOIR? Si vous souhaitez « faire grève » (ce qui est techniquement impossible à des étudiants qui, par définition, ne sont pas payés pour étudier) pour faire entendre vos revendications, libres à vous! Mais dans ce cas il faut assumer de prendre du retard sur les cours! Un salarié qui se met en grève ne reçoit pas de salaire pour les jours de grève. Pourquoi obliger les étudiants à manquer les cours pour aller manifester? Vous prônez le droit à la libre expression mais vous empêchez les autres de ne pas être d’accord avec vous.

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