L’interview décalée : F.X. Dugourd
28/01/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 187 | Par Roald Billebault

LA GAZETTE : Bon… on se tutoie?
FRANÇOIS-XAVIER DUGOURD : Ah ! Oui bien sûr on se tutoie !
Parlons actu un peu… La double casquette d’Henri Proglio à EDF et Veolia t’en penses quoi ? Il doit choisir ?
Je suis un peu effaré. Rien qu’au niveau rémunération, c’est un peu disproportionné et scandaleux. Alors, oui, il doit choisir, je ne vois pas de toute façon comment on peut de manière efficace cumuler ce type de responsabilités.
L’interview / débat de Nicolas Sarkozy lundi sur TF1, à quelques semaines des régionales, c’est pas un peu too much ?
Ah non c’est une pratique courante depuis des années quel que soit le président. Toutes les élections précédentes à caractère national ont eu un débat avec le président de la République, quelle que soit l’étiquette de ce dernier.
T’as donné des ronds pour Haïti ?
Non, je n’ai pas donné d’argent. Je préfère participer de manière concrète en donnant des petits coups de main, notamment en termes de procédure administrative. C’est plus comme ça que je vois l’aide humanitaire, en mouillant la chemise…
T’aurais pu faire un effort, Clooney il a filé un million de dollars…
On n’a pas la même rémunération…
Tu crois qu’il faut donner le droit de vote aux étrangers ?
Non, je n’y suis pas favorable car le droit de vote est très attaché à la nationalité. Mais de toute façon des étrangers qui souhaitent voter peuvent faire la démarche pour acquérir la nationalité française, c’est tout à fait possible.
Quelle est la plus grande qualité que tu puisses reconnaître à François Rebsamen ?
Je dirais ses facultés de séduction…
Et son pire défaut ?
Il y en a pas mal, mais disons son sectarisme…
Ton pronostic pour les régionales en Bourgogne. Sauvadet haut la main j’imagine ?
Ah non pas haut la main ! Le coup est totalement jouable, j’en suis convaincu, mais ce ne sera pas simple. Je crois surtout que François Sauvadet est le meilleur candidat possible et qu’il changerait profondément la politique régionale.
Tu dois partir en week-end avec l’une des trois personnes suivantes ; tu choisis qui : François Rebsamen, Bernard Depierre ou Danielle Juban ?
(Éclat de rire) Avec Danielle Juban bien sûr. On se connaît depuis longtemps. Autant je ne partage pas ses choix politiques actuels qui me choquent beaucoup, autant sur le plan humain c’est quelqu’un que j’apprécie…
Son transfuge au MoDem c’est un coup dur à encaisser non ?
Oh non, je ne suis pas vraiment surpris. Ça transparaissait depuis de nombreuses semaines. Après c’est vrai que je ne comprends pas, c’est contradictoire avec les engagements qu’elle a pris antérieurement. Bon, après la vie continue, on en a vu d’autres et ça ne m’empêche pas de dormir…
Elle doit démissionner de son mandat de conseillère municipale ?
Ah oui, nous lui demandons officiellement. C’est une question de respect de la démocratie. Elle a été élue sur une liste, sur un programme, des électeurs lui ont fait confiance. Son mandat de conseillère municipale ne lui appartient pas, ce sont les électeurs qui le lui ont confié. Aujourd’hui se pose un problème de respect de ces électeurs…
Honnêtement c’est pas un peu le binz à droite à Dijon ?
Et à gauche ? Tu sais, quand tu regardes la situation politique dans pas mal de départements tu te rends compte qu’il se passe souvent la même chose, le même genre de petites combinaisons politiques.
Le tramway à Dijon, c’est pas trop ton truc quand même, c’est pourtant pas mal non ?
Moi, je suis convaincu que c’est une erreur historique, c’est le choix du passé. C’est la mode, il faut un tramway, alors qu’il y a d’autres solutions technologiques plus performantes, souples et surtout moins chères. Je pense aux bus de nouvelle génération par exemple. Ce qu’il faut savoir c’est qu’avec le tramway on en prend pour trente ans…
Si demain tu devenais maire de Dijon, quelle serait ta première action ?
Ce serait de se préoccuper de l’emploi en réunissant tous les gens intéressés par le développement économique. Je crois que ce serait une obsession pour moi. Il faut faire franchir un cap à Dijon, il y a un potentiel très important.
En étant mégalo… et si tu étais président ?
Je me suis jamais posé la question, je me limite à l’action locale.
Tu te vois maire quand ? 2014… 2020 ?
Bien sûr dès 2014 ! La politique, pour moi, c’est une mission pas une carrière. Notre combat de toute façon est totalement orienté sur les municipales de 2014, et d’ici là il peut se passer beaucoup de choses…
Tu lis quoi en ce moment ?
Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows. Ça parle de l’occupation à l’île de Guernesey et du quotidien de ses habitants. C’est drôle et très bien écrit…
J’ai vu sur ton Facebook que tu écoutais Ben Harper et Moby… Pour de vrai ou c’est pour faire jeune’s ?
Non, non, c’est pas pour faire jeune, c’est parce que j’aime bien. Bon, Moby un peu moins en ce moment, mais Ben Harper pour moi fait partie des piliers. Mais tu sais, mes filles me tiennent au courant des musiques actuelles, j’ai pas trop le choix d’ailleurs…
Le dernier film que tu as été voir au cinéma ?
Invictus, j’aime beaucoup Clint Eastwood. D’une manière générale j’aime bien être surpris au cinéma. Tu l’as vu toi ?
Non pas encore…
Tu vas voir, c’est très touchant. Difficile de ne pas verser une larme. Moi je n’y suis pas arrivé.
C’est quoi ton geste écolo au quotidien ?
Je fais du tri… Par contre je consomme trop d’eau, j’en ai conscience. Mes filles me le reprochent d’ailleurs…
Tu te souviens de ce que tu faisais le 11 septembre 2001, à l’annonce des attentats du WTC ?
Très honnêtement, non. En revanche comme tout le monde, j’ai été énormément marqué par les images.
Tu voudrais voir qui en interview décalée dans ces colonnes ?
Claude Pinon (ndlr : conseiller municipal PC), ça pourrait être assez rigolo… Je crois qu’il fait un peu de poésie en plus… .
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