Stop ou encore
28/01/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 187 | Par Jérémie Demay

CERTAINS SONT catégoriques : « ce sont des types de l’Uni » la droite universitaire. Pourtant, malgré l’intérêt que porte cette organisation à ce site, ce n’est pas elle. Sous l’onglet « avertissement », les créateurs du site informent : « Indépendant de tout parti politique ou de candidat, réalisé par un collectif de jeunes gens rassemblés autour d’une noble cause ». Ce qui est faux, puisque ce sont bien des militants de droite qui pianotent contre François Patriat « mais à titre personnel » tient à préciser l’un des animateurs.
A l’origine de ce projet, on trouve, entre autres, Guillaume. Au départ, ce site est parti d’une boutade : « En écoutant François Patriat qui expliquait que tout allait bien en Bourgogne grâce à lui », s’amuse-t-il avant de préciser : « Les électeurs ont besoin de découvrir le vrai bilan du président de région. Nous le faisons sur un ton sarcastique, mais nos analyses sont réalisées avec des faits réels, vérifiables par tous. » Leurs sujets sont des classiques, dans les attaques contre Patriat : augmentation des impôts, vicissitudes dans la composition des listes, et même les voyages des élus régionaux. Pour ce dernier thème, Stop-patriat.com affuble François d’une belle brosse sur la tête : « C’est un peu le Desireless de la politique bourguignonne » raille Guillaume.
Côté caricature, les webmasters s’en donnent à cœur joie. Dans le bandeau d’accueil on peut ainsi voir un dessin représentant, a priori, le président de la région prenant un coup de pied dans le derrière. De l’autre côté, une bulle dans laquelle on lit « tu sors ». En même temps, ils auraient pu reprendre la célèbre tirade du président de la République « casse-toi pauvre con »… « Nous ne sommes pas agressifs. Nous sommes en désaccord avec la politique de Patriat, mais ce n’est pas un con ! » tempère Guillaume. « Ils s’attaquent à la politique de l’homme, et pas à sa personne. C’est bien… mais encore heureux ! » explique Sylvain Comparot, dix-neuvième sur la liste de François Patriat.
Leurs infos, ils les prennent pour l’instant sur le Net ou dans les journaux. Mais parfois, « des gens de gauche, n’étant plus sur les listes, nous écrivent pour nous filer des tuyaux. C’est rigolo, ça va enrichir le site ». Intox ? Difficile à dire. Ce qui est sûr en revanche, c’est la liberté des post : « À part les insultes, nous diffusons tout. On suppose que des proches de Patriat laissent des commentaires. Le niveau des réponses est décevant. Ils n’ont pas de contre-arguments ». Et pour cause, au PS la stratégie est tout autre : « On ne rassemble pas en étant contre quelqu’un. La campagne numérique c’est sympa, mais le vrai travail c’est sur le terrain » s’enthousiasme Sylvain Comparot. Ah, quand le Net souffle sur la campagne…
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Voilà, c’est fini…
Censure ou auto-censure?