La LiNo se gondole
03/02/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 188 | Par Jérémie Demay

Plouf. L’avancée de la LiNo est contrariée par la loi sur l’eau. En effet, dans l’état actuel du dossier, l’Ouche pourrait être polluée et la ville de Plombières inondée.
LES TRAVAUX de la LiNo sont compromis par la loi sur l’eau. En tout cas la décision de la cour administrative d’appel de Lyon va dans ce sens. En cause : le tracé de la LiNo à proximité du puits de captage dans l’Ouche, alimentant en eau potable 15% de la population dijonnaise. L’Aderoc, association écolo militant pour un autre tracé de la LiNo avait pourtant prévenu à plusieurs reprises la direction régionale de l’équipement (DRE) sur les risques potentiels. Mais son courroux est resté lettre morte. Résultat, l’association a gagné au tribunal administratif de Dijon, puis en appel à Lyon. « La DRE a tendance à construire en mode soviétique. Pour le franchissement de l’Ouche, ils n’ont même pas fait d’études hydrologiques » dénonce l’Aderoc. En effet, le tracé actuel de la LiNo passe là où l’Ouche sort, quand la rivière est en crue. Le problème est qu’il faut bien compenser cet espace occupé. De plus, il est physiquement impossible de construire des bassins de rétention suffisamment grands aux abords de la route car il n’y a plus assez de place. La solution avancée par la DRE est surprenante : installer des haies pouvant faire l’office des bocages dans les prairies. Mais en cas de grosses pluies les haies ne feront que ralentir le flux de l’Ouche et ne stockeront pas l’eau, et Plombières pourrait subir de fortes inondations. « L’idée de ce barrage n’est pas forcément mauvaise, mais le système des haies est peu concevable. Nous pensons que le risque est trop grand pour choisir cette option. Mais ce n’est pas à nous de trouver une solution ! » s’énerve l’association. En attendant, les travaux sur ce secteur ne peuvent plus avancer. Ce qui n’est pas le cas pour le tronçon Toison-d’Or – route de Troyes, même si la percée du tunnel vers Daix s’annonce périlleuse. Bien sûr, cette décision de la cour administrative d’appel de Lyon fait réagir. La préfecture : « L’État, maître d’ouvrage de cette infrastructure, prend acte de ce jugement et s’y conformera strictement. La procédure sera reprise pour remédier aux insuffisances relevées, en vue d’une nouvelle autorisation assortie des prescriptions qui résulteront de l’enquête publique. C’est pourquoi le préfet de la Côte-d’Or, chargé de la police de l’eau, va examiner les conditions dans lesquelles les travaux en cours qui ne touchent pas aux zones vulnérables visées par l’arrêt de la CAA, pourraient se poursuivre dans l’intérêt général. » Le préfet se donne quelques jours pour savoir s’il porte le dossier devant le Conseil d’État. François Sauvadet, président du conseil général « souhaite que tout soit mis en œuvre pour la poursuite des travaux de la LINO ». La fédération régionale des travaux publics s’inquiète : « FRTP Bourgogne regrette que cette décision intervienne au moment où la conjoncture est partout difficile, où les projets structurants et d’avenir pour l’économie et la vie des territoires sont rares, où la sauvegarde des emplois dans le secteur des travaux publics est une préoccupation quotidienne. À ce niveau, cette décision ne sera pas sans conséquence. »Du côté de l’hôtel de ville, le Premier Vice-président de la Communauté d’Agglomération du Grand Dijon et adjoint à l’urbanisme, Pierre Pribetich dit « prendre acte de la décision de la cour d’appel de Lyon » mais demande expressément au Préfet « d’accélérer le recherche d’une solution pour que les travaux reprennent rapidement » .
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Il y a 6 commentaires à cet article
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04/02/2010 à 11 h 09 min
Encore une fois, l’intérêt collectif (réaliser un contournement) est pénalisé par un groupuscule qui a fait de l’écologie son cheval de bataille. L’écologie oui. Mais pas à tout prix.
Quid de la pollution engendrée au coeur de la ville par des dizaines de milliers de moteurs tournant au ralenti ? Du bruit ? Du danger que représente tout ce flux ?
L’idée intelligente aurait été de laisser finir rapidement (plus de 30 ans pour une route qui aurait déjà dû se faire… une honte) les travaux et de procéder ensuite à des aménagements. Nous payons en Euros ce qui aurait été payé en francs.
Pendant ce temps, le Pharaon continue à créer son tramway afin de laisser à Dijon une ardoise de plusieurs millions d’Euros pour bien montrer sa haine de ne pas avoir eu son siège à Paris.
Messieurs les détracteurs, honte à vous.
04/02/2010 à 16 h 10 min
Apparament la qualité de l’eau qui alimente l’agglomération dijonnaise et qui pourrait être mise en péril par la LINO ne préoccupe ni MrMarek, ni la totalité des élus. Ce qui compte c’est de créer une autoroute pour que le centre commercial de la Toison et la ZA Valmy puissent accueillir toujours plus de consommateurs et de clients aux frais du contribuable. C’est exactement le language des chefs d’entreprise qui ont exposé des dizaines de milliers de salariés à l’amiante et autres produits dangereux. Quant à la circulation, Dijon est classé au 2ème rang français pour la faiblesse des embouteillages, et puis bientôt le tramway!
04/02/2010 à 16 h 33 min
quelques précisions:
Aderoc a perdu au tribunal administratif de Dijon; sinon pourquoi serait-il allés en appel?
la LINO passe à environ 3 km du captage vers l’Ouche (au bout du lac Kir coté Dijon), alors que le trafic actuel, à défaut de LINO passe à 50m de ce captage. Conclusion: le danger est beaucoup plus important aujoud’hui qu’avec la LINO.
c’est le remblai dans la vallée de l’Ouche vers Plombières qui est mis en cause par le tribunal. S’il fait bien partie du dossier, les travaux ne sont pas programmés avant des années.
Les remarques du tribunal ne concernent pas la zone des travaux en cours.Fallait-il supprimer la totalité de l’arrêté préfectoral? Le tribunal administratif de Dijon s’était contenté de prescrire quelques travaux complémentaires…c’était la voie de la sagesse.
05/02/2010 à 10 h 33 min
Pour n’évoquer que le passage de la Lino dans l’ancienne décharge, les experts des Ponts et Chaussés ont exprimé leurs interrogations sur les effets des travaux sur la nappe phréatique et par exemple le réservoir de la Chèvre Morte (20%des réserves d’eau potable de Dijon)Que les quelques membres de pro-lino prennent la peine de lire les deux rapports des Ponts qui n’ont pas été rendu publics. Quant au remblai, il s’agit seulement de prévenir des inondations à Plombières. Que les dijonnais consomment des eaux pollués, que Plombière soit inondé, peu importe aux pro-lino.
06/02/2010 à 10 h 43 min
en résumé, un trafic qui passera à 3km est plus pollueur qu’un trafic qui passe à 50m.
on comprend aussi qu’il vaut mieux des poids lourds sur le boulevard de l’ouest qu’en dehors de la ville.
comprends qui peut!
07/02/2010 à 0 h 13 min
Avec le retard et le surcoût engendré, la LINO n’aura que 2×1 voie, ce qui est la seule option, la moins déraisonnable.
Par ailleurs, personne ne s’interroge sur l’augmentation infinie du transport routier ? Toute croissance doit avoir des limites, et la frénesie bétonnière des alentours de Dijon (parc Valmy, piscine olympique…)sur des deniers publics, contribue à l’illusion suicidaire et superficielle de la consommation de biens et de loisirs, au dépends, toujours, des espaces naturels (« naturels » est un bien grand mot…à en voir ce qui reste)