Interview

L’interview décalée : Jérôme Daran

10/02/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 189 | Par Richard Zampa

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Rires. Bisontin de souche, Jérôme Daran est l’humoriste qui monte, qui monte… Il sera le 20 février sur la scène mythique de L’Olympia et en tournée dans toute la France. Celui qui a brillé notamment dans l’ombre de sa complice, Florence Foresti, devrait faire escale à Besançon en février 2011. Entretien En Toute Mauvaise Foi.

LA GAZETTE : On se tutoie ou on se vouvoie ?
JERÔME DARAN : On va se tutoyer ! On ne va pas s’emmerder entre Bisontins.
T’as donné des ronds pour Haïti ?
Non, j’avoue que non… je ne vais pas te mentir.
T’aurais pu faire un petit effort. George Clooney a donné un million de dollars et John Travolta s’est rendu en personne avec son propre avion ravitailler la population.
Je sais, il m’ont appelé pour que je file la même chose mais… non.
Tu donnerais le droit de vote aux étrangers ?
Oui… à ceux qui viennent à mon spectacle uniquement.
Besançon, ville que tu connais bien, a-t-elle vraiment besoin d’un tram ?
Je croyais qu’on avait le meilleur réseau de bus de France ? À une époque, on avait un super niveau à Besac : les transports, le hand, le basket… Mais c’est vrai ça ! Aujourd’hui, on n’a plus rien ! Je trouve toutefois qu’un tramway dans une ville, c’est très sympa. Quant à sa nécessité à Besançon, je n’en sais rien.
T’es encore attaché à cette ville ?
J’adore. C’est toute mon enfance et mon adolescence. J’y ai vécu jusqu’à 24 piges. Ce sont mes premières amours, mes premiers râteaux, mes premières cuites…
Si, demain, tu devenais maire de Besançon, quelle serait ta première action ?
Comme je kiffe le sport, je serais à bloc derrière le BRC, le hand, le basket…
Et une vraie salle de spectacle, ça ne te branche pas ?
Ah oui, une vraie salle ouverte pour la musique et le one-man.
Tu lis quoi en ce moment ?
Je lis Frédéric Beigbeder et Nicolas Rey.
T’es allé voir Avatar ?
Pas encore.
C’est ton truc l’écologie ?
Ouais, j’essaie de faire gaffe quand même.
C’est quoi ton geste écolo au quotidien ?
Quand je me lave les dents, j’évite de laisser couler l’eau, par exemple. Je trie les déchets aussi mais le problème, c’est que dans mon immeuble, il n’y a qu’une poubelle donc ça ne sert pas à grand-chose.
Est-ce que tu t’es déjà servi de ton nom pour réserver une table dans un resto à Besac ?
Oui mais ça n’a pas marché à Besançon. J’étais avec Aldebert. Lui, ça a marché. Moi, non. Daran, ce n’est pas encore ultra efficace à Besançon.
Et à Paris, ça marche mieux ?
Oui, ça commence dans certains endroits.
Qui est ton meilleur pote dans le milieu ?
Je n’ai pas vraiment de meilleurs potes dans le milieu. Ils sont tous en dehors du truc. J’ai pas mal de potes à Besançon et à Panam mais ils ne gravitent pas forcément dans le même univers que moi.
Et Florence Foresti ? Elle va bien ?
Elle va très bien. Elle est en ce moment à Tahiti, je crois. Elle voulait donner des sous pour Haïti et participer à sa manière en quelque sorte, mais je crois qu’elle s’est légèrement plantée d’endroit.
Tu sais ce que tu aurais fait dans la vie si tu n’avais pas été humoriste ?
(Il réfléchit longuement). Peut-être dans le sport…
Le chant, ça te branche toujours ?
Oui, je continue à chanter. Je prépare des trucs mais je ne peux pas trop en parler. Je suis assez rock et chansons françaises. Il faut que ça me touche.
Tu t’es payé quoi avec ton premier gros cachet ?
Une fiesta à mes potes. J’aime bien faire la fête et partager.
C’est quoi ton type de femme ?
Oh, les brunes à frange.
T’es un peu catalogué comme le looser de mauvaise foi dans tes spectacles. Ça marche encore avec les femmes ?
Disons qu’elles ont du mal à me croire maintenant. C’est un peu ça le problème. Comme je pratique beaucoup le second degré, voire le quatrième, elles n’arrivent plus à savoir quand je déconne ou quand je suis sérieux : « Je te quitte… Ah, t’es trop bête ». C’est très embêtant pour rompre.
T’es contre la burqa ?
Si on va au bal masqué, pourquoi pas. Sinon…
Et le burqo pour les hommes ?
Je l’imposerais à tous les beaux mecs. Ça me détendrait un petit peu.
On dit que les gens qui font rire les autres ont peur de la mort. Jérôme, as-tu peur de la mort ?
Bien sûr. Je dirais même que la mort, c’est toute ma vie.
T’as déjà fait passer ta carrière avant ta vie privée ?
Oui sans problème, car le spectacle et les chansons représentent tout pour moi. Le boulot est un peu ma maîtresse.
T’aurais fait La Ferme Célébrités ?
Ah non alors ! Surtout pas. C’est le truc à ne jamais faire.
Tu vas faire l’Olympia le 20 février, après avoir cartonné au Splendid, t’aurais pas pris la grosse tête depuis que tu es connu ?
Non, j’ai essayé mais je n’y arrive pas trop. J’aimerais bien me la jouer mais ce n’est pas dans mes gènes. A chaque fois que j’essaie, je ne suis pas drôle ou alors je trébuche. On l’a en soi ou pas.
En attendant, tu montes vite, tu nous fais un Go Fast pour le coup, là, non ?
(Rires). Oui, c’était plutôt Gros Fast. J’ai revu le film dernièrement et je me suis aperçu que j’avais une bonne dizaine de kilos en trop. Sans que personne ne me le fasse remarquer.
Fais-tu attention aux critiques ?
Bien sûr, ça m’affecte toujours un peu. Avant je n’en dormais pas de la nuit. Maintenant, avec un petit verre de vin, ça passe.
Tu préfères une bonne critique dans le Figaro ou une mauvaise dans Marianne ?
Ah la vache ! Je prends la bonne dans le Figaro, je ne vais pas m’emmerder.
Tu fais quoi dans une heure ?
Je répète.
Tu accepterais que La Gazette devienne ton amie sur Facebook ?
Et comment ! Je suis pro-Besac.
Tu n’en as pas marre de mes questions à la con ?
Oh écoute, quand je peux faire plaisir…



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