Joël Mekhantar : « La région augmente les impôts mais n’investit pas »
24/02/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 191 | Par Arnaud Bousquet
Best of. Les meilleurs moments du Rendez-vous politique de France Bleu Bourgogne sont dans la Gazette chaque semaine. Lundi, à 18 h 45, Arnaud Bousquet recevait Joël Mekhantar, chef de file de la liste Bourgogne citoyenne pour les régionales du 14 mars.

ARNAUD BOUSQUET : Vous avez été le dernier à déposer vos listes en préfecture, moins d’une heure avant la limite. C’est pour vous faire remarquer, un petit coup de pub, ou vous avez vraiment peiné, jusqu’au dernier moment, pour constituer vos listes ?
JOËL MEKHANTAR : Mieux vaut tard que jamais. Nous avons attendu jusqu’à la dernière minute, pensant que nous pourrions réunir l’ensemble de la gauche au 1er tour. Mais il a fallu, au tout dernier moment, retrouver des candidats parce que certains étaient partis, remettre l’ensemble de la machine en marche et on ne nous a pas facilité la tâche…
Votre liste s’appelle Pour la Bourgogne citoyenne. Vous êtes vous-même estampillé Divers gauche / ex-MRC. Le MRC, c’est le Mouvement républicain citoyen présidé par Jean-Pierre Chevènement. Alors c’est quoi, un ex-MRC ?
C’est toujours un chevènementiste du point de vue des idées. Je suis à gauche, sur les valeurs de la République. Notre liste est finalement une quintessence de ce que j’ai défendu depuis toujours au MRC et je reste très respectueux de ce que fait Jean-Pierre Chevènement dans l’action politique en France.
En 2004, le MRC avait déjà présenté des listes en Bourgogne et avait obtenu 2,58 % des voix, c’est-à-dire entre Lutte Ouvrière / LCR et le MNR de Bruno Mégret. Vous visez le même score ? Ça serait déjà une satisfaction, 2,5 % ?
Nous, on est sur une base de plus de 10 % ! 2,5 c’était le score d’une liste d’initiative citoyenne, soutenue à l’époque par le seul MRC. Cette fois, prenons la Nièvre par exemple : la tête de liste est président du Parti radical de gauche. La seconde de liste a fait 11% à Nevers en venant, à l’époque, du MoDem. Elle a aujourd’hui pris ses distances avec ce parti. Nous avons aussi des socialistes, des MRC, des gens de la société civile, tous les syndicats sont présents… Voilà des gens qui ne se laissent pas embarrasser par leur appartenance partisane pour construire quelque chose sur les valeurs de la République. Si on prend la liste de François Patriat, c’est essentiellement une liste socialiste qui a eu du mal, d’ailleurs, à rassembler tous les socialistes ! Regardez ce qu’il reste de la majorité de François Patriat, qui se dit rassembleur ! Toutes les listes partent sur une logique partisane. Nous, nous avons voulu rassembler la gauche dès le premier tour avec différentes sensibilités sur les valeurs de la République.
Une petite parenthèse financière. Combien coûte une campagne électorale régionale ? À combien cela vous revient-il personnellement et dans quelle mesure pouvez-vous être remboursé ?
Les candidats à cette élection ne partent pas dans les mêmes conditions. Il se dit qu’une campagne électorale dans les deux grandes listes coûte autour de 400 000 €. Dans un parti moins important, c’est 150 000 €. En ce qui nous concerne, la campagne officielle avec l’impression des bulletins de vote, des circulaires électorales et des affiches pour les panneaux, s’établit entre 35 000 € et
50 000 €. Dans notre liste, ce sont les colistiers qui s’engagent personnellement. Moi, je mets 30 000 €. On sera remboursés sur la campagne officielle si on dépasse les 5%.
Défendre les valeurs de la République et travailler dans l’intérêt général, c’est votre double ligne directrice. Alors expliquez-moi quelles valeurs de la République sont en danger, ou du moins pas assez défendues avec François Patriat à la tête de la région ?
Moi, je vais partir d’un constat. Aujourd’hui, il y a 92 000 chômeurs en Bourgogne avec un accroissement de 20 % en un an. Et
30 000 arrivent en fin de droits…
Et c’est la faute de François Patriat et de sa majorité ?
François Patriat n’est pas responsable de l’intégralité du chômage. En revanche, ce qui est certain, c’est que cette région est proche de la tête en ce qui concerne les augmentations d’impôts. Or, on doit être la deuxième ou la troisième en partant de la fin pour l’investissement. On augmente les impôts mais on n’investit pas. Prenons par exemple une gestion comme celle qui se fait à Dijon, et je suis très fier de faire partie de cette majorité : François Rebsamen lance une politique de travaux, d’investissement et donne donc du travail aux Dijonnais. On arrive à pallier les difficultés des entreprises. François Patriat ne le fait pas assez. Nous, on s’engage sur un programme d’investissements qui sera au minimum de 150 € par an et par habitant .
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