Madjid Bougherra : « Des progrès à faire »
24/02/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 191 | Par Alexis Billebault
Analyse. À trois mois de la Coupe du Monde, le défenseur dijonnais de l’Algérie et des Glasgow Rangers revient sur la CAN et évoque le rendez-vous sud-africain.


LA GAZETTE : l’Algérie a terminé à la quatrième place de la CAN en Angola. Mais votre parcours n’a pas été très régulier. Il y a eu un peu de tout…
MADJID BOUGHERRA : Oui, on peut résumer notre compétition ainsi. Au premier tour, face au Malawi (0-3) en match d’ouverture, nous n’avons pas joué. Il faisait une chaleur étouffante, et physiquement, rien ne répondait. Contre le Mali (1-0), on a montré un autre visage. Cela n’avait rien à voir. Et face à l’Angola (0-0), il fallait tenir un résultat, ce que nous avons réussi à faire…
Il a beaucoup été question de l’attitude des deux équipes, qui ont donné l’impression de s’être arrangées sur le dos du Mali…
Non, on ne peut pas dire ça. C’était un match fermé, mais il y a eu des occasions. Lors des vingt dernières minutes, je suis d’accord pour dire qu’il ne s’est rien passé. Mais avant, nous avions eu quelques occasions. Et puis, il ne fallait pas prendre trop de risques à partir du moment où nous connaissions le résultat du Mali face au Malawi.
Lors du premier tour, une partie de la presse algérienne s’est montrée très dure à l’égard de la sélection. Comment avez-vous vécu ces critiques ?
Moi, j’accepte les critiques. Le problème, c’est qu’elles étaient faites pour déstabiliser le groupe et notre sélectionneur (ndlr : Rabah Sâadane). Et certains journalistes algériens avaient tendance à oublier que nous sommes une équipe jeune, qui disputait son premier grand tournoi. Une partie de la presse s’est montrée très dure après la défaite face au Malawi. C’était la même qui nous encensait après la qualification pour la Coupe du Monde en novembre face à l’Égypte.
Le quart de finale contre la Côte d’Ivoire (3-2) peut-il être considéré comme un match référence ?
Oui, car nous avons produit du jeu, et même quand nous étions menés, le groupe a trouvé les ressources physiques et mentales pour aller chercher la qualification.
Comment expliquez-vous le naufrage face à l’Égypte (0-4) en demi-finale ?
L’Égypte est une très bonne équipe, et son collectif est meilleur que le nôtre. Mais ce jour-là, nous avions deux adversaires : les Égyptiens et l’arbitre (ndlr : le Béninois Koffi Codjia). Et on ne peut pas jouer contre deux adversaires. Il expulse trois joueurs algériens, siffle un penalty douteux, et il a multiplié les erreurs. C’était mission impossible. L’arbitre a tout faussé.
Oui, mais l’expulsion de Belhadj, qui a complètement pété les plombs, prouve que certains joueurs ont du mal à maîtriser leurs nerfs…
C’était une accumulation de choses, et cela l’a rendu nerveux.
Vous pensez comme certains de vos compatriotes qu’on vous a fait payer l’élimination de l’Égypte de la Coupe du Monde ?
Moi, j’ai ressenti cet arbitrage comme une punition. Je n’avais jamais vu un tel arbitre. Ce comportement n’était pas normal. Dans une compétition comme la CAN, ce n’est pas normal.
La Coupe du Monde débute dans un peu plus de trois mois. L’Algérie sera-t-elle prête ?
Il y a des progrès à faire. On doit parvenir à rester calmes, à mieux se réorganiser quand nous sommes menés. Cette CAN nous a apporté pas mal d’expérience. Il nous reste des stages et aussi quelques matches amicaux pour améliorer certaines choses avant la Coupe du Monde. Nous sommes tombés dans un groupe certes difficile, où l’Angleterre semble au-dessus du lot, mais je pense que nous avons nos chances face à la Slovénie et aux États-Unis, même si cette dernière équipe a l’habitude de jouer la Coupe du Monde .
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