Edouard Ferrand : « Régler nos comptes avec la droite »
03/03/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 192 | Par Alexis Billebault
Offensif. Le Front national, qui espère dépasser les 10 % et donc atteindre le second tour des régionales, a fait de François Sauvadet sa cible préférée. Edouard Ferrand, la tête de liste frontiste, ne se gêne pas pour le dire.

LA GAZETTE : Edouard Ferrand, vous clamez partout que le Front national sera au second tour. Pourquoi manifester une telle assurance ?
EDOUARD FERRAND : Je n’imagine pas un seul instant que nous ne soyons pas au second tour. Les sondages sont bons, les électeurs du FN mobilisés, nous n’avons plus de concurrents comme le MNR, le MPF, les chasseurs de CNPT ou le Parti de la France, et nous pensons occuper huit sièges au soir du 21 mars (ndlr : contre six actuellement).Grâce au scrutin à la proportionnelle, un parti comme le FN peut encore espérer avoir des élus. Voilà pourquoi ces élections régionales sont importantes pour nous.
Donc, si on vous demande quelles seraient les consignes de vote le 14 mars au soir…
Ce n’est pas envisageable…
En tout cas, vous n’avez pas perdu de temps à entrer en campagne. Pourquoi une telle précocité ?
Quand François Sauvadet ou François Patriat inaugurent quelque chose, les médias sont là. Je peux comprendre que ces deux candidats soient entrés assez tardivement dans la campagne. Nous, nous avons un travail d’explication plus long à faire. Voilà pourquoi nous avons commencé plus tôt que les autres.
Puisque vous semblez à l’aise dans l’exercice des pronostics, quel verdict envisagez-vous pour ce scrutin ?
François Patriat va être réélu facilement. Cela ne m’enchante pas, car entre lui et François Sauvadet, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Nous allons assister également à l’explosion de l’UMP.
C’est marrant, mais on jurerait que vous n’appréciez guère François Sauvadet…
Pour moi, il incarne la trahison. En 2004, il avait soutenu une liste contre Jean-Pierre Soisson, favorisant l’élection de Patriat. Il a pris le conseil général par des moyens très particuliers, il a trahi François Bayrou en 2007 et beaucoup d’électeurs de l’UMP ne se reconnaissent pas en lui. Il n’a pas d’arguments, et sa seule ambition est de devenir ministre. Il passe d’ailleurs une partie de son temps à dire qu’il sera bientôt ministre. Et je peux vous affirmer que beaucoup d’électeurs de droite, qui se sentent trahis par Nicolas Sarkozy et ses promesses non tenues depuis le printemps 2007 n’ont pas envie d’être cocus deux fois.
Vous dites cela parce que Sarko avait siphonné l’électorat du Front national en 2007 ?
Il a essayé de nous refaire le coup avec son débat sur l’identité nationale – avec le résultat que l’on sait – mais ça ne marchera pas. Personnellement, je ressens les prémices d’avril 2002, quand Jean-Marie Le Pen avait atteint le second tour de l’élection présidentielle. En revanche, je crains que le taux d’abstention soit élevé. Et l’abstention favorise le maintien au pouvoir des puissants.
Et François Patriat ? On jurerait que vous souhaitez sa réélection…
Lui, je l’appelle « Monsieur Taxes ». Sous son mandat, les impôts ont explosé, les coûts de fonctionnement atteignent des proportions invraisemblables, et il a passé son temps à embaucher du personnel. Et il communique beaucoup pour faire la promotion de son bilan. Mais pendant ce temps, la Bourgogne a perdu une grande partie de son attractivité. Je pense au marché du vin et au tourisme, notamment. Il n’a pas d’ambition pour la région. François Patriat se contente de beaucoup trop peu.
En général, le Front national est prévisible, puisque son fond de commerce reste la sécurité et l’immigration…
Oui, mais nous avons d’autres volets importants dans notre programme. Puisque vous évoquez la sécurité, nous réclamons la création d’une police des transports dans les TER et les bus. Concernant l’immigration, nous réaffirmons notre opposition à la construction de mosquées et à l’édification de minarets, car cela est contraire aux fondements de notre culture. Mais nous avons également des revendications au niveau économique.
Lesquelles ?
Il faut redonner de l’emploi aux Bourguignons. En Bourgogne, toutes les entreprises aidées par la région et qui licencient ou délocalisent malgré tout doivent rendre l’argent. Ces comportements ne sont pas admissibles, et surtout en période de crise. Il faut également aider les entreprises qui souhaitent relocaliser et revenir dans la région. Il faut redonner du dynamisme à la Bourgogne, qui n’est malheureusement plus assez attractive… .
Revenir en haut de page


































Enfin un candidat qui s’occupe des vrais valeurs de la France et qui se soucis sincèrement de la Bourgogne. Indécis jusqu’à présent, dimanche j’irai voter et je voterai pour monsieur E. FERRAND