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Vocation du service public et rôle social de l’autoroute…

03/03/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 192 | Par Arnaud Bousquet

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Best-of. Les meilleurs moments du Rendez-vous politique de France Bleu Bourgogne sont dans la Gazette chaque semaine. Lundi,
à quinze jours du premier tour des régionales, Arnaud Bousquet recevait pour une heure de débat Pierre Bolze (UMP), François Deseille (MoDem), Jean-Michel Dorlet (l’Autre gauche) et Julien Gonzalez (Alliance écologiste indépendante).

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ARNAUD BOUSQUET : Tout le monde est d’accord pour faire part de ses bonnes intentions en matière d’environnement et de développement économique. Concrètement, vous proposez quoi dans le secteur des transports, l’un des champs d’action du conseil régional ?
F. DESEILLE (MoDem) : Il faut regarder l’avenir qui passe notamment par l’étoile ferroviaire à Dijon. Il faut se battre pour que le train Est-Sud se fasse. On n’a pas le droit de le rater. Dijon l’a déjà raté il y a quelques décennies.
La péniche, ça va un temps. Regardez Dijon et Beaune en termes d’attractivité touristique. Beaune bat Dijon parce que l’A6 s’arrête à Beaune.
J. GONZALEZ (Alliance écologiste indépendante) : Ces projets sont en contradiction avec les prises de position des politiques qui disent qu’il faut réduire les gaz à effet de serre. Or, davantage d’autoroutes, c’est davantage de transport par la route et donc davantage de pollution. C’est pour ça qu’on parle de relocalisation de l’économie ; c’est pour réduire les transports.
Il y a neuf ans, un rapport de la Cour des Comptes montrait que les autoroutes ne sont pas un vecteur de développement économique. Dans l’autoroute Bourges-Troyes, il n’y aura que Bourges et Troyes qui vont en profiter et les campagnes se videront encore plus vite.
P. BOLZE (UMP) : Qu’est-ce qui rend un territoire attractif pour un chef d’entreprise qui veut s’installer et créer des emplois ? Ce sont bien sûr les voies de communication. La LGV est fondamentale pour le développement de la Bourgogne.
L’aéroport de Dijon-Bourgogne, il n’est pas question d’en faire un aéroport – charters – international pour le tourisme mais au contraire un aéroport d’affaires. Le canal à grands gabarits, pour le passage des grands ports de la mer du Nord à la Méditerranée, si on ne le réalise pas en Bourgogne, il se fera ailleurs. Et c’est toute l’économie nationale qui en pâtira.
J.M. DORLET (l’Autre gauche) : Il faut vérifier l’utilité sociale et écologique de plusieurs grands projets. Par exemple la branche sud de la LGV, la Ligne à grande vitesse. On peut dire ça aussi du projet Renaissance. L’extension de l’aéroport à Dijon ne se justifie absolument pas ni sur le plan économique, ni écologique.
Il faut avoir ce débat avec les habitants de l’agglomération sur la nécessité ou pas d’avoir un aéroport, alors qu’on a Dole-Tavaux à côté et qu’il existe des liaisons ferroviaires qui permettent de rejoindre les aéroports extrêmement rapidement. Le coût social et écologique est trop fort.

Qu’est-ce que vous pouvez proposer de façon crédible aux Bourguignons en matière de sauvegarde des services publics ?
J.M. DORLET (l’Autre gauche) : Le service public n’a pas vocation à la rentabilité mais plutôt à répondre à des missions importantes. Un exemple qui intéresse la région : la formation professionnelle. Pour nous, l’éducation et la formation professionnelle doivent sortir de la logique de concurrence. Donc c’est pourquoi il faut un service public qui s’appuie sur des opérateurs publics face aux nécessités de former.
Il faut reconfier cette mission-là au GRETA ou à l’université. Là-dessus, nous sommes par exemple en total désaccord avec l’application des normes européennes. Il faudra sortir des marchés publics pour être efficaces en la matière.
F. DESEILLE (MoDem) : On assiste avec le gouvernement à une casse véritable du service public de proximité. Nous, on veut garder une ruralité en Bourgogne et donc on se bat pour le maintien des bureaux de Poste et des hôpitaux… La région doit donc dialoguer et fortement influer sur le gouvernement et travailler pour garder ces services publics. Je rencontre souvent des personnes âgées venues du monde rural finir leurs jours dans l’agglomération dijonnaise à cause de problèmes de soins dans leur commune.
J. GONZALEZ (Alliance Ecologiste Indépendante) : Là-dessus, au moins, on est d’accord. Nous sommes bien sûr pour la sauvegarde du service public dans nos campagnes. Les fermetures des postes mais aussi des commerces de proximité font mourir les villages bourguignons.
P. BOLZE (UMP) : Ce débat est surnaturel. Qu’est-ce qu’on va faire pour maintenir les services publics ? Ça n’est pas faire pression sur les uns ou sur les autres. Nous sommes candidats à une élection et donc avec le pouvoir d’agir.
Nous, nous proposons que dans les cœurs de village et cœurs de territoire, nous ayons un volet services publics locaux. Que lorsque l’on restaure un bâtiment dans une commune, on y installe une mutualisation des services publics locaux. Voilà des mesures qui permettront à la région de maintenir un service à la population au plus près de nos territoires.

Garantir l’emploi en Bourgogne : comment y arriver et d’abord, est-ce vraiment le boulot de la région ?
J. GONZALEZ (Alliance écologiste indépendante) : Ce débat me laisse rêveur. Tous les gros partis politiques se sont succédé au pouvoir depuis trente ans et le nombre de chômeurs est passé de 30 000 à 4 millions ! Pour nous, une politique écologique, c’est une politique de plein emploi.
Donc, il n’y a aucun problème à concilier écologie et économie. Il faut par exemple relocaliser l’économie en Bourgogne avec des circuits courts qui permettent aux producteurs de vendre directement aux consommateurs, ce qui serait générateur d’emplois. Nous voulons aussi la création d’une caisse régionale d’épargne solidaire.
Les Bourguignons y placeront leur argent et cette banque accordera des prêts à des porteurs de projets créateurs, des projets respectueux de l’environnement.
Il faut donc aider les micro-entreprises et, par ailleurs, préparer le passage de l’énergie nucléaire aux énergies renouvelables pour les actuels salariés du pôle nucléaire bourguignon.
P. BOLZE (UMP) : Bien sûr que la région a son rôle à jouer dans l’attractivité du territoire pour l’implantation des entreprises.
On sait par exemple que pratiquement 50% des entreprises qui ont une mise initiale inférieure à 8 millions d’euros ne dépassent pas les cinq ans. Notre rôle est certainement de permettre à ces structures TPE et PME de pouvoir pérenniser leurs activités en Bourgogne. Nous envisageons donc par exemple de créer un fonds d’intervention d’investissement de proximité à destination du tissu de TPE et PME de la région.
C’est un soutien également à la filière agricole pour la mise aux normes des bâtiments, des installations et la mise en place de filières courtes de commercialisation.
J.M. DORLET (l’Autre gauche) : Nous voulons aussi mettre en place un fonds régional pour l’emploi, mais notre mode d’intervention diffère largement ! Je prends l’exemple de l’implantation, en ce moment, d’un centre d’appels prévu à la place d’AMORA à Dijon. Là, on a un surinvestissement public sans contrepartie efficace parce que nous ne voulons pas des emplois précaires avec une réalité de stress des salariés. Il faut donc des conditions quant au nombre, les conditions de travail et la qualité des emplois créés. Par ailleurs, beaucoup de précaires arrivent dans la région, notamment des fins de droits. La région doit donc intensifier les programmes de formation professionnelle et revaloriser fortement la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle qui n’a pas augmenté depuis des lustres.
F. DESEILLE (MoDem) : Sur le centre d’appels, quand on a une entreprise qui s’apprête à mettre six cents emplois sur Dijon, on se bat !
On était en concurrence avec d’autres villes comme Lille et il fallait donc être attractif. Six cents emplois, on ne peut pas mettre une croix dessus. Au niveau régional, nous avons un programme tourné vers le développement économique et l’aide aux entreprises. Aidons les TPE/PME, les artisans.
Les entreprises de moins de dix salariés représentent 80% des emplois en Bourgogne. Jusqu’à présent, la région ne les a pas assez aidées. Il manque par exemple 1 000 chaudronniers en Bourgogne : il faut donc caler les formations avec la demande et les emplois locaux. Là-dessus, je suis d’accord avec Pierre Bolze .



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