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François Patriat : « Le premier tour ne sera pas simple »

10/03/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 193 | Par Alexis Billebault

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Bis repetita. Six ans après son élection à la tête de la région Bourgogne, François Patriat remet son mandat en jeu (14 et 21 mars). Avec, selon les sondages, des chances évidentes d’en reprendre pour quatre ans, même s’il reste méfiant…

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LA GAZETTE : Le magazine L’Expansion du 24 février dernier a classé la Bourgogne comme la région la mieux gérée de France. C’est plutôt un bon argument de campagne, d’autant plus que ce journal n’est pas un repère de dangereux gauchistes…
FRANÇOIS PATRIAT : Elle est passée de la dix-huitième place en 2004 à la première aujourd’hui. Cela prouve que la région a été bien gérée, que les choix budgétaires ont été judicieux. Oui, j’aurais pu dépenser sans compter, mais nous avons fait attention à ne pas dilapider l’argent. La région a dépensé 60 % des crédits alloués aux compétences obligatoires et 40 % aux compétences optionnelles. On a favorisé le pouvoir d’achat, les prêts à taux zéro, la construction de nouveaux logements, l’environnement, etc. J’ai tenu tous les engagements pris en 2004.
Vous avez souvent dit que votre bilan était votre programme. Est-ce toujours le cas ?
Je pense que les gens ont une image positive de la région et de sa gestion. Et cela donne de la crédibilité. Aujourd’hui, quand je vais dans des réunions publiques, je demande aux gens de me poser des questions. Et contrairement à François Sauvadet, je n’ai pas besoin d’envoyer des invitations ou des mails de relance pour faire venir du monde aux réunions publiques. À Vitteaux, le fief de François Sauvadet, plus de cinquante personnes étaient là, sans que j’aie eu besoin de leur envoyer une invitation.
Pourtant, de manière générale, la campagne n’a pas vraiment mobilisé les foules. Redoutez-vous un taux d’abstention élevé ?
Dans cette période de crise, ce n’est pas évident d’inciter surtout les plus jeunes à aller voter, et l’enjeu des régionales échappe à pas mal de monde. Je ne présage de rien, sauf si l’enjeu national l’emporte, incitant des électeurs à envoyer un signal fort au gouvernement.
Dans les réunions publiques, êtes-vous souvent interpellé sur la question de la fiscalité, régulièrement soulevée par François Sauvadet, qui clame haut et fort que les impôts ont explosé ?
Mais non ! Déjà, je n’attaque jamais François Sauvadet, car je n’ai pas à porter un jugement sur la gestion du département, selon le principe de séparation des pouvoirs entre les collectivités. Et sur la question de la fiscalité, je lui rappelle que nous avons repositionné la Bourgogne dans la moyenne des taux régionaux bourguignons, tout en maîtrisant la dette. Ses arguments ne tiennent pas. J’ai d’ailleurs moins augmenté les impôts que le département…
Et il estime également que la région ne se foule pas au niveau des investissements…
Là encore, c’est faux. Entre 2003 et aujourd’hui, les investissements pour chaque Bourguignon ont plus que doublé ! Les exemples sont nombreux : on pourrait parler des transports, de l’emploi, de la santé, des logements…  Nous avons largement augmenté les moyens d’interventions et d’accompagnement des entreprises, beaucoup d’argent a été investi pour le renouvellement de plusieurs quartiers et donc l’amélioration de la qualité de vie, etc. Certains de mes adversaires me reprochent d’avoir beaucoup dépensé. On a dépensé l’argent que nous avions pour assurer la gratuité des manuels scolaires à tous les lycéens. Le budget des lycées a été multiplié par deux.
Sauf que la crise va sans doute vous obliger à mettre en place une politique moins audacieuse que celle que vous décrivez…
L’audace est à la hauteur des moyens dont on dispose. Nous ferons avec ce que nous aurons. Je rappelle à François Sauvadet qu’il a voté la réforme de la taxe professionnelle et celle de la réforme des collectivités territoriales. Les dotations de l’État vont diminuer, mais les charges transférées aux collectivités, elles, vont augmenter. Alors, il faudra trouver d’autres ressources, sachant qu’il n’y aura pas d’augmentation des impôts. Il faudra peut-être réduire certaines dépenses, mais on va continuer à faire beaucoup pour l’économie, l’environnement, etc.
Et réduire l’embauche de personnel ? Car c’est aussi un des autres reproches que vous adresse François Sauvadet, qui n’est d’ailleurs pas le seul…
Si nous avons embauché du personnel, c’est surtout pour maintenir les activités de certains services publics, que le gouvernement veut sacrifier.
Êtes-vous toujours hostile au grand canal ?
Bien sûr. C’est une hérésie écologique et un gouffre financier. Je ne veux pas du grand canal. Tous ceux qui défendaient ce projet ont abandonné l’idée, sauf François Sauvadet. Moi, je veux défendre les canaux de Bourgogne. 80 % des Bourguignons habitent à moins de vingt kilomètres d’un canal.
Par contre, le WI MAX, vous êtes pour…
Oui. François Sauvadet n’a de cesse de le critiquer, mais je rappelle que le conseil général a dépensé un million d’euros pour un bouquet technologique qui n’existe pas…
Vous avez renouvelé votre liste à 60 %. Était-ce nécessaire ?
Oui, cela s’imposait. Les fédérations voulaient changer et rajeunir les listes.  Ceux qui ont quitté mon équipe ont beaucoup et bien travaillé. Cela a forcément été douloureux. Ils sont partis sans se plaindre…
Ils n’avaient peut-être pas le choix…
Mais ils auraient pu faire du foin en public ou en privé, et cela n’a pas été le cas. On a fait des listes de vraie mixité.
Et les Verts ? Entre eux et vous, ce n’est pas l’entente cordiale…
Pourquoi dites-vous cela ?
Ils n’ont pas voté le budget primitif, ils sont en désaccord complet sur la question du pôle nucléaire. Vous ne trouvez pas que c’est un peu tendu ?
Oui, mais à 70 %, ils sont d’accord avec mon bilan. Nous avons travaillé ensemble, et des avancées ont été faites. Je sais qu’ils auraient aimé que je fasse plus pour l’environnement et moins pour la voiture.
N’empêche qu’il y a deux listes écolos, dont une, celle de Génération écologie, a les capacités de dépasser les 10 %…
Je n’ai pas d’inquiétude à ce sujet. Au second tour, les écolos viendront avec moi.
Sur votre liste, il y a des communistes, mais pas ceux du MUP de Robert Hue, qui sont tout un brin plus progressistes que ceux de la place du Colonel-Fabien…
Le PC ne voulait pas du MUP sur notre liste. Il y a eu des accords de partis, que je respecte.
On raconte que la communiste dijonnaise Isabelle de Almeida ne figure pas sur votre liste à la demande expresse de François Rebsamen…
Elle avait beaucoup critiqué François Rebsamen lors de la campagne pour les municipales en 2008. Après, je vous le répète, ce sont des accords de partis.
Et le MoDem ? François Sauvadet est persuadé que certains de ses électeurs se tourneront vers lui au second tour…
Je n’en suis pas si certain. Et puis, le MoDem est protéiforme. Les sondages sont favorables et on estime que je serai réélu, mais le premier tour ne sera pas simple. J’espère qu’il y aura une grande mobilisation. Je vous rappelle que la Bourgogne est à droite à 55 %. Je pense que François Sauvadet arrivera en tête au soir du premier tour, avec entre 33 et 35 % des suffrages. Par contre, il semble qu’il n’aura pas beaucoup d’autres voix que celles de la droite au second tour. En tout cas, pas celles du FN, qui à mon avis n’atteindra pas les 10 % le 14 mars. Ce parti est divisé et a beaucoup perdu depuis que Pierre Jaboulet-Vercherre n’en est plus le leader en Bourgogne.
En plus de l’abstention, envisagez-vous une tentation du vote extrême, à droite comme à gauche ?
Il n’est pas impossible que le découragement populaire conduise certains électeurs à se tourner vers les partis extrêmes. Mais on le mesurera au soir du 14 mars…



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Un commentaire sur “François Patriat : « Le premier tour ne sera pas simple »”

  1. par mmorpgeek

    Le fait que Monsieur Patriat soit favorable au wii max alors que tous les opérateurs ( y compris Free) admettent que c’est un échec prouvent une fois de plus que nos politiques ne font rien pour réduire la fracture numérique qui est en train de s’opérer entre les grandes villes et le secteur rural..

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