Histoire

Dijon dans la guerre de 1870

21/04/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 199 | Par Roald Billebault

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Je viens donner à la France ce qu’il reste de moi

Bataille. Le conflit franco-allemand de 1870 n’a pas épargné Dijon, bien au contraire

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EN JUILLET 1870, rien ne va plus entre la Prusse de Guillaume 1er et la France de Napoléon III. Dents longues et casque à pointe, le futur chancelier Bismarck aurait bien besoin d’une petite guerre pour parachever l’unification allemande qu’il a entamée six ans plus tôt. Son ennemi est tout trouvé : ce sera la France de « Badinguet ». La discorde, qu’il orchestre savamment et habilement entre les deux Etats depuis des années, va finir par porter ses fruits le 19 juillet avec le fameux épisode de la «Dépêche d’Ems», qui conduit NapoléonIII, vexé comme un pou, à déclarer la guerre à son voisin. Les deux Etats sont alors précipités dans un conflit qui mènera à une cuisante défaite française et, comme chacun sait, à la perte de l’Alsace et de la Lorraine. Les premières échauffourées ont lieu dès le 2 août à la frontière de la Sarre. La défaite de Metz mi-août marque le début de la fin pour une armée française désorganisée, sous-équipée, et commandée par des généraux aussi talentueux que MPokora est bon chanteur. C’est pour dire. Le 1er septembre, soit à peine un mois et demi après le début des hostilités, Napoléon III, qui n’a pas hérité de la maîtrise militaire de son oncle, est encerclé à Sedan et fait prisonnier dans la foulée. Les Allemands envahissent l’Est du pays et font route vers Paris, qui est assiégée le 19 septembre. La chute de l’empire est proclamée, il faut résister à tout prix, jusqu’au dernier s’il le faut. C’est dans ce contexte que se dérouleront, ce que l’on appelle aujourd’hui les deux batailles de Dijon.
Les Allemands, que rien ni personne ne semblent pouvoir arrêter, sont à l’approche de Dijon le 27 octobre. Le général Fauconnet décide de laisser la ville en proie à l’ennemi et de replier à Beaune les restes de l’armée de Côte-d’Or. Une décision qui n’est pas du goût de tout le monde et surtout pas de celui de la population, qui exige le retour des troupes. Fauconnet se ravise, mais l’avant-garde allemande est aux portes de la ville. La population dijonnaise, déterminée à en découdre, résiste bec et ongles tout au long de la journée du 30 octobre. On se bat, on résiste avec rage sur les hauteurs de Montmuzard et dans les faubourgs Est de la ville. Rue Jeannin (entre les numéros 36 et 58), une barricade est dressée pour stopper l’assaillant (notre image). La fusillade dure cinq heures. L’ennemi y laissera des plumes, 60 âmes rien que devant cet héroïque retranchement, 1600 sur l’ensemble de la journée. Au coucher du soleil, malgré toute leur détermination, les Dijonnais capitulent. Ce glorieux épisode donnera à Dijon une Légion d’honneur en 1899, et une place (du 30-Octobre évidemment) en 1880.
Mais la guerre de 70 ne s’arrête pas là pour la capitale bourguignonne. Giuseppe Garibaldi, héros de l’indépendance italienne et futur député de Côte-d’Or, est prié par le gouvernement provisoire de venir au secours du pays. Accompagné de ses deux fistons, le vieux baroudeur – sérieusement amoindri – débarque à Marseille fin septembre. « Je viens donner à la France ce qu’il reste de moi », déclare-t-il en posant le pied sur le port de la cité phocéenne. Garibaldi organise l’armée des Vosges pour enquiquiner l’ennemi dans son inéluctable progression. Une guerre de harcèlement qui donne quelques belles victoires, comme à Châtillon-sur-Seine le 19 novembre. Une semaine plus tard, le 26, il tente, sans succès, de reprendre la ville à un occupant décidément beaucoup trop fort. Pour des raisons tactiques, c’est l’armée Allemande qui abandonne Dijon fin décembre. Garibaldi y installe ses troupes – des volontaires italiens pour l’essentiel – dès le 7 janvier 1871. La seconde bataille de Dijon se déroule entre le 21 et le 23 janvier dans le brouillard et sous la neige. Pendant trois jours, les Garibaldiens, transis, défendent furieusement la ville contre les attaques incessantes des forces prussiennes. On meurt à Hauteville, Daix, Talant et Fontaine-lès-Dijon qui restent malgré tout entre les mains du défenseur. Les Allemands s’emparent du Château de Pouilly et convergent le 23 vers l’ancienne route royale, théâtre d’un événement qui restera dans les annales de la ville.
Un drapeau prussien, celui du 61e régiment, est pris par les hommes du rejeton Garibaldi, Ricotti. Les Allemands n’arriveront pas à récupérer le trophée malgré tous leurs efforts. L’avenue du Drapeau est née. Avec, pour unique souvenir de cette prise symbolique, une stèle, qui aujourd’hui ne retient plus guère l’attention des passants. Le 28 janvier, la France est exsangue. Le gouvernement provisoire ratifie l’armistice. Dijon, une nouvelle fois occupée, recouvre sa liberté à l’issue du douloureux traité de Francfort. Quarante-trois ans plus tard, le 3 août 1914, les deux nations, haineuses l’une envers l’autre, s’affronteront de nouveau.



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2 commentaires sur “Dijon dans la guerre de 1870”

  1. par immobilier marrakech

    merci pour ce partage

  2. par khabaz alexandre

    J’apprécie beaucoup l’histoire de ma ville natale et en particulier par votre journal que me fait parvenir ma tite maman chérie… J’en apprends un peu plus à chaque fois; vos articles sont forts interressants, je les dévore avec plaisir et maintenant sur internet.Bravo Mesdames et Messieurs les journalistes; continuez !

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