Patriat préfère DSK
28/04/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 200 | Par Alexis Billebault
Choix. 2012, c’est déjà demain. Et François Patriat, sénateur et président du conseil régional, explique pourquoi il soutiendra Dominique Strauss-Kahn lors de la prochaine élection présidentielle. À condition que le directeur général du FMI soit candidat…


ARNAUD BOUSQUET : François Patriat, la désignation du candidat socialiste pour 2012 passera sans doute par des primaires. Êtes-vous convaincu par ce système ?
FRANÇOIS PATRIAT : Je suis en fait très réservé. Les primaires sont saines et efficaces quand il s’agit de séparer deux candidats qui ont chacun un programme. Ce serait même un constat d’échec, qui signifierait que nous n’avons pas un candidat porteur d’un leadership naturel. Celles qui sont annoncées visent à mettre sur la même ligne des candidats dont certains peuvent difficilement prétendre à devenir président de la République. Il y a selon moi quatre responsables socialistes qui ont la carrure et la compétence pour le devenir.
Et qui sont les heureux élus ?
D’abord, ce qu’il faut au Parti socialiste, c’est un leader puis un programme. Cela s’était passé de cette façon avec François Mitterrand en 1981, qui avait fait le programme commun, Jacques Chirac en 1995 et Nicolas Sarkozy il y a trois ans. Or, si on décide d’imposer des primaires, c’est qu’il n’y a pas de leader. Personnellement, je vois quatre personnes capables d’accéder à la plus haute fonction : Martine Aubry, François Hollande, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn.
Pas Ségolène Royal ?
Non. Elle n’est pas en situation.
Ni Pierre Moscovici, que vous appréciez pourtant ?
Je pense qu’il est un peu tôt pour lui. C’est un candidat pour l’avenir, pour 2017. Il a beaucoup de qualités et de compétences.
On sait que parmi les quatre candidats que vous avez cités, Martine Aubry n’a pas forcément votre préférence… Pourtant, en 1981 et 1995, le premier secrétaire fut le candidat naturel du PS…
Martine Aubry a des qualités, des militants l’apprécient, mais elle va avoir quelques obstacles à surmonter. Elle est un peu cassante, son relationnel ne plaît pas à tout le monde et elle a l’image de la dame des trente-cinq heures. Laurent Fabius a lui les compétences et les qualités. Il a été premier Ministre, plusieurs fois ministre et président de l’Assemblée nationale.
Sauf que Fabius n’incarne pas vraiment le renouveau… Et François Hollande, lui, n’a jamais été ministre. Est-ce un handicap ?
Je ne pense pas. En 2007, il avait envie de se présenter, mais il n’était pas assez habité par cette ambition. Hollande est sans doute le plus brillant de tous, après DSK. Il a la carrure pour être président, il a compris qu’il lui fallait mener un travail de réflexion et il doit mieux se faire connaître des Français. C’est en plus un homme qui a beaucoup d’humour.
Dominique Strauss-Kahn est votre favori. Sauf qu’il ne s’est pas déclaré et qu’il n’a pas les mains dans le cambouis de la politique française, puisqu’il est au FMI, à Washington…
En 2007, je l’avais déjà soutenu. Il est exact qu’il n’a pas annoncé son intention d’être candidat aux primaires. À mon avis, il ne bougera pas avant le mois de novembre prochain. Il est à l’heure actuelle le chouchou des sondages, mais dans les prochains mois, il va suivre l’évolution politique, réfléchir à certaines solutions et essayer de devenir incontournable.
Donc, selon vous, être à Washington n’aurait que des avantages ?
Au FMI, Dominique Strauss-Kahn effectue un travail remarquable unanimement reconnu. C’est un réformateur, qui saura, s’il est candidat, ne pas mentir aux Français. Il est pédagogue et efficace. Il prouve qu’il a la stature d’un responsable économique international, qu’il pèse sur le débat. S’il est candidat à l’élection présidentielle, il aura la capacité de rassembler. Et qu’il soit à Washington lui évite de prendre des coups, puisqu’il n’intervient pas dans le débat national.
Faciliter la nomination de DSK au FMI, était-ce pour Nicolas Sarkozy un moyen d’éloigner un rival potentiel ?
Il a d’abord appuyé DSK parce qu’il le savait compétent. Mais il y a sans doute une part de machiavélisme.
Selon vous, à quelle date serait-il préférable de connaître le nom du candidat socialiste ?
Avant l’été 2011.
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D’accord avec l’analyse sauf pour Hollande qui ne me donne pas du tout l’impression d’être brillantissime. Au contraire pour moi il représente l’arrivisme incarné, la « magouille » et le renoncement face à la mondialisation. Son choix pour le TCE illustre ses erreurs fondamentales d’analyse, erreurs que l’évolution de la situation ces dernières années a largement illustrées. Par ailleurs le noyautage du PS pour essayer de se faire choisir comme candidat à la présidence a été insupportable.
Hollande un premier couteau pour la magouille, le travail souterrain, un second couteau pour la classe et l’envergure.
C’est bien fanfan^^ Mais pourquoi ne pas avoir soutenu le FMI avant les régionales? Peut-être as-tu eu raison, 15% des inscrits c’est déjà pas lourd alors avec les « assassins financiers » du FMI…
Merci à l’avenir de te contenter de parler en ton nom ou en celui d’ »élu de terrain » comme Tenenbaum ou de « militant de terrain » comme ton attaché parlementaire, la Bourgogne n’est ni le Languedoc-Roussillon ni Poitou-Charente!
Cet homme n’est rien, il ne représente rien et surtout pas le PS de Côte-d’or.
Qu’il aille se faire voir chez les grecs!!