Yves Jego : « Nous ne diviserons pas notre camp »
26/05/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 204 | Par Alexis Billebault
Visite. Viré du gouvernement en juin 2009, le vice-président du Parti radical et ancien secrétaire d’État chargé de l’Outre-mer sera à Dijon le 3 juin (20 heures, Grande Taverne) pour parler du manifeste valoisien à deux ans de la présidentielle. Presqu’un an après cet épisode, Yves Jégo est toujours sarkozyste…

LA GAZETTE : Sans dévoiler le contenu du manifeste du Parti radical que vous êtes chargé de rédiger, que devrait-on y trouver ?
YVES JEGO : Jean-Louis Borloo, le président du Parti radical m’a en effet demandé d’élaborer le programme de notre parti pour 2012. J’ai donc souhaité venir à la rencontre des Français pour discuter et écouter. Mais aujourd’hui, nous sommes au cœur des vraies problématiques : le débat social, l’écologie ou encore le débat sur la burqa. Il est important pour nous de rappeler certaines valeurs.
Vous êtes donc en train de nous dire que le Parti radical présentera un candidat lors de l’élection présidentielle de 2012 ?
Rien n’est encore décidé. Mais il me semblerait normal que le Parti radical, qui est le plus ancien de France, puisse porter ses valeurs lors d’une élection présidentielle. Cela n’enlève rien à ma fidélité envers Nicolas Sarkozy. Mais je le répète, rien n’est décidé. Et si nous présentons un candidat, ce ne pourra être que Jean-Louis Borloo. Au second tour, notre choix se portera clairement sur Nicolas Sarkozy.
Une candidature de Borloo pourrait surtout permettre à votre parti de rappeler qu’il existe…
Nous portons depuis plus d’un siècle certaines valeurs, et nous avons besoin de nous faire davantage entendre. Une candidature en 2012 pourrait nous le permettre. Mais attention : il y aura une candidature uniquement dans le cadre d’un pacte majoritaire. Nous ne diviserons pas notre camp, mais nous souhaitons juste exprimer notre sensibilité.
Vous n’auriez pas peur d’un 2002 à l’envers ? Lionel Jospin n’avait pas franchi le premier tour, en partie à cause de certaines candidatures de petits partis de gauche…
Non, il n’y a aucun risque. Et le Front national n’est plus au niveau qui était le sien il y a huit ans. De plus, nous étions en période de cohabitation. Nous devons tout faire pour aider Nicolas Sarkozy à être réélu dans deux ans, car il est le meilleur pour mener le combat face aux difficultés actuelles.
Ce n’est pas ce que pensent les Français, si on se donne la peine de lire les sondages…
Il ne faut pas leur accorder trop d’importance. En 1995, Edouard Balladur devait être élu, et c’est Jacques Chirac qui a été choisi.
La Parti radical est un ardent défenseur de la laïcité. N’est-elle actuellement pas en danger ?
Non, je ne le pense pas. La laïcité est un des piliers de notre république. Il faut combattre toutes les formes de prosélytisme religieux, et je suis tout à fait favorable à une loi pour interdire le port de la burqa dans l’espace public. Ce vêtement est également contraire à l’idée que nous nous faisons de la dignité de la femme.
Estimez-vous les politiques capables de réguler la finance mondiale ? Car visiblement, les leçons de la crise de 2008 n’ont pas été retenues…
Le problème est mondial, et il n’y a pas de gouvernement mondial. Mais les libéraux ont perdu. Nous défendons au Parti radical un capitalisme productif. Et je pense que nous allons dans le bons sens. Je suis en phase avec Angela Merkel, qui souhaite une moralisation du capitalisme.
Il y a presque un an, vous avez été prié de quitter le gouvernement. Dans votre livre 15 mois et 5 jours entre faux gentils et vrais méchants (Grasset), vous reprochez à François Fillon de ne pas vous avoir téléphoné. Vous n’avez toujours pas eu de nouvelles de lui, un SMS, une carte postale?
Eh non ! Mais je ne lui en veux pas.
À vous lire, on jurerait le contraire…
J’ai été viré, il n’a pas décroché son téléphone, mais quand on fait de la politique, il faut s’attendre à tout. J’ai digéré cet épisode, j’aurais aimé faire d’autres choses pour l’Outre-Mer et je ne suis surtout pas en situation de me plaindre. Il y a deux façons de faire de la politique : protéger sa carrière, ou agir pour la société. C’est cette seconde voie que j’ai choisie. Et j’aspire à revenir un jour au gouvernement, justement pour faire des choses en faveur de la collectivité.
La Guadeloupe est-elle vraiment aussi indépendantiste que certains veulent bien le faire croire ?
Mais non ! Les indépendantistes sont minoritaires. La Guadeloupe a beau être à des milliers de kilomètres de Paris, c’est une terre française, et ses habitants n’ont pas envie que cela change. La réalité guadeloupéenne est beaucoup moins manichéenne qu’on le croit…
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