Sport

L’Afsud s’initie au hooliganisme

09/06/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 206 | Par Alexis Billebault

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Prévention. Alors que la Coupe du monde va débuter le vendredi 11 juin en Afrique du Sud, des policiers français spécialisés dans la lutte contre le hooliganisme ont séjourné dans ce pays, afin de conseiller les flics locaux sur ce problème.

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L’AFRIQUE DU SUD fait partie des dix pays les plus criminogènes de la planète. Les statistiques de la délinquance locale provoqueraient des poussées d’urticaire à Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux, mais paradoxalement, le pays n’est pas concerné par le hooliganisme. « Dans ce pays, il n’y a pas de hooliganisme comme on l’entend au sens européen », explique le capitaine Sylvain Husak, spécialisé dans la lutte contre la violence des supporters (Point national d’information football à Paris). « Il y a parfois des problèmes, mais surtout après les matches, et rarement aux abords des stades. Les bagarres éclatent dans les bars, où certains supporters viennent s’alcooliser après les rencontres. Mais les fights à l’européenne, ils ne connaissent pas (ndlr : bagarres rapides organisées le plus souvent à l’avance entre « supporters ». Ces fights se déroulent en théorie selon des codes bien précis, comme l’obligation d’avoir un nombre de participants identique de chaque côte, l’interdiction de venir armé et de s’acharner sur un adversaire au sol. Le but est de prendre le dessus, mais pas de blesser son adversaire. Mais les dérives sont de plus en plus fréquentes). « Nous avons assisté à une rencontre entre les Kaizer Chiefs et Santos, deux des meilleurs clubs du pays, et l’ambiance est très festive », poursuit Sylvain Husak. «  On ne se sent pas en danger dans les stades. » Mais la police sud-africaine, que l’ont dit corrompue et mal formée, n’est pas préparée pour repérer des supporters dont le comportement laisse supposer des intentions pas vraiment pacifiques.  « Ce jour-là, les policiers sud-africains ont essayé de détecter les personnes potentiellement dangereuses, en observant les attitudes, certains codes vestimentaires, recueillir certaines informations, afin d’acquérir les bons réflexes. Nous avons seulement observé comment nos homologues sud-africains se comportaient. Mais sur la question du hooliganisme, ils ne viennent pas de se réveiller. Nous ne sommes pas les seuls policiers européens à avoir conseillé la police sud-africaine sur ce point. Elle sait très bien ce qui se passe en Europe, que des équipes comme l’Angleterre, l’Allemagne, l’Argentine ou la Serbie sont suivies par quelques hooligans particulièrement dangereux. Ils n’en font pas une psychose, mais leur volonté est d’être prêts pour la Coupe du monde. »
Protéger tout le monde, y compris les hooligans…
À grand renfort de DVD, les policiers français ont exposé la vie des tribunes européennes, où l’usage des fumigènes est fréquent et les pogos – cette danse virile susceptible de faire dégénérer les choses – très prisés. « Ce sont des choses qu’ils ne connaissent pas non plus. La police sud-africaine semble capable de s’adapter très vite, car ils savent gérer l’ordre public. Cela est préférable, car une police mal formée peut être vite débordée face à des hooligans rôdés aux comportements violents », poursuit Sylvain Husak. En Europe, le hooliganisme n’est pas forcément le même selon que l’on se trouve à l’est ou à l’ouest du vieux continent.  « Les hooligans des pays de l’Est ont tendance à frapper un peu au hasard, alors que ceux de l’Ouest vont chercher à se mesurer à des personnes animées des mêmes intentions. ». Les autorités locales devront également gérer leurs propres délinquants en plus des hooligans venus de l’étranger. « Il leur faudra protéger leurs propres ressortissants contre les hooligans étrangers, mais aussi les visiteurs, y compris les plus violents et qui pourraient être attaqués par des bandes locales », note Sylvain Husak. « On peut aussi supposer que le prix du voyage et du séjour pourrait dissuader certains de faire le déplacement. Et par expérience, on sait que des hooligans optent pour le camping lors des grandes compétitions, par souci d’économie mais aussi de discrétion. Or, pendant la Coupe du monde, ce sera l’hiver austral en Afrique du Sud, et les températures descendent à 2 ou 3 degrés la nuit. Par contre, il va falloir que les supporters sud-africains apprennent à venir plus tôt au stade. Ils ont en effet l’habitude d’acheter leurs billets presque au dernier moment. » Pour la Coupe du monde, cela ne sera pas possible… .



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