Interview

L’interview décalée : François Deseille

30/06/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 209 | Par Alexis Billebault

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Cela fait un an que le MoDem est à la ramasse. Les élections européennes et les régionales sont passées par là, mais François Deseille, son leader en Côte-d’Or garde un moral intact. Interview décalée de celui qui est aussi conseiller municipal à Dijon, vice-président du Grand Dijon et kinésithérapeute.

Deseille-dét

LA GAZETTE : On se tutoie ou on se vouvoie ?
FRANÇOIS DESEILLE : Comme on se tutoie dans l’intimité, on va se vouvoyer…

Oui… mais non ! Laisse tomber, on n’y arrivera pas… Dis, toi qui es de Boulogne-sur-Mer, comme Ribéry, tu sais s’il allait déjà aux putes quand il était plus jeune ?
Je l’ignore… Mais je me souviens l’avoir vu jouer quand il était môme. Il était vraiment fort. Le problème, c’est qu’il jouait trop perso. Ses coéquipiers, ses entraîneurs et même les spectateurs lui reprochaient.

Sa cicatrice sur le visage, c’est vraiment un accident de voiture ? On a entendu tellement de versions différentes…
D’après ce que je sais, oui. Il était à l’arrière de la voiture de son père et il a vu le pare-brise d’un peu trop près sous le choc.

Entre nous, s’il n’était pas devenu footballeur professionnel, tu penses qu’il aurait passé sa vie à tirer des mobylettes dans son quartier ?
Il y a des chances. Il vient vraiment d’un quartier très difficile, très pauvre. À Dijon, il y a des quartiers difficiles, mais ce n’est pas comparable à celui où il a grandi.

Le parcours de l’équipe de France en Afrique du Sud, tu as vécu ça comment ?
Pas très bien. C’est même scandaleux, même si ce n’est « que » du foot. Quand on se rappelle la génération 1998, avec des mecs qui mouillaient le maillot, qui étaient respectueux : Blanc, Thuram, Deschamps, Dugarry, Lizarazu…

Tu penses que Jean-Pierre Escalettes, le président de la FFF, a eu raison de   démissionner ?
Ben, il me semble que l’âge légal de la retraite va être repoussé à 62 ans, non ? Comme il en a plus de 70, je crois que c’était le bon moment.

Ton plantage aux régionales, c’est vrai que ça t’a coûté un max ?
Tu connais le chiffre, mais on ne va pas le révéler ici. Ce n’est pas énorme non plus. Je savais que je prenais un risque, même si je m’attendais à dépasser les 5 % pour être remboursé…

Raté ! C’est vrai que tu vas vendre des carottes sur les marchés avant d’aller à ton cabinet et que le midi, tu t’installes aux feux-rouges pour laver les pare-brises pour gagner de quoi rembourser ta dette ?
Oui ! Et tu ne savais pas que j’avais demandé à mes enfants d’aller cirer des chaussures dans la rue après l’école ? (Rires)

Justement, si un de tes enfants te demandait d’arrêter de faire de la politique, quelle serait ta réaction ?
La politique me prend pas mal de temps. Et mon métier aussi. Alors, si mes enfants me disent un jour qu’ils en ont assez, je pense que je réfléchirai. Je les vois peu, mais quand je suis avec eux, c’est toujours à 100 %.

Et madame Deseille ? Elle ne dit rien ?
Non, ma femme comprend mon engagement. Elle sait que cela demande des sacrifices.

Mais sincèrement, passer autant de temps et perdre du fric pour une cause – celle du MoDem – que beaucoup jugent perdue, ce n’est pas démoralisant ?
C’est justement parce que je pense que ce n’est pas une cause perdue que je me donne autant de mal. J’ai envie de contribuer à faire changer les choses. Moi, s’il y a Sarko et Aubry dans deux ans au second tour de la présidentielle, je ne vote pas !

Au fait, tu as des nouvelles de François Sauvadet ?
Je me souviens avoir reçu quelques coups de fil au moment des régionales. Mais depuis, plus rien !

Tu n’as pas l’impression que les travaux du tramway commencent à énerver tout le monde ? Moi, je ne suis pas souvent à Dijon, ça va ! Mais c’est pour ceux qui restent. Entre ça et les voies de bus, honnêtement, t’as parfois envie de te suicider en écoutant l’intégrale d’Alain Barrière…
Oui, je sais que ce n’est pas toujours facile. Toi qui bouges beaucoup, tu sais que toutes les villes qui ont construit un tram sont passées par là. Mais je te promets que cela vaut le coup de galérer un peu. Quand tu verras le résultat…

Tu as l’air de bien t’entendre avec François Rebsamen…
Oui, c’est quelqu’un qui est à l’écoute, il est vraiment clean.

Si tu dois partir en vacances, tu choisis qui : Isabelle de Almeida, François-Xavier Dugourd ou François Sauvadet ?
Tu vas rire, mais j’ai des travaux à faire chez moi. Je ne peux pas partir !

Dis, tu manges toujours du pain avec les nouilles ?
Salaud… Mais t’as raison, je n’ai pas une alimentation très équilibrée. J’ai pris du poids. Le midi, je saute souvent les repas et le soir, je compense. J’ai des journées chronophages… Je commence à 6 h 30 au cabinet et parfois, j’ai des réunions politiques qui durent jusqu’à 22 h 30. Je vais faire un effort sur la bouffe, c’est obligatoire.

T’as peur de la mort ?
Je travaille dans le domaine de la santé. Alors, forcément, on voit des gens qui sont en fin de vie, et cela te rappelle l’évidence. La mort fait partie de la vie. Personnellement, j’ai plutôt peur pour mes proches.

Un mec du MoDem, quand il veut acheter des CD et qu’il est devant les rayons , il regarde un coup à droite, un coup à gauche ?
Non, au centre !

Et il achète quoi ?
J’aime bien U2 et Muse.

Bon choix, surtout pour Muse… C’est tout ?
Non, j’aime d’autres choses… Je suis allé en Corse récemment et j’ai découvert les chants polyphoniques du groupe Alta Voce. C’est magnifique. Ce n’est pas tout à fait comme Muse, mais j’aime beaucoup.

C’est vrai que t’es blindé ? C’est ce qu’avait écrit L’Express lors de la campagne pour les municipales en 2008…
Le journaliste s’était planté… Il avait écrit que je gagnais 60 000 € par mois. Or, il avait confondu avec le coût de la campagne à Dijon. Il m’a envoyé un SMS pour s’excuser. Je l’ai gardé.

Tu as eu de la chance de ne pas voir rappliquer le fisc…
Non. Parce que je n’avais rien à me reprocher.

T’en as pas marre de mes questions à la con ?
Non. Et puis, elles ne sont pas toutes connes. Parfois dérangeantes, mais au moins, ça change.



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3 commentaires sur “L’interview décalée : François Deseille”

  1. par Picard

    « a dijon il y a des quartiers difficiles » et comme ribery ils volent des mobylettes? c’est ce que vous voulez dire monsieur deseille?? sympa de cataloguer tout le monde dans le même sac

  2. par Architecte des bâtiments de France

    C’est une honte de voir tant d’hypocrisie de la part d’un homme qui n’a aucune idée de ce qu’est l’intérêt général, qui n’est intéréssé que par l’argent. Il est certain qu’il est plus facile pour lui de parler de foot que des dossiers qu’il suit car il ne les connait pas. Quand pourra t’on demander des comptes aux adjoints à Dijon? Sa femme ne va pas se plaindre, tout le monde sait qu’elle a un emploi « fictif » en tant que soit disant attaché de groupe, payée par les dijonnais, et ramène un salaire de plus pour payer la grosse maison bourgeoise et les petits fours… Espérons que Monsieur Rebsamen ne fasse pas l’erreur la prochaine fois, c’est le point noir de son mandat…!

  3. par Gruest

    @ Picard… c’est une interview décalée, comme cela est inscrit. la question du journaliste est volontairement provocante, me semble-t-il. et puis, quand on entend Ribery parler on se doute bien que le foot l’a sauvé d’une vie beaucoup moins dorée

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