Maurice Penaruiz : « Nous sommes sûrs des effets de ce produit après enquête »
30/06/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 209 | Par Richard Zampa
Convaincu. Le PDG d’Outox répond au « procès d’intention » que ses détracteurs, la sécurité routière la première, font à l’égard de cette boisson censée « faire chuter le taux d’alcool dans le sang et recouvrer un état normal ».
LA GAZETTE : D’abord, pourquoi ce nom Outox ?
MAURICE PENARUIZ (PDG D’OUTOX) : L’idée est de répondre à intox ou à détox. Outox, c’est sortir de l’intoxication que constitue l’alcool, se libérer des toxines liées à l’alcool.
En quoi cette boisson est-elle « révolutionnaire » comme vous dites ?
Révolutionnaire est un mot un peu fort, utilisé par notre attachée de presse, mais malgré tout, elle est au minimum novatrice. Il n’existe pas pour le moment d’équivalent sous forme de boisson, c’est-à-dire de soda qui peut se consommer pour ses qualités propres, au-delà de ses vertus qui font chuter le taux d’alcoolémie. Elle est d’abord agréable au goût, puis elle accélère la baisse naturelle du taux d’alcoolémie dans le sang et elle accélère également le retour à un état normal. Les deux étant les conséquences du même phénomène. L’addition de cet ensemble de paramètres, le tout authentifié par une étude scientifique, est un fait unique et c’est en ce sens-là que le mot révolutionnaire a été employé.
Pour autant, vous venez d’annoncer que vous ne vanterez plus ses vertus anti-alcoolémie, il faut savoir…
Pour l’instant. Juste pour l’instant ! Je compte bien les vanter de nouveau dès lors qu’un certain nombre de démarches administratives auront été faites. Le fait qu’on ne les vante plus ne prouve pas non plus qu’elle ne les ait pas. Toute la difficulté réside dans le fait qu’il y a un texte qui émane de Bruxelles qui soumet les allégations santé ou les allégations ayant trait à la nutrition à un examen préalable de la commission de Bruxelles. Tant que cet examen n’a pas eu lieu, on ne peut pas rendre publiques ces allégations.
Pourquoi ne pas avoir vraiment fait tous les tests scientifiques au préalable avant d’avancer que votre boisson permettait de faire chuter le taux d’alcool dans le sang et de retrouver un état normal ?
Mais nous avons fait les études scientifiques avant de lancer la boisson sur le marché. C’est même l’une des premières choses que j’aie faites lorsque j’ai pris la direction de l’affaire, il y a six mois. J’ai dit que c’était très bien d’avoir des démonstrations passées, ainsi que de nombreux témoignages et même de posséder de deux études concluantes de l’université d’Innsbruck et d’une autre de Hongrie mais, pour moi, ces études n’émanaient pas de gens suffisamment reconnus. Donc, j’ai décidé de soumettre ces études au sein d’un laboratoire français reconnu et agréé par les autorités sanitaires françaises. Ce n’est qu’au moment où j’ai eu les résultats de ces études, il y a quelques semaines, que j’ai décidé de procéder au lancement en France. Oui, nous sommes sûrs des effets de ce produit après enquête. Sur le plan juridique, nos avocats nous ont affirmé qu’il n’y avait aucun problème pour avancer les avantages du produit mais malheureusement, à cause de ce texte de Bruxelles, il faut que nous obtenions une homologation préalable des arguments en question. C’est pour cette raison que nous avons mis un bémol à l’exposé des arguments, le temps de régler cette question.
Sous combien de temps, un consommateur d’alcool qui a absorbé votre boisson peut-il recouvrer un état normal ?
Outox est un accélérateur de la baisse naturelle du taux d’alcoolémie et, par le fait, accélère le retour à l’état normal. L’étude scientifique le dit : la boisson doit être absorbée dix minutes après la fin des excès. Elle porte à plein effet entre 45’ et une heure après. Mais c’est variable selon les sujets : le poids, l’âge, le sexe, l’état de santé.
N’avez-vous pas peur d’inciter, par cette boisson, les consommateurs occasionnels à boire davantage d’alcool ?
C’est selon moi un très mauvais procès d’intention. Faisons-nous un procès d’intention à la sécurité routière qui a inventé Sam, c’est-à-dire celui des quatre occupants d’une voiture qui ne doit pas boire pour pouvoir conduire ? À ce que je sache, on ne reproche pas, en parallèle, à la sécurité routière de pousser à la consommation d’alcool les trois autres du fait de la présence de Sam. Nous entendons bien avoir une démarche préventive sur ce sujet car nous avons baptisé notre boisson safety drink (la boisson qui sauve) ce qui illustre toute notre démarche. Ensuite, l’inscription « l’alcool nuit gravement à la santé » sera inscrite sur nos canettes, ainsi que « malgré Outox, ayez le réflexe éthylotest ». On a une démarche responsable sur le plan de l’information comme de la pédagogie. Par notre boisson, nous pouvons contribuer à atténuer les conséquences de la problématique liée à l’alcoolisme. J’en appelle aussi à la responsabilité des consommateurs. À eux de se limiter. Outox n’est en aucun cas un alibi pour boire plus.
Comprenez-vous cependant la crainte des associations de prévention routière, d’alcoologie ? Votre stratégie de marketing ne pourrait-elle pas ruiner leurs efforts ?
Ils se trompent de cible. Outox peut atténuer les conséquences d’absorption d’alcool. En revanche, je n’entends personne monter au créneau pour interdire l’alcool, le vrai fléau. Les lobbies d’alcool sont très puissants et rapportent beaucoup d’argent à l’État. Nous allons mettre à la disposition de ces associations des canettes d’Outox pour les aider à remédier aux dégâts de l’alcool. À notre niveau, nous avons une démarche préventive.
En attendant, quel coup de pub ! Pas mal…
C’est involontaire et inattendu. On a été débordé sur le calendrier car tout devait partir de la conférence de presse du 18 juin et beaucoup de nos informations nous ont échappé avant sur la base d’informations inexactes, d’où ce coup de com. Au moins, ça a fait connaître Outox.
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