Randoald Dessarzin : « Difficile pour la Côte d’Ivoire »
25/08/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 212 | Par redaction
L’ancien entraîneur de la JDA Dijon, limogé en janvier dernier, va diriger la Côte d’Ivoire lors des Championnats du monde en Turquie (28 août-12 septembre). Il y a un an, il avait conduit les Ivoiriens en finale de l’Afrobasket…

LA GAZETTE : Le sort n’a pas été tendre pour la Côte d’Ivoire : vous allez devoir vous coltiner le pays organisateur en match d’ouverture (le 28 août à Istanbul) et des adversaires qui peuvent tous prétendre aux quarts de finale…
RANDOALD DESSARZIN : Certains disent que nous sommes tombés dans le groupe le plus difficile (outre la Turquie, la Côte d’Ivoire affrontera la Chine, Porto Rico, la Grèce et la Russie). Certains d’entre eux peuvent prétendre au Top 4 ! Alors, pour nous, ce sera évidemment très compliqué. La Côte d’Ivoire va participer pour la première fois depuis 1986 au Championnat du monde (ndlr : elle s’était qualifiée 23e en Espagne et 13e en 1982 en Colombie) et on part de très loin. Il va falloir se servir de ce que nous avons réalisé l’année dernière en Libye lors de l’Afrobasket. Et ce championnat du monde doit servir de préparation à l’Afrobasket de 2011 qui sera organisé par la Côte d’Ivoire. Tout va très vite pour nous. Mais on veut encore progresser.
Votre sélection est composée de joueurs qui évoluent en Pro A (Diabaté, Amagou), mais aussi dans des championnats tels que la Nationale 2 ou 3, ou encore en Chine ou en Côte d’Ivoire. Le niveau assez disparate des joueurs est-il un problème pour vous ?
Ce n’est effectivement pas simple. Mais on s’adapte. Le plus difficile, c’est de trouver des joueurs capables d’évoluer en sélection. Grâce à nos réseaux, on trouve des Ivoiriens dans plusieurs pays. Depuis l’Afrobasket de 2009, nous avons un peu plus de choix, car certains se manifestent. On ratisse large pour avoir un choix assez vaste. J’aurais aimé qu’un joueur comme Hervé Touré nous rejoigne, mais il se fait un peu trop désirer. Je comptais aussi sur Francis Koffi, qui joue en Espagne, mais il est blessé.
Avez-vous pu préparer correctement ce tournoi ?
Oui, même si nous avons dû annuler un tournoi en Macédoine. L’équipe a fait des stages en Suisse et dans le nord de la France, elle a disputé plusieurs matches amicaux contre le Luxembourg, la Belgique, l’Angleterre, l’Espagne à Gran Canaria, le Canada, et on a participé au tournoi de Villeurbanne. Les conditions de vie du groupe se sont encore améliorées depuis un an. Il faut aussi préciser qu’entre la finale de Tripoli et le début de la préparation pour les Championnats du Monde, il n’y avait eu aucun rassemblement. Seulement un voyage à Abidjan en décembre dernier pour être reçus par Laurent Gbagbo, le président de la République, et le ministre des Sports.
Errick Craven, qui était de l’aventure libyenne en 2009 n’est plus là. Avez-vous un contentieux avec lui depuis Dijon ?
Non, pas du tout. À Dijon, notre relation n’était pas mauvaise, mais il a préféré partir pour avoir plus de temps de jeu. S’il n’est pas là, c’est un choix sportif.
Le basket africain est dominé depuis de nombreuses années par l’Angola. Est-ce l’exemple à suivre pour la Côte d’Ivoire ?
Clairement. Il y a des moyens, mais par rapport à l’Angola, la Côte d’Ivoire a beaucoup à faire. L’organisation de l’Afrobasket 2011 va permettre la rénovation d’une salle à Abidjan et la construction d’une autre. Je pense aussi que le basket ivoirien doit mettre en place un programme de détection des jeunes. Les Ivoiriens sont par exemple moins grands que les Sénégalais, mais ils sont très athlétiques. Il y a des choses à faire.
Serez-vous encore sélectionneur dans un an ?
Je ne sais pas, mais je l’espère. J’aimerais, si je suis toujours en poste, aller voir des joueurs en Europe et ailleurs, observer le championnat ivoirien. Il faut mettre tous les atouts de notre côté afin de bien préparer cet Afrobasket dans un an…
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