Sport

« Un futur à écrire »

22/09/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 216 | Par Jérémie Demay

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Aucun ne se prend pour un autre

Rencontre. Depuis le début de la saison, un nouveau portier garde les buts dijonnais. Expérience, rigueur, décontraction, et humilité sont les valeurs véhiculées par Jean-Daniel Padovani.

padovani-(JD)

LA GAZETTE : Arrivé à l’intersaison, comment s’est déroulée votre intégration dans le groupe ?
JEAN-DANIEL PADOVANI :  Très bien. Il n’y a pas plus facile que de s’intégrer ici. Beaucoup de nouveaux sont arrivés en même temps que moi. J’ai trente ans. J’ai l’habitude des reprises. Ici le club a beaucoup d’humilité, ça facilite les choses.

Quand on vous voit dans le groupe, on a l’impression que vous êtes le papa. Cela vous semble naturel ?
C’est bien de dire cela ! Quand on fait de bons résultats, c’est peut-être que le papa y est pour quelque chose. Mais c’est vrai que ça fait plaisir. À trente ans, j’ai un petit passé. En plus, les jeunes ici sont vraiment de bons mecs. Aucun ne se prend pour un autre. On parle beaucoup de papa et d’expérience sur le terrain… Je ne suis pas un mec qui va gueuler dans les vestiaires. J’essaie d’être un cadre sur le terrain.

En match, vous n’hésitez pas à râler sur les défenseurs, vous vous êtes imposé comme le véritable patron de la défense…
Ça fait partie de mon rôle. J’ai aussi l’appui du coach et de l’entraîneur des gardiens. Même si j’ai ce petit pouvoir-là, je n’en profite pas. Ce n’est pas mon genre. Au contraire, je fais tout pour en faire bénéficier les collègues parce que ça se passe super bien. Le football en ce moment c’est beaucoup de business. Mais il ne faut pas oublier que c’est avant tout un sport, un jeu collectif, et un esprit d’équipe. J’aime partager de bons moments sur le terrain. Quand j’ai un collègue qui tacle, je deviens comme fou. Cela fait partie des choses qui font plaisir. C’est cela que j’essaie de cultiver avec les défenseurs. Quand j’ai besoin de leur dire quelque chose, ils le prennent bien car ils comprennent que c’est dans l’intérêt de tous. Ils savent aussi que c’est dans les deux sens. Ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on n’a pas de choses à apprendre aux vieux. Enfin vieux…

Quels éléments vous ont séduit dans le projet dijonnais ?
Je connais bien Patrice (Carteron, l’entraîneur) pour avoir joué avec lui. J’ai aussi rencontré Zach, le coach des gardiens, car c’est lui qui m’entraînait quand j’étais à Rouen. Je savais comment il travaillait. En plus, après quatre saisons à Angers, j’avais besoin de quelque chose de nouveau. J’ai eu l’opportunité de venir ici. J’avais d’autres clubs qui me sollicitaient. Mais pour Dijon, j’ai foncé tout de suite. J’ai eu Patrice un lundi matin, l’après-midi, tout était réglé. Le discours du club ambitieux, avec beaucoup d’humilité. Et puis, faire partie des cadres cela me plaît aussi. On en revient à la même chose, j’aime les rapports avec les gens. C’est un club assez jeune, avec un futur à écrire.

Lors du dernier match à domicile, le DFCO a écrasé Évian-Thonon, alors deuxième du championnat, cinq buts à un. Vous avez eu très peu l’occasion de toucher le ballon. Comment reste-t-on concentré tout au long de la rencontre ?
Avec les années, j’arrive à déconner un peu avec les mecs qui se trouvent derrière les cages, ou à saluer les supporters. Un petit peu comme le faisait Barthez. Attention, je ne me compare pas à lui ! J’arrive un peu à me relâcher. Me décontracter tout en restant concentré. Je ne suis pas pendant quatre-vingt-dix minutes sous tension. Pour rester dans le match, je parle encore plus aux défenseurs. Sur le match contre Évian, on pouvait jouer haut. Je restais en contact en leur parlant et en les forçant eux aussi à rester dans le match. Il faut rester actif. En plus, pour les jeunes ça leur apprend à gérer un match .



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