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François Rebsamen : « Georges Frêche était un bâtisseur »

27/10/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 221 | Par Aurélien Gaudriot

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Il était un peu mégalo

Proche de Georges Frêche, président du conseil régional de Languedoc-Roussillon décédé dimanche, François Rebsamen a accepté de livrer sa réaction sur « ce bâtisseur » et « grand provocateur » qu’il connaissait bien.

freche

LA GAZETTE : Quelle est votre réaction suite au décès de Georges Frêche ?
FRANÇOIS REBSAMEN :
C’est un homme que je connaissais bien qui s’en va. Il avait transformé sa ville qui, d’une petite ville de province était devenue une grande métropole régionale, qu’on appelle même « Montpellier la surdouée ». Je pense tout d’abord au bâtisseur. À celui qui a su s’entourer de bons architectes, qui avait une vision pour sa ville. Ensuite, c’est celui qui a rompu avec le Front national et la droite en 2004. Georges Frêche avait aussi une vision pour sa région, puisqu’il a fait sa dernière campagne sur le thème : « Mon parti, c’est le Languedoc-Roussillon ». C’est d’abord un homme ancré dans son territoire, qui était apprécié des habitants de sa ville et de sa région. Et puis, il y avait le Georges Frêche qui aimait provoquer et qui suscitait des réactions à la hauteur des provocations qu’il pouvait faire. Dans la dernière partie de sa vie, il allait plus facilement dans la provocation. Mais ce n’est pas cet homme-là que je retiendrai.

Vous l’avez souvent soutenu…
Oui, et je ne le regrette pas. Je l’ai soutenu parce que les procès qu’on lui faisait étaient souvent injustes. Il n’était pas condamné par la justice. Les phrases étaient sorties de leur contexte. C’était tout sauf un raciste. C’était quelqu’un qui faisait les choses un peu spontanément, par provocation… Pour l’histoire des « blacks de l’équipe de France », il a dit « il y a dix blacks en équipe de France, la normalité serait qu’il n’y en ait que quatre… ». Quand on sort cette phrase de son contexte, effectivement, cela laisse penser qu’il était contre les Noirs. Mais il avait ajouté : « C’est parce que les Noirs en veulent plus que les Blancs. Ils sont plus courageux sur le terrain. »

N’était-il pas parfois victime de sa réputation ?
Oui, il aimait faire parler de lui. Il était un peu mégalo, il faut bien l’avouer. Il jouait à la provocation et sortait des phrases que l’on pouvait reprendre. Je me rappelle d’une interview qu’il avait donnée pour une radio nationale où il disait : « J’ai construit à Montpellier la plus grande salle de spectacles de France après le Palais omnisports de Paris-Bercy, mais ça n’a jamais intéressé les journalistes parisiens… Par contre, il suffit que je dise qu’il y aura des statues de Lénine à Montpellier, et de Mao, pour qu’ils viennent tous m’en parler. » Il le faisait pour que l’on parle de lui et de Montpellier. C’est une manière de faire. Sa manière à lui quoi …

Pourriez-vous un jour vous inspirer de cette méthode de communication ?
(Rires) Non, ce n’est pas mon genre ! Mais je ne jette pas la pierre à ceux qui ont ces méthodes-là. C’est vrai que ça a un côté un petit peu navrant de voir des réalisations faites dans les villes avoir peu d’impact pour la presse parisienne, et de les voir céder assez facilement à reprendre des choses qui choquent. Georges Frêche fonctionnait avec ça .



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