François Rebsamen : « S’il y va, je soutiendrai DSK de toutes mes forces »
27/10/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 221 | Par Arnaud Bousquet
Retrouvez chaque semaine les meilleurs moments du Rendez-vous politique France Bleu Bourgogne – La Gazette – Voo TV. Lundi, à 18 h 45, Arnaud Bousquet recevait le socialiste François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon.

ARNAUD BOUSQUET : « Et maintenant, que vais-je faire ? » chantait Gilbert Bécaud. C’est certainement la question que doit se poser aujourd’hui chaque parlementaire de gauche : et maintenant, qu’allez-vous faire pour revenir sur la réforme des retraites ?
FRANÇOIS REBSAMEN : Le débouché politique, c’est l’élection présidentielle d’avril 2012. Si on revient au pouvoir, on reviendra sur cette loi. Mais je voudrais dire, ici, clairement, qu’il ne s’agit pas de la retraite à 60 ans pour tous. Il s’agira de permettre à ceux qui ont quarante-et-un ans de cotisation (et en 2018, quarante-et-un ans et demi) de partir à la retraite à 60 ans. C’est-à-dire ceux qui ont commencé avant 19 ans. Or, ce qui va se passer aujourd’hui si le texte est adopté en l’état, c’est que ceux qui ont commencé à travailler à 15, 16 ou 17 ans vont être obligés d’attendre 62 ans. C’est ça la profonde injustice de ce texte : on fait payer aux salariés, souvent les plus modestes, le coût de la réforme.
Mais est-ce qu’en désespoir de cause et de moyens, vous demandez aux Français de descendre dans la rue, d’intensifier les blocages et la paralysie ? Parce que François Fillon, lui, considère ces blocages comme la négation de la démocratie…
Moi, je pense que la négation de la démocratie, c’est d’avoir refusé la négociation. Diriger un pays, c’est le conduire vers les bases d’un compromis par la discussion. Est-ce que j’appelle à des blocages ? Non. Bien sûr que non. Les organisations syndicales font ce qu’elles croient devoir faire. Et je voudrais rendre hommage aux responsables syndicaux qui ont été vraiment responsables ! Mais comme on ne tient pas compte de leurs propositions et qu’on ne leur donne pas la moindre porte de sortie, ils risquent fort d’être débordés et je le regrette parce qu’ils ont fait preuve d’une grande responsabilité.
Je voudrais vous entendre sur l’actualité médiatique dijonnaise. Dans la Gazette de Côte d’Or du 7 juillet, et la semaine dernière sur le site d’information Rue89, Patrice Tapie, le nouveau président de notre autre partenaire, VooTv, en partie financé par la mairie, affirme que vous, François Rebsamen, vous avez nommé le président et le nouveau directeur général de VooTv. Alors première question : est-ce vrai ? Et question corollaire : si c’est le cas, pourquoi faites-vous à l’échelle de Dijon, ce que toute la gauche condamne chez Nicolas Sarkozy avec les nominations à France Télévisions et à Radio France ?
D’abord, je ne nomme personne. Deuxièmement, la ville de Dijon participe au financement de VooTV avec d’autres collectivités dont la région. Le département aurait été très bienvenu dans ce tour de table. Les collectivités sont minoritaires dans ce financement. Donc ce sont des capitaux privés qui gèrent VooTV. C’est le conseil d’administration qui nomme le président et le directeur de VooTV. Ça n’est pas François Rebsamen…
Donc Patrice Tapie ment ou il a la mémoire qui flanche quand il dit et répète à Rue89 que vous l’avez nommé ainsi que le directeur général ?
Rue89 a fait un papier qui n’était pas très sympathique. Les commentaires encore moins, puisqu’on disait que ma fille allait travailler à VooTV ! La vérité, c’est que, quand Patrice Tapie m’a demandé ce que je pensais de l’idée qu’il devienne président, je l’ai encouragé à le faire.
La présidentielle de 2012 : pensez-vous comme Gérard Collomb, votre collègue sénateur-maire de Lyon, que « Dominique Strauss-Kahn a un impératif moral de revenir en France. Il est le meilleur candidat socialiste » ?
Pour être élu président de la République, il faut être candidat ! À un moment, Dominique Strauss-Kahn, il faudra qu’il nous le fasse savoir, son choix. Et pas trop tard. Fin janvier, début février. On ne peut pas être là, « en attendant Godot »… Il faut qu’à un moment, il se décide. Si ce choix est favorable, je le soutiendrai de toutes mes forces. J’ai par ailleurs beaucoup d’estime pour la démarche de François Hollande qui me semble assez proche, au niveau économique, de celle de Dominique Strauss-Kahn. Si aujourd’hui, Dominique Strauss-Kahn faisait savoir sa candidature, je conseillerais à François Hollande de ne pas se présenter contre lui. Mais, plus le temps passe et plus je me dis qu’il faut avancer. En ce moment, le seul qui avance des propositions c’est François Hollande. Donc, je soutiens François Hollande aujourd’hui.
Deux questions très simples sur les prochaines échéances locales. 2011, les cantonales : allez-vous pousser Françoise Tenenbaum à aller défier François-Xavier Dugourd même si, en cas de victoire, elle devra abandonner ses mandats municipaux ?
Oui. C’est Françoise Tenenbaum qui va aller affronter François-Xavier Dugourd. Elle l’a fait avec courage la dernière fois. C’est normal qu’elle continue. Quand on est implanté, on continue son travail d’implantation. C’est une excellente adjointe. Elle s’occupe des personnes âgées, des problèmes de santé. Bref, elle fait bien son travail et je l’encourage.
Si les sondages commandés par le Parti socialiste montrent dans quelques mois que vous êtes le seul à pouvoir prendre la première circonscription à Bernard Depierre et à l’UMP, serez-vous candidat aux législatives en 2012 ?
Je viens d’arriver au Sénat donc pour le moment, j’essaie surtout de bien faire mon travail de sénateur et je ne me projette pas encore dans les législatives. Il faut d’abord passer l’étape de la présidentielle. C’est vrai que la donne sera complètement différente si la gauche gagne ou si elle perd la présidentielle. Mais tout s’examine en politique… .
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A Dijon, le sénateur-maire François Rebsamen ouvre les hostilités pour la Présidentielle en se déclarant favorable à la candidature de Dominique Strauss Kahn dans la Gazette de Côte d’Or, du 28 octobre : « Pour être élu président de la République, il faut être candidat ! À un moment, il faudra qu’il nous le fasse savoir, son choix.Et pas trop tard… Si ce choix est favorable, je le soutiendrai de toutes mes forces « .
Après avoir bu la potion amère du néo libéralisme et du libre-échange à la sauce Sarkozy, sommes-nous prêts à ingurgiter la même recette mais cette fois-ci légèrement rosie. Car DSK l’a déjà administrée à la Grèce.
Frederic bobard Debout la Republique
DSK est sans aucun doute le meilleur candidat, est-il encore suffisamment à gauche pour convaincre un PS qui se veut plus à gauche qu’il ne l’était?