Focus

Joyce Jonathan « Mon album bientôt en chinois ! »

24/11/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 225 | Par Aurélien Gaudriot

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Je suis reconnaissante de mes internautes producteurs

Dévoilée au grand jour grâce au label My Major Company, comme le fut Grégoire, Joyce Jonathan fait un carton avec son premier album Sur mes gardes, déjà disque de platine. La jeune chanteuse pop folk s’apprête désormais à conquérir la Chine !

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LA GAZETTE : Tes textes sont-ils tous issus d’expériences personnelles ?
JOYCE JONATHAN : Ce n’est pas toujours le cas. Mais pour la plupart oui. En général, quand j’écris une chanson, c’est aussi parce que j’ai observé la même histoire chez d’autres gens et donc que je n’ai pas l’impression d’avoir été la seule à vivre ça. Mes chansons parlent d’un phénomène qui se déroule toujours de la même manière, avec les mêmes schémas.

Les hommes semblent t’avoir fait souffrir…
Ils ne m’ont pas particulièrement fait souffrir. On a tous une première histoire d’amour qui nous permet de tirer des leçons. Soit elle nous dégoûte, soit elle nous permet de relativiser, ça dépend… Dans mes textes, il y a beaucoup d’histoires d’amour mais je ne les vois pas du tout comme des prises de tête, ni des drames. La chanson Pas besoin de toi, que j’ai écrite il y a plusieurs années, est assez autobiographique, mais c’est une histoire que j’ai pu observer également autour de moi. Mes chansons me permettent de faire des petites thérapies.

Vas-tu rester dans le même registre de l’amour dans tes futures compositions ?
J’ai commencé à écrire de nouvelles chansons depuis la sortie du premier album. Mais je ne réfléchis jamais à l’avance au contenu d’une chanson. Quand j’en écris une, je parle de ce qui me vient en tête. En général, j’écris les paroles et la musique en même temps. Depuis toujours, j’écris mes chansons en guitare-voix ou piano-voix donc c’est assez intime et acoustique. Je ne pourrai donc pas faire du rock demain. Je ne travaille jamais un texte en me disant : « Tiens je vais faire des effets de style… Ou tiens je vais parler de ça parce que c’est l’actualité du moment. » Je ne cherche pas mes mots. Ils viennent tout seul et me font du bien.

Depuis que tu es médiatisée, les sollicitations masculines doivent affluer encore davantage !?
En fait c’est une interview Meetic ? (Rires) Le fait d’être médiatisée fait que je suis plus exposée au regard des autres. Il m’arrive de recevoir quelques lettres enflammées sur Internet, par courrier ou même après les concerts. Ça me touche beaucoup.

La musique est ancrée en toi depuis toujours…
Oui, on peut dire ça. Être chanteuse, ça a toujours été un rêve, mais aussi un projet réalisable. Je savais que c’était un métier difficile, mais j’ai toujours imaginé ce projet concrètement. Je me suis toujours dit que c’était possible.

Est-ce que tu remercies parfois Internet d’être né ? Tu as cru tout de suite au concept du label communautaire (My Major Company) ?
Il est vrai qu’Internet a été d’une aide immense. Je pense que si j’avais dû sortir un album il y a dix ans, j’aurais essayé d’autres moyens. Tout ce qui se développe sur Internet, c’est incroyable. Je suis très heureuse d’avoir pu bénéficier du concept My Major Company et d’avoir été parmi les premières. Je suis reconnaissante de mes internautes producteurs car sans eux mon album ne serait pas sorti, je ne serais pas en tournée en ce moment… Internet, de nos jours, est inévitable. Pour un musicien, il est impossible de ne pas avoir de Myspace.

Connais-tu tes quatre cent quatre-vingt-six producteurs internautes ?
J’en connais une bonne centaine. J’en ai rencontré pas mal à des concerts, lors de rencontres organisées, j’ai bu le café avec certains… Dernièrement, je suis allée au cinéma et la personne qui déchire les billets me dit : « Bonjour Joyce Jonathan, je suis votre producteur ! » C’était trop drôle !

Explique-nous le rôle et les rapports que tu entretiens avec Louis Bertignac (Telephone) ?
Louis Bertignac a fait tous les arrangements de l’album. Il a rajouté les percussions, les batteries sur des morceaux qui étaient très acoustiques. On a passé six mois à enregistrer l’album dans son home studio. C’était une super expérience ! C’était génial artistiquement. J’étais contente qu’il me fasse confiance et s’attarde sur une sombre inconnue… (Rires). Cela m’a beaucoup touchée. Et j’ai appris des tas de choses à ses côtés.

Tu es actuellement en tournée, pas trop crevant ? On arrive quand même à prendre du plaisir ?
Non, ça va. Parfois, je suis fatiguée et c’est vrai que je me dis : « Tiens, je me mettrais bien sous la couette avec un DVD. » J’aime trop la musique, et c’est génial de pouvoir faire ça ! Il y a quatre concerts par semaine et à chaque fois, c’est trop bien. Avec les musiciens sur la route, il y a une super ambiance. Les concerts sont tous différents et on ne s’embête jamais.

Quels sont tes projets futurs ?
La tournée dure jusqu’à la fin de l’été prochain. Donc le deuxième album, ce ne sera pas pour tout de suite. Mais j’écris de nouvelles chansons et j’ai vraiment hâte de les faire partager au public. J’ai également fait traduire mes chansons en chinois et je vais aller à Taïwan en décembre pour faire la promotion de mon album en chinois ! À côté de ça, j’écris aussi pour d’autres gens. Donc je suis bien occupée actuellement !

Tu es déjà connue là-bas ? Pourquoi le chinois ?
Pas du tout ! L’album n’est pas sorti là-bas. Mon projet a plu à Warner Taïwan donc ils m’ont proposé de sortir l’album en chinois. J’y vais en décembre pour faire la promotion et on verra ce qui se passera. Ma mère a une agence de tourisme et c’est le premier pays qu’elle a vraiment défendu. Elle parle chinois, mon père, architecte, a fait des projets en Chine et parle aussi chinois. J’ai été baigné dans cette culture.



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