Politique

Laurent Grandguillaume : « On ne peut pas dire si le foyer Adoma rouvrira »

24/11/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 225 | Par Arnaud Bousquet

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Retrouvez chaque semaine les meilleurs moments du Rendez-vous politique France Bleu Bourgogne – La Gazette – Voo TV. Lundi, à 18 h 45, Arnaud Bousquet recevait le socialiste Laurent Grandguillaume, adjoint au maire de Dijon et conseiller général de la Côte-d’Or.

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ARNAUD BOUSQUET : Commençons bien sûr par le drame du foyer ex-Sonacotra, situé dans le quartier dijonnais de la Fontaine d’Ouche, sur votre canton. L’enquête a très vite abouti : il ne s’agirait pas d’un crime raciste. La classe politique locale s’est plutôt bien tenue et n’a pas fait dans la récupération électoraliste de la catastrophe. Je vous demanderai juste à quel terme ce foyer Adoma rouvrira et quand la vie pourra reprendre dans ce bâtiment et la cicatrice se refermer à la Fontaine d’Ouche ?
LAURENT GRANDGUILLAUME : Pour le moment, on ne peut pas dire si le foyer rouvrira. Seules des analyses techniques pourront nous le dire, et dans quelles conditions. Après, sur les cicatrices, on a un triple devoir. D’abord, un devoir de solidarité envers les victimes et leurs proches. Un devoir de mémoire parce qu’entretenir la mémoire de ceux qui ont disparu, c’est continuer à les faire vivre. Et puis un devoir de justice car il y a une colère saine et légitime pour que toute la lumière soit faite sur ce qui s’est passé.

C’est un fait divers – a priori – sans connotation raciste. J’imagine que c’est un soulagement pour l’élu local que vous êtes. Pour autant, vous jetez, peut-être pas un pavé dans la mare, mais en tout cas un certain nombre de questions sur la table…
Oui. Je m’interroge. Quel a été le suivi fait sur ces jeunes ? Y-a-t-il eu suivi ? Par quelle structure, avec quelle coordination ? Quel suivi médico-psychiatrique ? Les structures sont-elles en capacité aujourd’hui d’accueillir ces jeunes et de les suivre avec des professionnels ? Pourquoi se sont-ils retrouvés dans un foyer Adoma ? J’espère que la justice pourra nous apporter des réponses.

Mais très clairement, vous posez la question du suivi des récidivistes ?
Tout à fait. Moi, je distingue bien ce qui relève de la prévention et ce qui relève de la délinquance. Là, il s’agit de récidivistes. Pour la prévention, c’est à mon sens aux maires d’être les leaders en la matière. Pour la délinquance, il y a des dispositifs qui existent. Est-ce que ces services ont aujourd’hui tous les moyens pour bien faire leur travail ? Il faut se poser ces questions et avoir ce débat pour que ce drame ne se reproduise pas.

Revenons à des dossiers plus légers : la politique politicienne. Arnaud Montebourg est depuis samedi candidat aux primaires socialistes pour la présidentielle. Est-ce que vous applaudissez la multiplication et la diversité de l’offre proposée aux socialistes ?
Ça prouve qu’on a beaucoup de talents ! Il peut y avoir de nombreux candidats à condition qu’ils aient aussi les parrainages demandés dans ce cadre. Par contre, il ne faudrait pas arriver à plus d’une dizaine de candidatures. Ça serait, à mon sens, beaucoup. Il y a des candidatures qui ne sont pas très légitimes. J’ai vu celle de Christian Pierret par exemple. Là, c’est plutôt une manière d’exister.

Vous êtes le patron d’une section locale du PS. Expliquez-moi comment vont matériellement s’organiser ces primaires. Par exemple chez vous, à Dijon, est-ce que je peux voter ? Je m’inscris où ?
Il y aura des bureaux de vote. On va essayer d’en avoir un pour 5 000 habitants. Pour voter, il faudra être inscrit sur les listes électorales de sa commune. À partir de là, il y aura un vote comme pour toutes les élections avec un isoloir, des urnes, une liste d’émargement. Chacun pourra voter pour désigner le candidat de son choix à condition qu’il s’engage à soutenir celui ou celle qui sera désigné pour l’élection présidentielle.

On en vient aux cantonales. Vous avez tellement crié haut et fort que Nicolas Sarkozy asphyxiait financièrement les collectivités locales et en particulier les départements qu’on se dit que vous n’avez plus les moyens d’une quelconque politique départementale si vous avez la majorité au conseil général ?
Nos priorités seront différentes. Nous ferons mieux et autrement. On peut aussi travailler à innover avec les associations. Encore faut-il être à leur écoute, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Il y a de nombreuses associations dans le département qui agissent sur la question de la solidarité, de la culture, de l’éducation. Ensemble, on peut changer les choses…

Mais à la ville de Dijon, vous vous occupez justement des associations. Il faut se serer la ceinture en 2011. Conséquence : les associations ne bénéficieront plus de la gratuité des salles municipales jusque là mises à leur disposition. Il faudra les louer. Alors est-ce que ce ne sont pas là des économies faites sur le dos des plus faibles ?
Non, c’est faux. Ce sont certaines salles qui devront être payantes. Je pense notamment à la salle de Flore et la salle des États parce que ça coûte très cher. Par contre les salles qui sont à la Maison des associations et dans les structures de quartiers restent évidemment gratuites. Il faut rappeler qu’il y a plus de 30 000 m² de locaux associatifs qui sont mis à disposition des associations. Elles n’ont pas de loyer à payer et ça ne changera pas.



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