Le vélo de boue
24/11/2010 | La Gazette de Côte d'Or n° 225 | Par Jérémie Demay
Depuis vingt-trois ans, au mois de novembre se déroule le cyclocross de Dijon. La recette reste identique : des grands champions, un tracé rapide et technique, de la boue, et de nombreux spectateurs. Cette fois, deux changements notoires : la date et les organisateurs.

LA GAZETTE : Pourquoi avoir repris l’organisation et changer la date du cyclocross ?
BERNARD MARY, président du SCO Dijon : Personnellement, je trouvais que l’organisation baissait un peu. Ils étaient en concurrence avec un cyclocross à Marle, au-dessus de Paris. Les meilleurs Français allaient là-bas. Je voulais que les meilleurs viennent à Dijon. J’ai appelé Francis Morey, qui est le champion de France. Je lui ai demandé quand il était libre, il m’a dit le 28 novembre. Dans la foulée, Gadret, Chainel, et Derepas ont donné leur accord pour venir aussi. On va mélanger ce plateau avec quelques étrangers comme des Belges ou des Italiens. La veille, il y a une coupe du monde en Belgique. Mais comme Dijon est sur leur route de retour… Après, on espère que le temps sera bien. Car avant c’était le 1er novembre. Là, quasiment un mois après, on verra bien !
Ils feront leur décrassage de la coupe du monde à Dijon…
Oui. Les Morey, Gadret, Chainel sont au niveau international. Pour eux, il faut courir. Ils doivent préparer les championnats du monde dans les meilleures conditions possibles.
Y aura-t-il d’autres changements par rapport aux éditions précédentes ?
Le tracé ne change pas. Il y aura toujours deux épreuves. Junior et féminine en lever de rideau à 13 heures 30. Les élites à 15 heures. Dans cette dernière course la règle est simple : cela dure une heure. Les commissaires se basent sur le premier tour pour donner le nombre de tours à effectuer en une heure.
Le cyclocross est il une discipline à part entière dans le cyclisme ?
Oui, bien sûr. Quelques coureurs à l’intersaison font un peu de cyclocross pour rester en pleine activité. Mais avec le cyclocross, l’effort est assez violent. Pendant une heure, ils sont dans le rouge. Cette discipline n’est malheureusement pas aux J. O. On ne sait pas pourquoi, surtout qu’il y a le VTT et le BMX. C’est dommage, d’autant que ce sport attire beaucoup de spectateurs. D’ailleurs par la suite, nous souhaiterions organiser une coupe de France.
Comment le cyclocross a-t-il évolué ?
Aujourd’hui, le cyclocross est devenu plus roulant qu’autrefois, justement pour attirer les routiers. Avant les parcours étaient de vrais chantiers. Il y avait beaucoup de courses à pied. Maintenant, les circuits sont plus plats. Les spectateurs peuvent voir le même coureur plusieurs fois dans le tour.
Le cyclocross attire beaucoup de monde, et pourtant la télévision semble bouder la discipline. Pour quelles raisons ?
Elle n’est pas assez médiatisée. C’est dommage. Dans d’autres pays européens comme la Belgique, tous les dimanches une foule colossale se masse autour du cyclocross. C’est retransmis par les télévisions belges ! Alors qu’aujourd’hui, nous en sommes loin. Je me rappelle, il y a quelques années, c’est notre fédération qui a été obligée de financer la télévision pour qu’elle passe l’heure du championnat de France. C’est dramatique. Au foot, c’est l’inverse. C’est la télé qui paie pour retransmettre ! Pourtant, le vélo, en général, reste populaire. Aujourd’hui, il y a le tour de France. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Même dans notre cyclisme amateur, les chaînes régionales ne sont pas assez présentes. Ce qui aide le cyclisme : c’est un sport gratuit. Le public y accède plus facilement.
Combien coûte l’organisation du cyclocross de Dijon ?
Ça revient à près de 35 000 euros. La ville est le premier partenaire. La région nous aide aussi beaucoup. En même temps, nous avons la chance d’avoir un président qui aime le vélo. Le conseil général, en troisième position. Il pourrait faire mieux, mais les temps sont durs. Après, ce sont des partenaires privés. La plus grosse part du budget part dans le défraiement des coureurs. Nous sommes une association faisant les choses dans les règles. Nous établissons un contrat avec les coureurs. Ils ont une fiche de paie. Mais ce sont aussi des travailleurs ! Je ne me vois pas leur donner une enveloppe comme cela peut se pratiquer sur d’autres courses. Cela me permet aussi de justifier mes subventions vis-à-vis des partenaires.
Combien de spectateurs attendez-vous ?
Les années passées cela tournait autour de 5 000. C’est déjà pas mal pour un mois de novembre. Maintenant, nous avons le plateau, il ne nous reste plus qu’à avoir le beau temps .
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