Politique

François Rebsamen : « Sarkozy nous fait l’obligation de gagner »

26/01/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 233 | Par redaction

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DSK, j’ai l’impression que plus le temps passe, et plus il est candidat

Le sénateur-maire (PS) de Dijon, qui ne cache pas sa préférence pour François Hollande, est confiant : selon lui, les socialistes semblent avoir mis au placard les rivalités internes pour mieux se rassembler en vue de l’élection présidentielle de 2012. Ils n’ont désormais plus qu’à présenter un programme susceptible de séduire les électeurs.

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LA GAZETTE : Martine Aubry répète à qui veut l’entendre qu’on « ne s’engueule plus au Parti socialiste. » Ne craignez-vous pas que la proximité des primaires puisse briser cet équilibre fragile ?
FRANÇOIS REBSAMEN : Non. Je suis relativement optimiste. Les socialistes ne vont pas se diviser, car la politique menée par Nicolas Sarkozy nous fait obligation de gagner. Bien sûr, des rivalités individuelles existent, mais c’est le cas dans tous les partis. Nous saurons nous rassembler. C’est quelque chose que je n’aurais pas forcément dit il y a cinq ans (rires).

Ne craignez-vous pas une candidature hors du parti, de la part d’un candidat recalé aux primaires ?
Pas du tout. Une telle initiative serait trop risquée. Il y a toute une génération qui pourrait passer à la trappe de l’Histoire si nous ne gagnons pas en 2012. Et si le PS échoue pour la quatrième fois consécutive, je pense qu’il explosera !

Pourtant, quand Manuel Valls a expliqué début janvier tout le mal qu’il pensait des 35 heures, il a appris à ses dépens qu’il ne fallait pas trop sortir des clous…
Manuel Valls est quelqu’un de compétent, de moderne. C’est un homme que j’apprécie beaucoup. Mais je considère que ses déclarations n’étaient pas vraiment adroites politiquement. Le moment n’était pas bien choisi. D’ailleurs, il avait déjà évoqué la question des 35 heures dans son livre, et cela n’avait pas déclenché autant de réactions. Manuel aurait d’abord dû en parler en interne. Je comprends qu’il puisse rechercher une certaine reconnaissance médiatique, mais sur ce point, il a fait preuve de dogmatisme. Cela n’enlève toutefois rien à ses qualités.

Vous soutenez François Hollande, même si celui-ci n’a pas – encore – officiellement annoncé sa candidature aux primaires. Comment observez-vous le parcours de celui qui semble gagner des points dans les sondages ?
François Hollande est un compagnon politique, mais avant tout un ami. En plus, il aime le football (rires). Je constate qu’il monte effectivement dans les sondages, même s’il faut les prendre avec précaution. C’est un homme qui fait des propositions, qui a gagné en charisme, et je crois que les gens découvrent peu à peu ses qualités. Il s’est trop longtemps bridé pour assurer l’unité du PS, sans toujours y parvenir. On parle de lui, et les sondages disent qu’il pourrait battre Nicolas Sarkozy au second tour.

À l’heure actuelle, même la standardiste du PS pourrait battre Sarko…
(Rires) Oui, mais attention aux sondages. Tout le monde sait qu’on est toujours populaire quand on n’est pas en campagne.
Ségolène Royal est déjà candidate aux primaires, Manuel Valls et Arnaud Montebourg également. Mais tout le monde scrute les moindres faits et gestes, outre de François Hollande, de Martine Aubry et de Dominique Strauss-Kahn…
Ségolène Royal a annoncé très tôt sa candidature, et cela est tout à fait respectable. DSK, j’ai l’impression que plus le temps passe, et plus il est candidat. Je pense qu’il a envie de l’être. Maintenant, il faut qu’il le montre. Quant à Martine Aubry, elle veut avant tout la victoire des socialistes, et elle va d’abord s’atteler à les rassembler, de Manuel Valls à Henri Emmanuelli. Mais il ne faut pas exclure non plus sa candidature.

Les primaires auront lieu le 9 octobre prochain. Êtes-vous de l’avis de François Hollande, qui militait pour une désignation du candidat socialiste avant l’été ?
Oui. Car face au candidat Sarkozy, il aurait fallu un peu plus de temps à celui ou à celle qui portera les couleurs du PS. Mais maintenant que toutes les dates ont été arrêtées (les candidats aux primaires seront définitivement connus le 13 juillet prochain), il va falloir organiser ces primaires, dont je suis à l’origine, puisque c’est moi qui avais proposé cette solution.  C’est Arnaud Montebourg qui va s’en occuper, et ce sera compliqué.

Oui, d’autant plus que l’élection de Martine Aubry lors du congrès de Reims en 2008 a prouvé que le truandage pouvait payer au PS…
C’est vrai. On peut tricher au PS. Mais je suis optimiste. À mon avis, il y aura beaucoup de votants. Tout le monde pourra voter.

La droite raille le manque d’idées de la gauche. Il est vrai que les socialistes restent relativement discrets, hormis sur la sécurité où vous êtes, avec Manuel Valls et Gérard Collomb, sur une ligne plus en phase avec la réalité. Où en est le programme socialiste ?

Il sera arrêté à la fin du mois d’avril. Il sera de qualité, avec de vraies propositions, étalées dans le temps, en tenant compte de la situation budgétaire. Ce programme sera réaliste. Si nous revenons au pouvoir, il faudra redonner de l’espoir aux Français. Certaines propositions devront êtres mises en avant. Vous avez évoqué la sécurité. J’ai fait bouger les choses sur ce thème. Au PS, tout le monde, y compris Hamon ou Emmanuelli, ont compris qu’il s’agissait d’un enjeu majeur. La sécurité devrait être une priorité nationale.

On attend aussi beaucoup le PS sur les questions de l’éducation et de la fiscalité également…
Ce sont des thèmes essentiels, sur lesquels nous ferons de vraies propositions. Sur l’éducation, quand j’entends le ministre Luc Chatel dire qu’il souhaite que les enfants apprennent l’anglais dès 3 ans, il oublie de dire qu’il y a de moins en moins de profs d’anglais ! En ce qui concerne la fiscalité, les plus riches doivent payer plus d’impôts, en augmentant la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu. Et taxer les Français qui travaillent à l’étranger. Beaucoup de pays européens le font. Pourquoi également certains grands groupes du CAC 40 ne payent-ils pas – comme TOTAL – ou peu, l’impôt sur les sociétés, alors que les PME s’en acquittent à hauteur de 33 % ? Enfin, je suis favorable à une République décentralisée. Il faut redonner des moyens aux collectivités territoriales.

Considérez-vous Jean-Luc Mélenchon comme une menace pour le PS ?
Je l’aime bien, Jean-Luc, mais c’est sa dérive populiste qui m’inquiète. Il passe en plus une partie de son temps à taper sur le PS… Avec son livre Qu’ils s’en aillent tous, il est un peu sur la même ligne que le Front national et son « tous pourris… » Le FN, dont les électeurs ne sont pas tous racistes ni fascistes. Le vote FN traduit souvent une grande souffrance, un sentiment d’abandon, la colère. Il faut les écouter et leur apporter des réponses.

Localement, lors de la cérémonie des vœux de la CGPME, Jean-Louis Pierre, le directeur de la chaîne VOOTV, a exprimé le vœu de vous voir faire « passer un peu plus souvent les balayeuses municipales pour éradiquer une fois pour toutes le journalisme de caniveau. » Quelle est votre réaction ?
Je n’ai rien à voir avec cela, et je n’ai pas à m’exprimer là-dessus. J’ai été plusieurs fois sollicité à ce sujet, et je vais vous répéter ce que j’ai déjà dit. Ce n’est pas moi qui ai tenu ces propos. Je n’interviens jamais auprès de la presse. Maintenant, si Jean-Louis Pierre a voulu faire de l’humour, il s’est planté ! .



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6 commentaires sur “François Rebsamen : « Sarkozy nous fait l’obligation de gagner »”

  1. par etpaf

    Et paf, un bon tacle à Jean louis Pierre…

  2. par seb

    remarque très pertinente de monsieur Pierre en effet.

    Les liens de monsieur Pierre avec la droite locale étant bien connus, le journalisme de caniveau est celui de gauche, qui a probablement dû être déplaisant avec certains de ses amis politiques?
    ou celui de droite complaisant et peu critique avec la majorité au conseil général (on pourrait avoir les lumière de messieurs de Broissia et Sauvadet à ce sujet)?

  3. par bachelier

    ah ben il a fait fort ce Pierre. et en public, en plus. il était sous cachetons ou quoi ?

  4. par etpaf

    @bachelier: ouais je crois qu’il sous cacheton depuis la naisance ce type. Quel honte que son comportement. Surtout qu’il ferait mieux de la fermer au vu de sa carrière

  5. par Jean Louis Royer

    Vous feriez mieux de lui dire personnellement à Pierre lorsque vous vous croisez dans vos rassemblements CGPME… au lieu de jouer vos simagrées dans votre coin! A bon entendeur…

  6. par bachelier

    @ Jean-Louis Royer
    eh ben il se trouve que je ne suis pas patron, je bosse à la SNCF, et que je ne suis pas convié aux soirées CGPME… j’ai vu la vidéo, j’ai trouvé sa remarque stupide, voilà. après tout, je m en tape, je le connais pas ce mec

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