La passion du beau
23/02/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 237 | Par Jérémie Demay
Les loisirs créatifs connaissent un vrai succès depuis plusieurs années. Patricia Le Pin, directrice de Perles et Pimpins à Talant, évoque l’économie de ce hobby.

LA GAZETTE : Quel est le profil de votre clientèle ?
PATRICIA LE PIN : Elle est assez féminine et quadragénaire. Dans le même temps, des petites filles de dix ans dépensent tout leur argent de poche ici. De nombreux hommes viennent aussi, soit pour offrir un cadeau à leur femme, soit ils sont passionnés de loisirs créatifs, soit leur curiosité les pousse à venir avec leur compagne.
Peut-on parler de phénomène de mode autour du loisir créatif ?
C’est un peu comme quand on est enceinte, ou qu’on vient de s’acheter une voiture verte, on ne voit que cela d’un seul coup. Je fais du loisir créatif depuis près de trente ans. Je suis originaire de Nantes, et là-bas, quand j’avais quinze ans, j’allais dans une perlerie dépenser tout mon argent de poche. Les perles, comme les loisirs créatifs, ont toujours existé. Après, on rencontre des phénomènes de mode comme les perles Swarovski qui ont chamboulé tout le loisir créatif. Cela a boosté le chiffre d’affaire. Mais cela a été catastrophique quand la mode est retombée.
Quelles sont les principales demandes de votre clientèle ?
Dans mon magasin, ce qui fonctionne bien, c’est le déco-patch. La force de cette société est de proposer de nombreuses innovations dans le papier, dans les formes… Leurs catalogues sont très attractifs. La pâte fimo est très demandée aussi. Récemment en France est arrivé le scrapbooking avec deux genres qui se font la guerre : l’européen et l’américain.
Quelles sont les différences ?
Les Américains, normalement ne coupent pas les photos, même si les fonds ne sont pas jolis. Ils superposent et mettent ce que l’on appelle des embellissements. Les Européens, c’est plus des pochoirs. Ils découpent les photos et font de la mise en valeur très sobre avec des traits de crayon encadrant les photos.
Les loisirs créatifs sont très vastes. N’avez-vous pas peur de vous éparpiller dans vos rayons ?
Bien sûr, c’est une crainte. Mais je vois aussi que dans certains domaines je pourrais m’étendre. Les personnes faisant de la broderie notamment, sont un peu perdues puisque les merceries ferment petit à petit.
Vous organisez des ateliers pour les enfants. Proposez-vous les mêmes activités aux adultes ?
Oui, les ateliers se déroulent en même temps. Les rencontres intergénérationnelles me tiennent à cœur. Je n’ai pas de planning, mais un blog (perlesetpimpins.canalblog.com). Quand les personnes s’inscrivent, je leur suggère d’aller voir les albums photos. Quand elles arrivent le jour de leur atelier, elles savent déjà ce qu’elles veulent faire. Cela me prend du temps et de l’énergie de m’occuper de toutes ces demandes différentes. C’est pourquoi je fais venir de plus en plus d’intervenants extérieurs. Je me rends compte que c’est une plus-value de propositions et de compétences. D’ailleurs, je suis dans la réflexion afin d’embaucher quelqu’un. Ainsi, cette personne pourra me seconder, et je pourrai être plus à l’affût des nouveautés.
En séduisant les enfants, espérez-vous faire venir le portefeuille des parents ?
Oui. J’organise des anniversaires dans la boutique les samedis après-midi. Ces manifestations me permettent de me faire connaître.
Le loisir créatif va-t-il s’essouffler ?
Les modes viennent souvent d’Allemagne, des Pays-Bas, et de Belgique. Il est étonnant de constater le nombre d’idées des créateurs. Quand cela s’essouffle dans un domaine, c’est pour mieux repartir dans un autre. Le tissu revient beaucoup, comme la laine aussi.
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