François Rebsamen : « Dugourd est un petit héritier »
30/03/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 242 | Par Aurélien Gaudriot
Raillé par la majorité départementale au soir du deuxième tour des élections cantonales, le sénateur-maire de Dijon François Rebsamen n’estime pas qu’il s’agisse d’une défaite personnelle. Il répond aux attaques de François Sauvadet et François-Xavier Dugourd.

AU SOIR et au lendemain du deuxième tour des élections cantonales, réactions et communiqués de la majorité départementale pleuvent. Remerciements, satisfaction… et attaques contre François Rebsamen ornent les discours. Après la défaite de la gauche, le sénateur-maire de Dijon est la cible prioritaire de la droite. Ainsi, dans son discours triomphateur au conseil général, François Sauvadet, rayonnant, lançait les premiers scuds. « Cette élection est un échec pour la gauche. Jean-Claude Robert et François Rebsamen ne cessaient de dire qu’ils allaient gagner. Ils avaient oublié une chose : le peuple. Peuple qui a adressé ce soir plusieurs avertissements à François Rebsamen : l’échec de sa sénatrice suppléante à Mirebeau-sur-Bèze, Isabelle Lajoux, et son échec à Dijon VI avec Françoise Tenenbaum. » François-Xavier Dugourd y ajoutera « la défaite cinglante de Didier Martin à Vitteaux ».
Interrogé lors de la pose de la première pierre du futur rectorat, François Rebsamen a fait preuve de sérénité au moment d’évoquer le volet des cantonales. Selon lui, la gauche « ne pourra jamais gagner cette élection » dans sa configuration actuelle : « On se heurte à une sorte de plafond de verre qui est l’inégalité de représentation territoriale **. Il faut 4 800 voix à Laurent Grandguillaume pour être élu conseiller général du canton de Dijon V. Il faut 480 voix à Monsieur Houpert pour être élu à Grancey-le-Château. » Rebsamen attend désormais le nouveau découpage du département en territoires « beaucoup plus égaux comprenant 10 000 à 14 000 habitants ». Dans cette configuration, il estime que la gauche sera vainqueur : « À ce moment-là, les voix compteront. Et là, on verra les résultats. Je regarde tout ça avec un peu de distance, beaucoup d’humilité et un peu de gourmandise sur ce qui se passera demain. »
Quant aux attaques de la droite, elles amusent François Rebsamen : « Sauvadet a besoin de se donner un adversaire. Moi, je regarde les élections que je fais. Je ne me sens pas concerné par les propos de monsieur Sauvadet. » La gauche, qui affichait une confiance indéfectible pour ces cantonales, n’a-t-elle pas vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué ? « C’est normal qu’après trente ans de gouvernance à droite, on espère, quand on est à un siège, gagner le département. On perd un canton qu’on ne s’attendait pas à perdre (Is-sur-Tille) suite à une campagne abominable, digne du Front national, menée par le candidat UMP. On ne gagne pas Pontailler pour 32 voix… Ce ne sont pas les écarts sur Dijon IV et Dijon V ! »
Dans la foulée des propos de Sauvadet, François-Xavier Dugourd, le patron de l’opposition municipale et candidat victorieux du canton de Dijon VI, lançait une autre rafale : « Ce résultat, c’est aussi et surtout une défaite personnelle de François Rebsamen. Il doit le reconnaître. Le maire de Dijon avait fait du canton de Dijon VI un symbole, un objectif majeur, et s’est lui-même beaucoup engagé dans cette campagne. » Le futur premier vice-président du conseil général regrette « les attaques personnelles, l’instrumentalisation des débats nationaux, les amalgames scandaleux et les calomnies » de Françoise Tenenbaum que Rebsamen a « cautionnés ». Réponse du sénateur-maire : « Dugourd conserve le canton Dijon VI, historiquement de droite… Aux municipales, il était loin derrière moi. C’est un petit héritier monsieur Dugourd, et nous, nous sommes des conquérants » a-t-il lâché. Ambiance ambiance… .
** Les Forces de Progrès ont recueilli plus de voix (57 700) que la majorité départementale (48 670) qui compte pourtant 23 cantons contre 20.
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Il est dommage qu’un maire s’exprime avec autant de mépris pour un adversaire politique, surtout lorsque celui-ci vient de remporter des élections démocratiques… N’est-ce pas dévaloriser les électeurs qui s’en souviendront… ?
Il est dommage qu’un maire s’exprime avec autant de mépris pour un adversaire politique, surtout lorsque celui-ci vient de remporter des élections démocratiques… N’est-ce pas dévaloriser des électeurs qui s’en souviendront… ?
Il est dommage qu’un maire s’exprime avec autant de mépris pour un adversaire politique, surtout lorsque celui-ci vient de remporter des élections démocratiques… N’est-ce pas dévaloriser des électeurs qui s’en souviendront… ?
N’ayant jamais voté à droite, je n’ai aucune raison de défendre M. Dugourd mais pourquoi le traiter de petit héritier quand on a soit même un « petit héritier » M. Grandguillaume politicien de profession, ordonnateur du népotisme ambiant et comme son testateur multi cumulard de mandats.