Politique

Henri Julien : « L’union de la majorité a été parfaite ! »

30/03/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 242 | Par Denis Guey

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Retrouvez chaque semaine les meilleurs moments du Rendez-vous politique France Bleu Bourgogne – La Gazette – Voo TV. Lundi, Denis Guey accueillait Henri Julien, conseiller général UMP réélu du canton d’Aignay-le-Duc.

(Xavier-Gauthier)-copie

DENIS GUEY : Vous avez été élu conseiller général d’Aignay-le-Duc pour la huitième fois sans discontinuer depuis 1967, mais c’est la première fois que vous êtes poussé à un second tour. Le soir du premier tour, votre portable a sonné dans le vide. Est-ce que vous aviez le sentiment d’avoir subi une défaite ?
HENRI  JULIEN : Non, je n’ai pas eu le sentiment d’avoir subi une défaite, mais une victoire je suis certain que non ! J’avais dit à mon épouse, si le FN fait plus de 10% je ne passe pas au premier tour. Le FN a fait presque 16%. D’autre part, j’avais dit que je ne me représenterais pas, mais je l’ai fait sur l’insistance de François Sauvadet. C’est une mauvaise habitude de dire qu’on ne se présente pas et de le faire une dernière fois ! J’ai donc été pénalisé.

Vous regrettez d’avoir cédé aux sirènes de François Sauvadet ?
Non, je ne regrette pas du tout parce que je conforte la majorité avec un excellent président. Je suis un godillot, mais un godillot qui réfléchit et qui accepte la discipline d’un parti politique. La discipline en politique c’est souvent de voter ce qui ne plaît pas, qui est impopulaire mais qui est utile à la population.

À droite on nous dit que la remontée du Front national comme troisième force politique du pays, c’est la faute à la crise et au PS, mais est-ce que Nicolas Sarkozy n’a pas sa part de responsabilité à force de lancer des débats sur l’identité nationale, l’immigration, la laïcité ?
Je dis qu’il est responsable à 70% de cet état de fait ! Parce que lorsqu’on dit il y a les Arabes, ceci, cela, à Aignay-le-Duc il n’y en a point. Alors si le FN fait 16% à Aignay, il n’y a pas d’autre explication que les erreurs commises par la majorité gouvernementale. Moi, j’ai été pendant vingt ans responsable du RPR régional, une ministre que j’aimais beaucoup qui va en Tunisie aux frais de la princesse et de quelqu’un qui n’est pas recevable, c’est inadmissible, le lendemain le Premier ministre devait la virer ! De tels comportements ont fait que le FN est monté à 16% ! J’espère que la leçon va servir.
Ce lundi de lendemain d’élections, c’est le jour où les vainqueurs se réunissent pour préparer l’élection du président et pour se partager les postes, vice-présidences et commissions.

Comment s’est passée cette journée pour vous ?
J’appelle ça la Nuit des longs couteaux ! Car il faut penser que tout commence le dimanche soir, ce n’est même pas le lundi matin. Si le président avait un tapis devant sa porte, chacun coucherait sur le tapis, on ne tiendrait pas tous. Personnellement, le lundi matin je lui ai dit : tu es mon président je prendrai ce que tu me proposes. Je crois que j’aurai quand même quelques fonctions parce que je suis un fidèle.

Est-ce que vous serez toujours troisième vice-président du conseil général ?
Ah ! Là vous me permettrez de garder le secret jusqu’à jeudi… Mais ce lundi matin il y avait une organisation exemplaire, une union parfaite, un management du président impeccable, en une heure, une heure un quart, tout était réparti.

Quelles leçons la majorité va-t-elle tirer de ce scrutin, avec la poussée du FN et la très forte abstention ? Est-ce que cela peut infléchir la politique du conseil général ?
Évidemment nous avons des projets, mais le problème, il est social. Tant qu’il n’y aura pas de relance de l’emploi et que l’économie ne repartira pas, le conseil général est tenu de dépenser entre 47 et 50% de son budget dans le social, alors qu’il doit aussi investir absolument dans les routes, les collèges. On va poursuivre notre politique qui était bonne et même exemplaire dans nombre de domaines.

Et quel dernier combat, puisque c’est votre dernier mandat, vous avez 77 ans, quel dernier combat allez-vous mener dans votre canton d’Aignay-le-Duc ?
Je veux faire aboutir le projet de pôle scolaire par la communauté de communes et par le Sivos. L’appel d’offres va être lancé d’ici peu. Des terrains de sport vont être faits avec un accord du canton de Baigneux, des résidences pour les seniors vont être réalisées et peut-être le centre de secours. Ce qui représente quatre projets qui vont éclore maintenant. Il nous faut absolument Internet à haut débit comme moyen de communication rapide. Et puis, on a une chance énorme dans ce canton, c’est d’avoir à proximité le CEA Valduc avec tous les emplois que ça génère. S’il n’y avait pas Valduc, je ne sais pas ce que deviendrait notre canton.

Jeudi, vous allez présider la séance d’installation du conseil général puisque vous êtes le doyen d’âge. Vous n’avez jamais rêvé d’être le président ? Et est-ce qu’on ne vous a jamais proposé d’être candidat ?
Vous voulez la vérité ? Certains avaient imaginé que le Front national pouvait gagner un canton et qu’il y aurait 21 sièges contre 21. Et donc j’ai été appelé par des gens de droite comme de gauche pour me dire : tu risques de rester à la tribune comme doyen d’âge en cas d’égalité de sièges ! Personnellement je n’ai jamais imaginé que ce soit possible, par contre je serai l’avant-dernier président du conseil général dans sa structure actuelle, et ça personne ne pourra me l’enlever !



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