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Un nouvel espoir

30/03/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 242 | Par Jérémie Demay

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C’est devenu notre avenir Je comprends mieux la France

L’ESC Dijon a peut-être trouvé la solution pour exister et se développer dans un univers éducatif de plus en plus mondialisé en s’associant à Oxford Brookes. L’alliance a été officialisée vendredi 25 mars en Angleterre.

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QUAND L’ESC avait annoncé son rapprochement avec Oxford, elle ne cachait pas son ambition : utiliser le prestige de ce campus britannique pour assoir un nouveau rayonnement en Europe. Les dirigeants d’Oxford Brookes vont dans le même sens. Mettre en avant la marque Bourgogne pour légitimer leur formation en management de la gastronomie. Les deux écoles ont bien compris les intérêts d’un tel rapprochement. Cette alliance a été officialisée vendredi 25 mars, à Oxford, où une délégation dijonnaise a fait le déplacement.
Le but de ce partenariat est d’exister dans une éducation s’ouvrant à la mondialisation. Les deux écoles auraient pu faire le dos rond et se plaindre dans leur coin que leur taille les empêchait de se développer. Au lieu de cela, elles ont décidé de s’associer sans perdre leur identité. Une première en Europe. Le fonctionnement paraît simple : échange d’étudiants et de professeurs. Mais ce « qui est plus qu’un flirt, mais pas encore un mariage » comme le souligne Chris Cooper, le directeur d’Oxford Brooks, va plus loin dans le rapprochement. Le diplôme en commun repose sur la gastronomie et le vin. Les programmes sont conjoints, tout comme les recherches. Ce dernier aspect n’a rien d’anecdotique puisqu’il peut combiner les approches française et britannique sur une même problématique. Le fonds commun pour soutenir des projets pilotes s’élève à 50 000 euros par an.
Jusqu’à présent, le système éducatif européen offrait quelques possibilités d’échange. On trouve, bien sûr, Erasmus permettant à des milliers d’étudiants de suivre des cours dans des universités étrangères. Ou bien comme à Dijon où la faculté d’allemand pratique depuis des années le cursus intégré. Son fonctionnement est huilé. Une année en France, l’autre en Allemagne, etc. Au final, les étudiants sont diplômés des deux universités. Mais l’alliance entre l’ESC Dijon et Oxford Brookes va plus loin puisqu’elle intègre une dimension de réelle complémentarité. « Cela me fait penser à une Airbus-académie » s’enthousiasme Éric Cornuel, directeur de l’EFMD (fondation européenne pour le développement du management) qui attribue le label Equis (1). La comparaison avec Airbus industrie n’est pas galvaudée car comme pour l’avionneur, l’ESC et Oxford Brooks gardent leur identité et ajoutent leur spécificité pour un produit commun. « Ce n’est plus un rêve, mais c’est devenu notre avenir » explique Stephan Bourcieu le directeur de l’ESC Dijon. « L’objectif de cette alliance est de créer un nouveau modèle de business school, et de partager un maximum. »
Sur le papier et dans les esprits ce nouveau modèle est accessible. En pratique, cela n’a pas été très simple. Depuis plus de trois ans, les deux écoles apprennent à se connaître. Leurs différences les rendent complémentaires. Ainsi, à l’ESC, les étudiants sont très encadrés, le volume d’heures de cours est important, et la participation est de mise. À Oxford, le système est tout autre, d’ailleurs, il se rapproche du système universitaire français : peu d’heures de cours, beaucoup de travail personnel. Il n’est nullement question de chercher le système le plus efficace car ils apportent différents éléments aux étudiants. Ainsi, en France l’objet des études de commerce repose surtout sur la mise en situation et en pratique. En Angleterre, le côté théorique est mis en avant.
Siân Hervert-Jones est galloise. Elle est directrice financière et membre du comité exécutif de Sodexo. Le groupe français, leader mondial de la restauration rapide, est composé de plus de quatre vingt mille salariés à travers le monde, avec plus de cent trente nationalités différentes. Siân Hervert-Jones intervient pour expliquer comment se passent, dans son entreprise, les absorptions d’une autre boîte. Ces concentrations peuvent prendre plusieurs formes en fonction du contexte. Ainsi, l’entité rachetée peut soit être, tout simplement, absorbée par Sodexo, soit garder son identité. Mais une entreprise est avant tout composée d’hommes et de femmes. « On ne peut pas acheter les gens » avertit Siân Hervert-Jones. « Il faut apprendre à se connaître pour ensuite développer une vision commune. » C’est exactement dans cet esprit que se place l’alliance entre l’ESC et Oxford.
Du côté des étudiants, le cursus n’a que des avantages. Anastasia est anglaise et en profite pour étudier en France : « C’est une super opportunité d’étudier dans les deux écoles. Ce processus est très intéressant. Maintenant, je comprends mieux la France ». Histoire de renforcer encore les liens, un match de rugby a été organisé pour la première fois entre les deux écoles. L’objectif étant bien sûr de démontrer la réelle dynamique de cette alliance. Pour cette première édition, la rencontre s’est déroulée à Oxford. Des étudiants de l’ESC ont porté les couleurs dijonnaises, mais face à eux, ils ont trouvé des joueurs quasiment semi-professionnels. Les Français, beaux joueurs, n’ont pas souhaité donner une leçon aux Anglais. Dijon s’est incliné 54 à 0… « mais ils n’ont pas joué les pénalités car ils voulaient absolument marquer un essai. Ils jouaient avec le « fighting spirit Irlandais » sinon le score aurait différent » rassure Stephan Bourcieu. La prochaine édition se déroulera en France. D’ailleurs il est fort probable qu’un tournoi de pétanque soit organisé en parallèle.
Une nouvelle page de l’histoire de l’ESC est en train de s’écrire. Le coût total de la manœuvre n’est pas négligeable puisqu’il revient à 80 000 euros. Cette première en Europe sera intéressante à suivre sur plusieurs points, sur le plan pédagogique et le travail de recherche en commun qui ne pourra être qu’un plus pour les deux structures. Toutefois, une inconnue subsiste : comment les classements des magazines vont-ils intégrer cette alliance ? Ces classements qui font la pluie et le beau temps sur la réputation d’une école devront sortir de leur schémas sclérosés. Il est intéressant également de constater que cette opération repose surtout sur la formation autour du vin et de la gastronomie. Quand l’ESC a été créée à Dijon en 1900 son premier objectif était de former des jeunes à vendre du vin. En 2011, cette origine permet à l’école de se déployer en Europe.

(1) Un des labels distinguant particulièrement l’apprentissage de l’anglais.



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Un commentaire sur “Un nouvel espoir”

  1. par Julie D

    une belle idée. La complémentarité est évidente

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