Retour sur le lieu du crime
27/04/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 246 | Par Roald Billebault
Sans même le soupçonner, nous passons parfois à proximité de lieux qui ont été par le passé le théâtre de scènes atroces. Sans chercher à raviver un passé douloureux, la Gazette est retournée sur les lieux du crime ; sans voyeurisme, juste pour la mémoire.


















Les caves de l’horreur
Pendant l’occupation allemande de Dijon, la gestapo réquisitionne l’imposant immeuble bourgeois situé au 9 de la rue du Docteur Chaussier. Ludwig Kraemer, le patron de la police secrète dans le département, procède à des dizaines d’interpellations. Il ordonnera aussi d’innombrables séances de tortures dans les caves du bâtiment. Dans un ouvrage publié en 1948, Le résistant dijonnais Henri Arvet relate son passage par les caves de l’horreur : « À droite une salle avec une baignoire, puis à gauche se dresse une table à claire-voie accolée au mur. On m’ordonne de me déshabiller et je suis alors brutalement couché, complètement nu, le ventre sur un des bancs, les pieds et les mains solidement attachés ; on me bâillonne la bouche avec une serviette et on me bande les yeux. Pendant dix minutes, la schlague, à coups rythmés. Mon corps n’est plus que plaies et meurtrissures des pieds jusqu’au cou ; le sang coule. On me frappe la poitrine et le ventre avec une sorte de raquette garnie d’épingles. À chaque coup, le sang gicle. Je suis alors jeté dans une baignoire remplie d’eau glacée. Un de mes bourreaux me tient la tête sous l’eau juste assez pour éviter l’asphyxie. Cette épreuve se répète une quinzaine de fois ».

L’affaire Prince : L’ombre de Stavisky.
LE 20 FÉVRIER 1934, le cadavre déchiqueté d’Albert Prince est retrouvé aux environs du kilomètre 311 de la voie ferrée Paris-Dijon, au lieu dit de la Combe-aux-Fées. Albert Prince, conseiller à la cour d’Appel de Paris enquêtait sur l’affaire Stavisky, l’un des plus importants scandales politico-financiers du XXe siècle. Le 23 février le magistrat était convoqué à Paris par sa hiérarchie afin de rendre ses premières conclusions sur l’épineux dossier. A-t-on voulu l’empêcher de révéler une vérité qui aurait pu ébranler la République ? S’agit-il d’un suicide comme semblent l’affirmer quelques auteurs ? Le mystère, aujourd’hui encore, reste entier.

L’autre Jack l’éventreur
LA DÉPARTEMENTALE 971, ex-nationale 71 entre Darois et Dijon longe le bois de Chêne. C’est ici que le 12 mai 1895 qu’Adèle Mortureux, une adolescente côte-d’orienne croise le chemin de Joseph Vacher, l’un des premiers serial killers français recensés par la justice. Le corps de la jeune fille est retrouvé dans une clairière à un jet de pierre de la route. L’autopsie révélera qu’Adèle Mortureux a été étranglée, égorgée et mutilée. Arrêté en 1897, Joseph Vacher déclare lors de ses auditions avoir « mutilé, violé, tué au gré des rencontres et de la colère que je sentais monter en moi. Je préférais tuer des femmes parce qu’elles pleuraient et criaient davantage, ce qui m’excitait ». Condamné pour le meurtre d’une trentaine de personnes, Vacher sera exécuté à Bourg-en-Bresse le 31 décembre 1898.

Massacre à Ruffey-lès-Echirey
Une nuit de septembre 1896, les gendarmes de Dijon découvrent dans une ferme à Ruffey, les corps sans vie d’une femme de 36 ans, Justine Méot, et de ses deux enfants, Anaïs (18 ans) et Félicien (12 ans). Ils ont tous été égorgés avec une violence inouïe. Un boucher dijonnais Alfred Pacotte est arrêté sur le seul témoignage d’un homme rescapé de la tuerie. Jugé aux Assises de Dijon en décembre 1896, Pacotte nie être l’auteur des faits. Il est condamné à mort et gracié par Félix Faure. Expédié aux travaux forcés en Guyane, il décède en 1908 .

Acharnement à Auxonne
IL Y A tout juste quatre ans, dans la nuit du 13 au 14 avril 2007, le corps agonisant de Jonathan Vantillard est retrouvé au pied d’un immeuble de la rue de la Paix à Auxonne. Le garçon décédera quelques heures plus tard des suite des ses blessures. Le(s) auteur(s) se sont littéralement acharnés sur le jeune garçon. L’appareil auditif dont il était pourvu est incrusté dans le crâne suite à la violence des coups. À ce jour, l’enquête qui a multiplié les erreurs, n’a pas permis d’aboutir à l’arrestation des auteurs de ce crime gratuit .
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