François-Xavier Dugourd : 2011 sera utile
31/05/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 251 | Par redaction
Alors que l’affaire Dominique Strauss-Kahn reste au sommet de l’actualité, François-Xavier Dugourd livre son avis sur cet événement qui agite la classe politique française. Le tout en toile de fond d’une campagne présidentielle que Nicolas Sarkozy a visiblement lancée…

LA GAZETTE : Cela fait plus de deux semaines que l’actualité est vampirisée par l’affaire DSK, et son impact ne semble pas diminuer…
François-Xavier Dugourd : C’est un vrai tremblement de terre. Surtout pour le Parti socialiste, où tout semblait organisé pour favoriser la candidature de Dominique Strauss-Kahn, comme le calendrier des primaires. Le PS semblait tenir son champion. Sa probable candidature et son statut de favori aux primaires masquait plus ou moins bien les divisions internes, les querelles de personnes et des dissensions sur la stratégie, les alliances et le programme. Tout cela a commencé à ressurgir.
Très tôt, des socialistes, mais pas seulement, ont avancé la théorie du complot. Qu’est-ce que cela vous a inspiré ?
Je n’ai pas cru une seconde à cette théorie. C’est même effarant que certaines personnes aient pu l’envisager. Sincèrement, qui aurait pu fomenter une telle opération ?
L’UMP, comme certains le pensent…
C’est n’importe quoi ! Non mais, sérieusement, vous imaginez l’UMP organiser un tel complot, aux États-Unis ? Si vraiment des gens avaient voulu organiser cela, ils auraient attendu que DSK soit officiellement candidat aux primaires socialistes. Et la manœuvre aurait eu lieu en France… Sérieusement, tout cela est grotesque, ridicule.
La rumeur d’un complot international a aussi circulé…
Oui. Un complot fomenté pour prendre la place de DSK au Fonds Monétaire International (FMI), une institution qu’il s’apprêtait à quitter… Ne trouver que ce genre d’arguments pour expliquer cette situation, c’est un peu malvenu.
Pour l’instant, DSK est présumé innocent…
Absolument. Mais si jamais les faits qui sont reprochés à DSK sont prouvés, cela ne va pas arranger les affaires du PS, et notamment de ceux qui soutenaient la théorie du complot.
On a reproché aux médias qui suivent la politique de ne pas avoir révélé certaines choses, sur les relations que DSK entretenait avec les femmes. Faites-vous partie de ceux qui aujourd’hui font le procès de la presse ?
Non. Ce qui est certain, c’est que des journalistes savaient des choses. Mais il y avait beaucoup de on-dit. Tant qu’il n’y a pas de procès, cela reste à l’état de rumeur. Ces rumeurs, ces suspicions, n’ont jamais fait l’objet de développements médiatiques. La France et les États-Unis sont très différents quant au traitement de la vie privée des hommes politiques. Cela va presque d’un extrême à l’autre. Pour DSK, il est évident que si l’enquête prouve qu’effectivement, il a eu un comportement violent avec cette femme de chambre, tout le monde serait choqué. Car il était donné favori pour devenir président de la République française.
Le problème dans cette histoire, c’est qu’une femme a peut-être été victime – l’enquête le révèlera – d’actes criminels. Or, l’opinion publique française en a fait peu de cas…
C’est un problème récurrent en France. On se préoccupe davantage du coupable que de la victime. Et il faut aussi rappeler que cette affaire est très dommageable pour l’image de notre pays.
Parlons de l’élection présidentielle. D’abord, la candidature de Nicolas Sarkozy apparaît-elle à vos yeux comme une évidence ?
Je ne suis pas dans sa tête, et je ne suis pas certain qu’il ait pris une décision définitive. Mais je pense – et j’espère – qu’il sera candidat. Car qui mieux que lui pourrait représenter nos valeurs ? C’est bien sûr une décision très personnelle, dont on imagine les conséquences sur la vie personnelle.
2011 sera-t-elle une année utile ?
Bien sûr ! Ce n’est pas le style de Nicolas Sarkozy de faire des pauses ! D’ici au premier tour de l’élection présidentielle, le gouvernement continuera d’agir. D’importantes réformes sont à mener. Je pense notamment à la réforme des collectivités territoriales, au grand chantier de la dépendance – une question essentielle pour notre société – à la fiscalité. Nicolas Sarkozy ne s’est jamais arrêté depuis qu’il a été élu en mai 2007. Il est offensif, et sa volonté de réformer le pays, malgré les difficultés, est évidente.
Le programme de 2007, axé sur la réhabilitation du travail et la restauration de l’autorité et la sécurité, reste-t-il une référence ?
Oui, même si les Français peuvent avoir le sentiment de ne pas avoir eu entièrement satisfaction, notamment au niveau du pouvoir d’achat et de la sécurité. Mais la France de 2011 ou de 2012 n’est plus tout à fait la même que celle de 2007. Le programme évoluera, mais je pense que Nicolas Sarkozy défendra à nouveau les thèmes du travail, de la sécurité et de l’autorité.
Quelle est votre réaction quand des observateurs estiment que le gouvernement a pris une orientation droitière ?
Je ne suis pas vraiment d’accord. Il faut écouter ce que demandent les Français. Visiblement, une majorité d’entre eux demandent que la sécurité soit meilleure, que l’on s’occupe mieux des questions d’immigration et d’intégration. Et, faut-il être de droite pour souhaiter cela ?
En s’attaquant au RSA et en pointant du doigt l’assistanat, Laurent Wauquiez a provoqué une certaine gêne, y compris dans les rangs de la majorité…
Le terme de cancer était malvenu. En fait, les Français veulent surtout que l’on s’attaque à la fraude aux aides sociales et aux tricheurs professionnels, qui connaissent toutes les astuces. Car le RSA est une avancée réelle pour favoriser le retour à l’emploi de certaines personnes en grande difficulté. Ce n’est peut-être pas le système idéal, il demande à être amélioré, mais c’est un vrai progrès.
Ces derniers jours, nous avons eu droit à une nouvelle cacophonie gouvernementale à propos des panneaux avertisseurs de radars. Le gouvernement semble faire marche arrière alors qu’il est question de vies humaines….
Il y a eu un manque de concertation sur ce sujet sensible. Le gouvernement ne doit pas reculer, mais il faut que cette question soit débattue avec tous les acteurs. Il faut développer les moyens de prévention. Cela fait des années qu’une action a été engagée afin de lutter contre le nombre de morts et de blessés sur les routes.
Cela a tout de même le goût d’une cuisine électoraliste nauséabonde…
Tout ce que l’on va faire va être taxé d’électoraliste. Sur la question de la sécurité routière, le bilan général de ces dernières années est bon. Mais il faut encore faire plus…
Revenir en haut de page






























Je trouve que l intervention de Francois Xavier Dugourd est tress bien, et je me retrouve totalement dans ces prises de positions et ses declarations