Michel Mercier : Une prison n’est pas un handicap
31/05/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 251 | Par Aurélien Gaudriot
En visite à Dijon lundi après-midi, Michel Mercier, ministre de la Justice, n’a pas échappé aux questions sur la future prison de l’agglomération dijonnaise. Selon lui, aucun choix définitif n’ a été fait.
LA GAZETTE : La construction d’une nouvelle prison dans l’agglomération dijonnaise fait beaucoup parler actuellement, notamment à Chenôve où le maire Jean Esmonin ne souhaite pas l’accueillir…
MICHEL MERCIER : Il y a besoin d’une prison sur l’agglomération de Dijon. Je vais voir le président de l’agglomération ce lundi soir (François Rebsamen), Mme le Préfet suit également le dossier. Je n’imagine pas un terrain qui ne convienne pas sur l’agglomération de Dijon… Je suis sûr que l’on en trouvera un qui puisse recevoir une prison sans que ce soit la révolution. Aucun choix n’a été fait, ce ne sont que des propositions. Je n’ai pas l’habitude de décider à l’emporte pièces, mais je suis certain qu’il faut une nouvelle prison. Les élus de l’agglomération en sont également persuadés.
À Châtillon-sur-Seine, le maire Hubert Brigand serait prêt à recevoir une prison mais il se plaint de ne jamais avoir eu de réponse de la part de votre ministère. Qu’en est-il ?
Une prison est le complément d’un tribunal, car il y a ceux qui sont condamnés et ceux qui sont simplement prévenus. Il y a des allers et venues entre le tribunal et la prison. Pour des raisons de commodités de service, on ne peut pas mettre une prison à 90 kilomètres du tribunal. Je vais en parler avec lui. Mais il n’a jamais demandé à remplacer la prison de Dijon. Il souhaitait l’implantation d’un autre bâtiment pénitentiaire.
Qu’est-ce qu’une nouvelle prison peut apporter à une commune ?
Déjà, une prison c’est nécessaire. Il faut bien qu’on les mette sur le territoire de la République. Tout le monde veut que les délinquants soient condamnés. Et quand on est condamné, on va en prison. Il faut bien que la prison soit quelque part… Il ne faut pas voir une prison comme étant un handicap pour la commune. Vous avez de la population nouvelle, des gardiens, de l’activité commerciale, des services de transport utilisés. C’est un service public, certes particulier, mais c’est un service public. Et vous savez, la commune qui a le plus de prisons en France, c’est Paris. Et je ne crois pas qu’elle ait forcément une mauvaise image….
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