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Sécheresse : Ne pas tout imputer à l’homme »

31/05/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 251 | Par Roald Billebault

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Les agriculteurs en tout cas ont de quoi s’inquiéter

La sécheresse actuelle inquiète… Faut-il pour autant l’attribuer au réchauffement climatique ? Éléments de réponse avec Yves Richard, climatologue à Dijon.

 

LA GAZETTE : Faut-il s’inquiéter de la sécheresse que nous sommes en train de vivre actuellement ?
YVES RICHARD, enseignant-chercheur au Centre de recherches de climatologie à l’université de Bourgogne :
Les agriculteurs en tout cas ont de quoi s’inquiéter, ce sont vraiment les premiers concernés. Après je ne voudrais pas que la sécheresse qui touche localement le pays soit liée au phénomène de réchauffement climatique à l’échelle planétaire, pour lequel il existe aussi une véritable inquiétude. Il faut savoir que lors de la dernière grande sécheresse de 1976, le réchauffement climatique n’était pas encore fait en Europe.

En clair il faut éviter les raccourcis…
Absolument. Par exemple l’année dernière en France et en Europe de l’Ouest on a eu un printemps suffisamment arrosé. En revanche plus à l’est en Russie, il y a eu une grande sécheresse qui a occasionné les feux de forêts dont on a beaucoup parlé. En France nous n’avons pas eu à ce moment-là le reflexe réchauffement climatique puisque nous n’étions pas directement impactés, contrairement aux Russes. Au niveau du raisonnement, cela pose problème. Un événement météorologique localisé ne peut pas être imputé avec certitude au réchauffement climatique. Dans le cas précis, tout cela est plutôt dû à la position des différents centres de pression. Le mois de décembre froid et neigeux n’était pas une preuve de l’absence de réchauffement climatique, de la même manière ces mois d’avril et mai très chauds et secs ne sont pas non plus des preuves du réchauffement climatique. On ne peut pas faire dire tout et son contraire à une situation locale et ponctuelle.

On parle énormément de cette fameuse grande sècheresse de 1976 pire ou moins pire au final ?
Météo France a sorti un dossier comparatif des deux sècheresses. On s’aperçoit qu’elles sont relativement proches l’une de l’autre. La différence est faible, elle se situe au niveau hydrologique dans la recharge en eau lors de l’hiver 75/76 qui avait été un peu meilleur. Mais d’une manière générale ce sont vraiment les similitudes qui l’emportent entre les deux épisodes.

Tout n’est donc pas imputable à l’homme finalement…
Le réchauffement climatique qui existe à l’échelle planétaire et aussi sur le territoire, en Bourgogne notamment, est en grande partie imputable à l’homme. Si par exemple on parle d’un degré de plus en Bourgogne aujourd’hui par rapport aux années 60 ou 70, où du ban des vendanges qui a lieu mi-septembre et non plus fin septembre début octobre comme c’était le cas il y a quarante ans, on peut clairement l’imputer à l’homme. Par contre il ne faut pas aller trop vite en besogne et attribuer chaque événement, aux changements climatiques et donc à l’homme, c’est la variabilité naturelle du climat.

A GAZETTE : Faut-il s’inquiéter de la sécheresse que nous sommes en train de vivre actuellement ?
YVES RICHARD, enseignant-chercheur au Centre de recherches de climatologie à l’université de Bourgogne :
Les agriculteurs en tout cas ont de quoi s’inquiéter, ce sont vraiment les premiers concernés. Après je ne voudrais pas que la sécheresse qui touche localement le pays soit liée au phénomène de réchauffement climatique à l’échelle planétaire, pour lequel il existe aussi une véritable inquiétude. Il faut savoir que lors de la dernière grande sécheresse de 1976, le réchauffement climatique n’était pas encore fait en Europe.
En clair il faut éviter les raccourcis…
Absolument. Par exemple l’année dernière en France et en Europe de l’Ouest on a eu un printemps suffisamment arrosé. En revanche plus à l’est en Russie, il y a eu une grande sécheresse qui a occasionné les feux de forêts dont on a beaucoup parlé. En France nous n’avons pas eu à ce moment-là le reflexe réchauffement climatique puisque nous n’étions pas directement impactés, contrairement aux Russes. Au niveau du raisonnement, cela pose problème. Un événement météorologique localisé ne peut pas être imputé avec certitude au réchauffement climatique. Dans le cas précis, tout cela est plutôt dû à la position des différents centres de pression. Le mois de décembre froid et neigeux n’était pas une preuve de l’absence de réchauffement climatique, de la même manière ces mois d’avril et mai très chauds et secs ne sont pas non plus des preuves du réchauffement climatique. On ne peut pas faire dire tout et son contraire à une situation locale et ponctuelle.
On parle énormément de cette fameuse grande sècheresse de 1976 pire ou moins pire au final ?
Météo France a sorti un dossier comparatif des deux sècheresses. On s’aperçoit qu’elles sont relativement proches l’une de l’autre. La différence est faible, elle se situe au niveau hydrologique dans la recharge en eau lors de l’hiver 75/76 qui avait été un peu meilleur. Mais d’une manière générale ce sont vraiment les similitudes qui l’emportent entre les deux épisodes.
Tout n’est donc pas imputable à l’homme finalement…
Le réchauffement climatique qui existe à l’échelle planétaire et aussi sur le territoire, en Bourgogne notamment, est en grande partie imputable à l’homme. Si par exemple on parle d’un degré de plus en Bourgogne aujourd’hui par rapport aux années 60 ou 70, où du ban des vendanges qui a lieu mi-septembre et non plus fin septembre début octobre comme c’était le cas il y a quarante ans, on peut clairement l’imputer à l’homme. Par contre il ne faut pas aller trop vite en besogne et attribuer chaque événement, aux changements climatiques et donc à l’homme, c’est la variabilité naturelle du climat .
Propos recueillis par Roald Billebault
roald@gazette-cotedor.fr


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